ND-des-Landes: la justice valide les arrêtés autorisant les travaux

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Des agriculteurs opposés au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes mènent une action "tracteur vigilants" autour d'une ferme sur la ZAD, le 10 novembre 2016 © AFP/Archives DAMIEN MEYER

Nantes (AFP) – La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté lundi l’ensemble des requêtes dirigées contre des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) que le gouvernement veut lancer à l’automne.

Les opposants ne cachaient pas leur « déception » et leur « surprise » à l’annonce de la décision de la cour, qui a pris le contre-pied des préconisations faites le 7 novembre par le rapporteur public. Celle-ci, Christine Piltant, avait demandé l’annulation de quatre arrêtés dits « loi sur l’eau » et « espèces protégées », indispensables au démarrage du chantier controversé.

« Les requêtes sont rejetées », a égrené lors d’une très brève lecture publique le président de la cour administrative d’appel, Gilles Bachelier, à 14H00 précises, sans donner lors de cette audience les motivations des sept juges composant la cour.

Le 7 novembre, le rapporteur public avait estimé que l’alternative à la construction d’un nouvel aéroport, à savoir l’aménagement de l’infrastructure existante, n’avait pas été suffisamment étudiée.

Elle avait demandé à la cour d’annuler quatre arrêtés pris en 2013, qui autorisent le concessionnaire du futur aéroport, une filiale de Vinci, et l’État, à déroger aux interdictions de destruction des zones humides de Notre-Dame-des-Landes et de la centaine d’espèces protégées qui y vivent pour réaliser la plateforme aéroportuaire et sa desserte routière.

« C’est une immense déception. Nous pensions que les conclusions du rapporteur seraient suivies, comme dans 90% des cas », a réagi Françoise Verchère, l’une des requérantes, ancienne élue (Front de gauche) de Bouguenais, où est situé l’actuel aéroport nantais. « On y a cru, mais avec prudence (…). Le combat continue », a-t-elle lancé, depuis la salle où s’étaient pressés partisans et opposants du nouvel aéroport nantais, en début d’après-midi.

« Déception et incompréhension » également pour Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, principale association d’opposants. « On a deux mois pour former un pourvoi devant le Conseil d’État », suivant les attendus des arrêts, ce recours n’étant possible que sur des questions de droit.

« C’est un fait rarissime », a dénoncé de son côté Yannick Jadot, candidat Europe Écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, présent dans la salle. « Je ne peux pas déconnecter cette décision du contexte politique (…), qui nous fait perdurer un mauvais film et un très mauvais scénario », a-t-il avancé.

Déclaré d’utilité publique en 2008, le projet de transfert de l’actuel aéroport nantais à une vingtaine de kilomètres au nord, est source de dissensions jusqu’au sein même du gouvernement.

La nouvelle infrastructure aurait dû initialement être inaugurée en 2017.

© AFP

3 commentaires

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    • Leonem

    Vini, Vidi, VINCI !!!

    • Oskar Lafontaine

    C’est une honte et une preuve de plus que, face aux lobbys industriels, il n’y a plus de « Justice » en France, simplement un service d’enregistrement de leurs demandes.
    Consolation, jamais cet aéroport de la honte et du mépris, obtenu à grands coups de dessous de table et de promesses d’enrichissements spéculatifs, ne se fera.

    • Rozé

    Emmanuelle Cosse n’est pas venue écouter le jugement à Nantes. On peut supposer qu’elle savait déjà le résultat négatif avant la fin du jugement. Etonnant, non ? De là à supposer quelques pressions ou magouilles sur les juges, il n’y a pas loin. D’autant plus que réfuter tout le réquisitoire de la procureure en bloc est surprenant. Et puis ces juges un peu dévalorisés par le bouquin de François Hollande auraient du en profiter pour montrer leur désaccord avec le résultat du référendum local voulu par ce dernier ! Etrange, étrange ! J’en arrive à croire qu’il y a bien une justice à deux vitesses selon qu’on est riche ou péquin. Dites moi que je me gourre, Madame Taubira !

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