Le WWF recense les signaux d’une transition énergétique « irréversible »

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Des vaches broutent dans une prairie en face d'éoliennes à proximité du village bavarois Wildpoldsried (sud de l'Allemagne), le 5 Juillet 2016. © AFP CHRISTOF STACHE

Paris (AFP) – Essor des énergies renouvelables, déclin de l’industrie du charbon ou engagement des villes et des entreprises: le WWF recense dans un rapport publié jeudi une quinzaine de signaux montrant que la transition énergétique « en cours », si elle est trop lente, est « irréversible ».

Les énergies renouvelables ont représenté 90% des nouvelles capacités de production électrique en 2015, les émissions globales de CO2 provenant du secteur de l’énergie ont stagné pour la 2e année consécutive malgré une croissance mondiale de 3%, écrit l’organisation écologiste.

Parmi les énergies vertes, le solaire a vu son prix chuter de 80% entre 2009 et 2015, permettant à cette technologie de se diffuser bien plus largement.

D’ailleurs, « les investissements mondiaux dans l’électricité et les carburants renouvelables ont atteint un niveau record l’an dernier » avec 286 milliards de dollars, met en avant l’ONG, avec dans l’ordre la Chine, les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Inde.

La couverture des besoins domestiques en électricité par des énergies renouvelables atteint désormais des seuils élevés dans certains pays: 32% en Allemagne et 48% au Portugal en 2015.

Conséquence de cet essor des énergies décarbonnées, le nombre d’emplois dans le secteur des renouvelables est estimé à 8,1 millions, dont 2,1 millions dans le solaire.

Parallèlement, l’industrie du charbon est mise à mal du fait de la baisse des prix. Le géant américain Peabody, 1er producteur mondial, a même déposé le bilan. Au total, les charbonniers américains ayant déposé le bilan en 2016 ont perdu 30 milliards de dollars en valeur boursière depuis 2010.

En Australie, un tiers de mines de charbon sont en perte de vitesse, selon le rapport de Wood Mackezie, rapporte le WWF.

Une des explications réside en Chine, dont la consommation (près de la moitié de la production mondiale) a baissé en 2014 et 2015.

Le WWF se réjouit aussi que de plus en plus de grandes villes « relèvent le défi climatique »: 700 maires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

« Ces signaux sont importants et doivent être intégrés par nos dirigeants et par le plus grand nombre », estime dans un communiqué Lo Sze Ping, directeur général du WWF Chine.

« Ils démontrent un réel élan, devant être encore accéléré pour avoir une chance de limiter la hausse des températures bien en dessous le seuil dangereux de 2°C », ajoute le responsable.

« Nous appelons les dirigeants à penser le monde avec les données d’aujourd’hui et pas celles du passé », a déclaré à l’AFP Pascal Canfin, directeur du WWF France, pour qui « si nous ne sommes pas du tout sur la trajectoire des 2°C actuellement, nous voyons le chemin qui peut y mener ».

© AFP

2 commentaires

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  • Enfin une très bonne nouvelle dans la mesure où le réchauffement climatique est assurément liée au problème mondial de l’energie.
    Il me semble présomptueux de vouloir chiffrer l’atténuation climatique en terme de °C par contre les Lutins thermiques approuvent les propos de Mr Cantin du WWF qui estime que « nous voyons le chemin qui peut y mener » (sous entendu à l’atténuation climatique)
    Ceci dans le domaine du chauffage urbain, un poste qui pourrait bien représenter le 1/3 de la consommation mondiale d’énergie si l’on y associé la climatisation

    Balendard septembre 2016

    • Oskar Lafontaine

    Ce n’est guère original, même si c’est réjouissant de faire ce pronostic que d’autres ont déjà fait depuis des années. En effet à partir du moment où pour une installation et un fonctionnement d’une nouvelle installation de production électrique, le coût à mettre sur la table est plus faible en solaire et éolien qu’en nucléaire d’abord, ce qui est clair et évident depuis 5 ans déjà, mais même aussi qu’en ayant recours au gaz, (méthane) pourtant très abondant, ou encore aux produits pétroliers et enfin, pire que tout, au charbon.
    Seules les installations de production électrique thermiques classiques et anciennes de technologie, totalement ou partiellement amorties, restent souvent hélas, encore compétitives, mais le nucléaire, lui, ne l’est plus jamais.
    Il faut donc patienter le temps d’attendre la mise à la retraite inévitable et même programmée, des vieilles, ou récentes, installations de production électrique, et les renouvelables les remplaceront toutes.

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