Notre-Dame-des-Landes: les opposants saisissent à nouveau le Conseil d’État

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La "Zone à défendre" ou ZAD est pointée du doigt par un opposant à la construction de l'aéroport, le 9 septembre 2016 à Notre-Dame-des-Landes. © AFP LOIC VENANCE

Nantes (AFP) – Deux associations opposées au transfert de l’actuel aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont annoncé lundi avoir saisi le Conseil d’État d’une nouvelle requête visant à obtenir l’annulation de la déclaration d’utilité publique du projet contesté.

L’Acipa et le Cédpa, deux des principales associations d’opposants menant depuis une quinzaine d’années une intense bataille juridique contre le projet, ont indiqué dans un communiqué avoir saisi la plus haute juridiction administrative. L’objectif est de lui demander d’abroger la déclaration d’utilité publique (DUP) du 9 février 2008, « acte fondateur des travaux de construction d’un nouvel aéroport », que le gouvernement souhaite engager dès l’automne.

Cette saisine fait suite à la remise en mars d’un rapport d’experts à la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, qui jugeait le projet actuel à deux pistes « surdimensionné » et reconnaissait « la faisabilité de l’optimisation de Nantes-Atlantique », l’aéroport existant, ont relevé les deux associations.

« Ce rapport dit ce que nous avons toujours dit, c’est-à-dire que l’alternative (à un transfert de l’aéroport, ndlr) n’avait pas été étudiée, ce qui est contraire à toutes les règles. C’est donc normal de ressaisir le Conseil d’État, même si c’est sans grand espoir », a déclaré à l’AFP Françoise Verchère, co-présidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa).

« On estime que les conclusions du rapport constituent un bouleversement qui justifie l’abrogation de la DUP. (…) On ne pouvait pas laisser le rapport retomber aux oubliettes alors qu’il apportait un éclairage nouveau sur le dossier », a insisté également l’avocat des requérants, Thomas Dubreuil.

Les deux associations ont demandé « au début du mois de mai au Premier ministre Manuel Valls d’abroger la DUP », a-t-il précisé à l’AFP. La demande étant restée sans réponse, ce qui équivaut au bout de deux mois à « une décision de refus », les opposants ont alors déposé une requête devant le Conseil d’État qui a été « enregistrée le 5 septembre », a expliqué Me Dubreuil.

L’audience ne devrait pas se tenir avant plusieurs semaines, selon l’avocat.

Le Conseil d’État avait rejeté le 18 octobre 2013 un recours des opposants contre l’utilité publique du futur aéroport du Grand Ouest, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, et qui aurait dû être initialement inauguré en 2017.

© AFP

4 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Que le Conseil d’Etat ait pu considérer un seul instant que ce projet inutile d’aéroport en zone agricole, massacreur, destructeur de l’environnement et vidangeur des caisses publiques, puisse être considéré « d’intérêt public » démontre amplement que les membres de cette institution sont totalement à côté de leurs pompes, bornés et ne comprendront jamais rien à rien, en fait ils sont plutôt tout bonnement « à la botte » des lobbies industriels, donc intéressés personnellement aux décisions qu’ils prennent….

  • Tous pourris? Peut-être pas,

    Je ne sais ce que pense Oskar mais les Lutins thermiques estiment que notre seule chance de faire abroger ce projet d’aéroport est notre ministre de l’écologie.
    Selon les Lutins, elle aurait dû déjà prendre clairement position avec virulence contre ce projet qui va à l’encontre du souhait de la majorité des nations de participer à l’atténuation climatique en diminuant leurs émissions de gaz à effet de serre.

    Il est peu probable qu’elle le fasse vu sa passivité apparente pendant dectrop nombreuses années au sujet de la pollution marine dans un parc naturel au large des calanques marseillaises. Faut-il lui rappeler que selon l’ONU, l’homme a une obligation : celle d’apprendre à vivre avec la mer, pas de mourir avec elle?
    A vrai dire je crains qu’elle n’ait le courage d’entamer une démarche que pour des sujets que l’on pourraient qualifier de
    « minime importance » lorsque les intérêts financiers son modérés. Ceci comme elle l’a fait par exemple avec succès pour ce PB de barrage sur un affluent du bas Tarn dans le cadre de la protection des zones humides

    Je crains comme Oskar que nous nous
    acheminions progressivement vers un « Monde poubelle »

    Balendard septembre 2016

    • THIERRY Bernard

    Ce projet NDDL ne peut être compatible avec les accords de Paris !..

    • Brltrami

    Je suis nantaise je vis à Paris et je suis concernée Par ce ridicule projet je connais cet endroit magnifique et je connais aéroport de Nantes entièrement suffisant au traffic ce qui rend inutile ce projet destructeur qui n est que une histoire d argent ou le respect n existe plus. Et le profit fini par nous tuer ….

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