Forages dans l’Arctique: des ONG portent plainte contre la Norvège

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Selon Greenpeace, l'un des deux plaignants, c'est la première fois qu'une plainte contre un État s'appuie sur l'Accord de Paris sur le climat mais aussi sur une disposition de la Constitution modifiée en 2014 qui garantit le droit à un environnement sain. © AFP FRED TANNEAU

Oslo (AFP) – Des organisations de défense de l’environnement ont porté plainte contre la Norvège pour protester contre l’autorisation de la prospection pétrolière dans les eaux arctiques de la mer de Barents qui, selon elles, enfreignent l’Accord de Paris.

Selon Greenpeace, l’un des deux plaignants, c’est la première fois qu’une plainte contre un État s’appuie sur l’Accord de Paris sur le climat qui doit entrer en vigueur en novembre mais aussi sur une disposition de la Constitution modifiée en 2014 qui garantit le droit à un environnement sain.

« Ce sera la population contre le pétrole de l’Arctique », a déclaré Ingrid Skjoldvaer, porte-parole de Natur og Ungdom, l’autre plaignant, dans un communiqué conjoint.

La Norvège, dont les revenus pétroliers périclitent, avait en mai attribué dix licences (couvrant au total 40 blocs) à 13 groupes pétroliers, parmi lesquels le champion national Statoil, les américains Chevron et ConocoPhillips, l’allemand DEA, le japonais Idemitsu, le suédois Lundin, l’autrichien OMV et le russe Lukoil.

Les deux ONG réclament l’annulation de ces concessions.

« L’État considère que l’attribution de nouvelles licences de production (…) satisfait les exigences résultant du paragraphe 112 de la Constitution et que la validité des concessions ne peut donc pas être attaquée sur cette base », a réagi Ole Berthelsen, un porte-parole du ministère du Pétrole et de l’Énergie.

Trois de ces licences, les plus âprement contestées, sont situées dans une région maritime frontalière jusque-là totalement inexplorée que la Norvège et la Russie se sont longtemps disputée, jusqu’à la conclusion d’un accord en 2010.

L’une de ces zones est la plus septentrionale jamais ouverte à la prospection par la Norvège, et les ONG s’inquiètent de sa proximité avec les limites –elles aussi débattues– de la banquise.

La Norvège a été l’un des premiers pays à ratifier l’Accord de Paris qui a pour ambition de limiter en dessous de 2°C, voire à 1,5°C, la hausse du thermomètre mondial par rapport au niveau pré-industriel, sous peine de conséquences ingérables, rappellent les deux ONG.

Responsable de Greenpeace Norvège, Truls Gulowsen a accusé l’État d' »hypocrisie ».

« La Constitution oblige l’État a garantir un environnement sain, et la définition d’un environnement sain est liée aux engagements de l’Accord de Paris », a-t-il dit à l’AFP.

Libres de glace grâce au Gulf Stream, les eaux ouvertes à la prospection, en particulier celles proches de la Russie, sont jugées prometteuses par l’industrie pétrolière alors que la production d’or noir ne cesse de décliner depuis le pic atteint en 2000.

© AFP

2 commentaires

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    • Claude Renaud

    « La Norvège a été l’un des premiers pays à ratifier l’Accord de Paris », et dans le même temps
    délivre des permis d’explorations pétrolières dans l’Arctique.
    Voilà bien l’exemple type de ce qui va se passer dans le monde. On signe, on ratifie, le coeur sur
    la main, et après chacun fait ce qu’il veut. La France ne fait pas mieux, avec Notre-Dame-des-Landes
    et les J.O. de 2024. Nous sommes à l’heure des choix, et là, nous avons beaucoup de mal. L’écologie
    n’intéresse pas grand monde, parce que c’est trop dérangeant. L’arrogance de l’Homme se retrouve
    jusque dans les discours des organisateurs des COP, qui prétendent régler le Climat au demi-degré près. N’oubliez pas que par nature, l’Homme est cynique, hypocrite, menteur, tricheur, cupide et
    égoïste et donc ingérable. Voilà la difficulté insurmontable : Le facteur humain.
    L’Humanité est plus qu’en danger, elle est déjà condamnée. Nous sommes en train de nous saborder.

      • Lafiteau

      Oui le constat est atterrant… mais il faut garder espoir toujours. Car dans les pires moments l’homme sait aussi se relever… bien sûr aucune innocence dans mes propos ; restons vigilants, ne lâchons rien, protégeons notre planète à notre niveau individuel, soutenons les ONG et votons pour un gouvernement engagé. En tant que société civile nous pouvons reprendre nos droits et devoirs et faire pression. Donc il est encore temps de passer à l’action !