Les panneaux solaires auront bientôt payé leur « dette énergétique »

panneaux solaires

Panneau photovoltaïque à Chambéry, en juin 2005 © AFP/Archives JEAN-PIERRE CLATOT

Paris (AFP) – Les panneaux solaires, grâce à l’énergie propre et renouvelable qu’ils produisent depuis 40 ans, auront compensé d’ici 2018 tous les gaz à effet de serre (GES) émis pour les produire, souligne une étude parue mardi.

Ils devraient aussi avoir « remboursé » dès 2017 l’énergie qui a dû être dépensée pour les fabriquer.

Ce point de bascule coûts-avantages pourrait même être déjà passé, depuis 2011, selon certains calculs, indique cette étude néerlandaise parue dans Nature Communications.

Désormais, à chaque doublement de capacités solaires installées, l’énergie nécessaire pour produire les panneaux baisse de 12 à 13% et les GES émis de 17 à 24%, ont calculé les auteurs, qui ont analysé les données disponibles depuis 1975.

Depuis cette année-là, la capacité de ce secteur a crû de 45% par an en moyenne, pour atteindre 230 milliards de watts (230 gigawatts ou GW) en 2015, un boom qui a pu faire craindre que la fabrication de ces équipements fasse au final plus de mal que de bien, rappellent les auteurs.

En 1975, le monde comptait moins de 10.000 panneaux solaires, contre environ un milliard aujourd’hui, indique à l’AFP l’un des auteurs, Wilfried Van Sark, de l’Université d’Utrecht.

Et d’ici fin 2016, « nous aurons quelque 300 GW installés », soit 1 à 1,5% de la demande mondiale d’électricité.

Avec une durée de vie moyenne de 30 ans, une centrale photovoltaïque devrait rembourser « plusieurs fois » l’énergie nécessaire à sa production, ajoutent les chercheurs.

L’effet photovoltaïque, qui permet la transformation de l’énergie lumineuse en électricité, a été découvert en 1839 par le Français Antoine Becquerel.

La première batterie a été produite en 1954, trop chère cependant pour être généralisée. La technologie fut ensuite utilisée dans les années 60 pour les infrastructures spatiales, avant de commencer à se développer sur Terre dans les années 1970.

Depuis, le coût d’investissement n’a cessé de décliner, rappelle l’étude: en 1976, il était d’environ 80 dollars constants (75 euros) par Watt crête de puissance, contre 64-67 cents américains aujourd’hui.

© AFP

Un commentaire

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    • Robert BIGEAT

    Le solaire photovoltaïque, en dépit de l’acharnement contre lui de nuées de contempteurs, tous plus ou moins de mauvaise foi, franchit, imperturbablement, les obstacles jusqu’à sa certaine maintenant, consécration en tant que première source de production d’électricité sur la planète, renvoyant les combustibles carbonés à leur passé souterrain, puisqu’il les enterre, et marginalisant un peu plus chaque année le nucléaire au rang anecdotique de gadget, dangereux en plus
    Certes Becquerel a bien « découvert » , mais constaté plutôt, en 1839 l’effet photovoltaïque, mais la compréhension, en physique fondamentale du phénomène est plus récente et fut d’ailleurs indirectement couronnée par un prix Nobel de physique, attribué en 1921 à un certain Albert Einstein, pour un article qu’il publia en 1905, dans une confidentielle revue de physique fondamentale de physique, et premier article d’une célèbre série de cinq. Titre de l’article : « Point de vue heuristique concernant la production et la transformation de la lumière ». Où en allemand où il fut alors rédigé : « Über einen die Erzeugung und Vervandlund des Lichtes betreffenden Gesicht punkt ».
    Les Nobel en effet n’attribuèrent pas, ainsi que trop de monde le croit spontanément, à Einstein ce prix Nobel pour sa théorie de la relativité restreinte, de 1905 également, mais bien pour ce premier article sur la lumière, car ils ne comprirent quasiment rien à ses raisonnements et redoutaient de couronner une erreur.
    Einstein est donc bien le père spirituel du photovoltaïque et pas du tout celui de l’énergie nucléaire et donc de la bombe atomique ainsi que trop de monde l’imagine. D’ailleurs, Einstein, apprenant, des années plus tard, d’un physicien la découverte de la réaction en chaîne, constata « Je n’y avais pas pensé ».