Pour le climat, gare aux réserves d’énergies fossiles

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Des puits de pétrole dans le nord dakota, le 6 septembre 2016 © AFP Robyn BECK

Paris (AFP) – Il faudra écourter l’exploitation des réserves de pétrole, gaz et charbon en cours, si le monde veut parvenir à contrôler le déréglemente du climat, prévient un rapport publié jeudi.

La production attendue des champs et mines exploités représente, sur toute leur durée de vie restante, un potentiel d’émissions de gaz à effet de serre tel qu’elle viendrait crever la limite des +2°C de réchauffement que le monde s’est fixé à Paris fin 2015.

Cette analyse, basée sur des données industrielles et produite par le centre de recherche Oil Change International, est publiée au lendemain d’une assemblée générale de l’ONU où le climat a de nouveau occupé une bonne place.

L’accord de Paris vise à contenir le réchauffement sous les +2°C par rapport au niveau pré-industriel, et même sous 1,5° si possible. 60 pays l’ont déjà ratifié.

Or, sans même le charbon, la combustion des seules réserves de pétrole et de gaz actuellement exploitées suffirait à nous faire passer la limite des 1,5, prévient le rapport de 60 pages.

Et ces « réserves développées » ne représentent qu’environ 30% des réserves exploitables au niveau mondial.

« Si le monde veut vraiment tenir les objectifs fixés à Paris, les gouvernements doivent mettre un terme à l’expansion de l’industrie des énergies fossile, » souligne Stephen Kretzmann, le directeur d’Oil Change International.

Ce qui signifie ne plus développer de nouveaux gisements, et interrompre la production de sites actuellement en opération avant qu’ils aient été totalement exploités.

Car « une fois l’opération d’extraction engagée, c’est un encouragement à continuer afin de rentabiliser l’investissement et réaliser des profits, » explique l’auteur principal du rapport, Greg Muttitt : et voilà comment les émissions se trouvent « verrouillées ».

Les investissements dans de nouveaux sites prévus pour ces 20 prochaines années s’élèvent à 14.000 milliards de dollars (12.500 mds euros), selon des chiffres de l’industrie.

Les plus gros projets se situent notamment aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Inde, en Russie, au Qatar et en Iran, liste l’analyse. Pour le charbon, l’énergie la plus polluante, l’Australie et l’Inde ont des projets faramineux.

© AFP

3 commentaires

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  • Les accords internationaux signés par nos dirigeants à la suite de la conférence mondiale de Paris sur le climat sont visiblement peu conformes aux actions qui sont actuellement prises sur le terrain.

    Il suffirait de rendre les produits fossiles pratiquement inutiles pour solutionner le grave problème décrit ici par Goodplanet.

    Le Président Obama a commencé à le faire en augmentant l’offre avec le gaz de schiste. Paris, le lieu qui a vu naître ces accords pourrait, en consommant beaucoup moins pour assurer le chauffage creuser encore l’écart entre l’offre et la demande. Certes Paris ne pourra pas à lui seul inverser la terrible tendance du « consommer plus » du fait des prix revus à la baisse mais il a l’opportunité de montrer au reste du monde l’exemple de ce qu’il faut faire pour le chauffage de l’habitat, Un poste qui représente tout de même 70% de la consommation en énergie des ménages.

    Ceci en adoptant la chaine énergétique permettant de consommer 2,5 fois moins d’énergie primaire, voire même 4 fois moins en diminuant dans le même rapport notre consommation confondu de gaz et d’électricité pour un même besoin thermique, c’est à dire sans isoler.

    Cela est possible en région parisienne en profitant de la complémentarité de la géothermie profonde et de l’aquathermie superficielle basées sur l’enthalpie. Il suffit pour cela de récupérer l’énergie fatale de la géothermie profonde au bénéfice de la géothermique superficielle qualifiée par le BRGM de moindre importance.

    Balendard espère qu’à force de répéter sans arrêt sur WIKI, sur Goodplanet et dans ses livres l’importance du potentiel thermique des rivières et de leur sous-sol aquifère finira par être entendu.

    Il a prouvé ce qu’il avance dans son livre « La chaleur renouvelable et la rivière » et dans son annexe.

    Ceci à l’occasion de l’étude de la chaufferie hybride objet du « cas pratique ». Cette chaufferie située dans une boucle de la Seine à Boulogne Billancourt pourrait servir de modèle à ce qu’il convient de faire pour le chauffage de Paris intra-muros et de sa proche banlieue.

    • Claude Renaud

    Mon commentaire à été refusé. Est-ce un problème technique ou parce que mon propos dérange?

  • J’ai eu la même réaction que Claude Renault lorsque j’ai écrit un article pour tenter d’expliquer quelles ont pu être les motivations nationales qui ont conduit le trio Angleterre-France-Chine de s’unir dans ce marché à trois pour la construction de deux centrales nucléaires EPR sur le territoire anglais.

    Mon article a été à l’époque rejeté par Goodplanet. Je ne pense pas qu’il s’agit d’un problème technique mais au contraire de la volonté de Goodplanet de solutionner les grands problèmes mondiaux dans
    l’intérêt général sans se préoccuper de l’intérêt particulier des nations.

    Je ne regrette pas ce rejet.
    Je réalise au contraire à cette occasion avec force combien le problème planétaire de l’énergie accélère l’évolution naturelle du climat vers des températures plus élevées.

    Je le réalise tant il me parait à la réflexion évident que nous devrons pour notre plus grand bien modifier les chaines énergétiques que nous utilisons actuellement pour assurer nos besoins énergétiques. Nous n’aurons bientôt pas d’autre choix
    que d’abandonner dans la mesure du possible la combustion des produits fossiles et le nucléaire.

    La combustion des produits fossiles pour la raison qu’elle génère des gaz polluants aggravant le réchauffement du fait de l’effet de serre.
    Le nucléaire pour la raison que l’utilisation de cette chaîne énergétique pour produire l’électricité est, comme l’a expliqué sa vie durant Bernard Laponche fondateur de l’Ademe et spécialiste du nucléaire, extrêmement dangereuse.
    Ceci avec, facteur aggravant, le fait que cette chaîne énergétique accélère elle aussi le réchauffement climatique. Faut-il rappeler que pour produire 30% d’énergie électrique c’est 70% d’énergie thermique qui est rejeté sous forme de chaleur dans l’atmosphère

    Voir
    http://infoenergie.eu/riv+ener/chaines-energetiques-general.htm

    Pour sortir de cette impasse dans laquelle nous nous sommes petit enfoncé il nous faudra pour reprendre les termes utilisés dans le site sur l’énergie en Europe
    http://www.infoenergie.eu tenir compte du fait que

    «  »Les problèmes actuels concernant le climat et la pollution de l’air dans nos villes sont de toute évidence liés à la chaîne énergétique choisie par l’homme pour produire l’énergie de son choix, la stocker si besoin est, et la transporter avant de pouvoir la consommer » ».

    Balendard septembre 2016

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