Grande barrière de corail: rejet du recours contre la mine géante de l’indien Adani

Grande barrière de corail

Manifestation à Sydney contre l'expansion de l'expoitation du charbon pour préserver la Grande barrière de corail, le 13 février 2015 © AFP/Archives PETER PARKS

Sydney (AFP) – La Cour fédérale d’Australie a rejeté un recours d’une organisation de défense de l’Environnement contre le projet controversé de mine géante du groupe indien Adani portant sur son impact environnemental contre la Grande Barrière de corail.

Le projet Carmichael du groupe indien Adani, d’une valeur de 16,5 milliards de dollars australiens (11,1 milliards d’euros) s’est attiré les foudres des écologistes.

Non seulement le charbon produit contribuera au réchauffement climatique mondial mais en outre la matière première devra transiter par un port proche du plus grand récif corallien au monde classé au patrimoine mondial, font-ils valoir.

Le gouvernement australien avait donné son feu vert en octobre 2015 au projet, qui prévoit l’exploitation d’une mine de charbon dans l’Etat du Queensland, l’une des plus vastes au monde.

Or la Fondation australienne pour la conservation (FAC) avait déposé en novembre un recours, en demandant si le ministère de l’Environnement n’aurait pas dû évaluer l’impact du réchauffement climatique posé par la combustion du charbon de la mine Carmichael.

« Malheureusement, la Cour fédérale a répondu +non+ », a déclaré Sean Ryan, représentant la Fondation devant le tribunal.

La mine doit produire chaque année 60 millions de tonnes de charbon thermique. Le projet prévoit aussi la construction de 189 kilomètres de chemin de fer pour acheminer la matière première.

Adani va parallèlement procéder à l’extension d’un port de charbon à Abbot Point afin de l’exporter.

D’après les écologistes, la Grande barrière inscrite au patrimoine de l’humanité depuis 1981 est déjà menacée par le réchauffement climatique, les ruissellements agricoles, le développement économique ou la prolifération des acanthasters, étoiles de mer qui détruisent les coraux.

Le site de 345.000 km2 a failli être placé par l’Unesco sur sa liste des sites en péril et Canberra oeuvre à un plan de préservation sur 35 ans.

« Les sondages montrent que les Australiens veulent des récifs mieux protégés, et non davantage de charbon polluant », a affirmé Kelly O’Shanassy, directrice général de la FAC. « Nous ferons tout pour empêcher cette mine. »

Adani Mining a salué la décision de la Cour. « Il est incontestable que les militants ont eu vraiment beaucoup d’occasions de dire ce qu’ils pensaient », a déclaré le groupe dans un communiqué, précisant que tous les recours juridiques n’étaient pas purgés.

« Quand ils le seront, comme le groupe l’a précédemment indiqué, la construction pourra débuter en 2017 », a poursuivi le groupe.

La Cour fédérale a récemment rejeté un recours formé par un groupe aborigène qui disait qu’Adani n’avait pas recueilli son consentement à ce projet.

© AFP

2 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Il est clair, avec cette décision judiciaire australienne, qu’en Australie aussi, le service public de la justice est à la botte des lobbys industriels, tout comme en France. Cette décision de la Cour fédérale australienne relève carrément du crime global et majeur contre la biosphère et donc contre l’Humanité qui tente d’y survivre. La taule au long cours et à régime sévère pour ces juges australiens immondes, serait encore une sanction bien légère dans leur cas.

    • Claude Renaud

    Voilà ce qu’il fallait démontrer. La puissance des lobbies et l’inconséquence de nos dirigeants quels
    qu’ils soient. Des gens prêts à condamner l’Humanité pour satisfaire leur égo, leur petit profit, leur
    petit confort. Des gens petits, petits, mais malfaisants. Petits, parce que n’importe qui peut les acheter.
    Malheureusement, c’est comme ça partout dans le monde. Toutes les COP à venir n’y changeront pas
    grand-chose. Toutes les manifestations de victoire, toutes les signatures, toutes les auto-satisfactions
    ne sont que théâtre et comédie. Il faut sauver la face avant de sauver l’Humanité.
    Voilà bien la pierre d’achoppement à laquelle on n’avait pas pensé : LE FACTEUR HUMAIN.
    Et là, il n’y a pas de solution.