Bure: les antinucléaires s’attaquent au mur de l’Andra

Bure

Des militants opposés au futur centre de stockage de déchets radioactifs à Bure abattent des pans du mur de protection du chantier, le 14 août 2016 © AFP FRANCOIS NASCIMBENI

Mandres-en-Barrois (France) (AFP) – Plusieurs centaines de manifestants opposés au futur centre de stockage de déchets radioactifs à Bure (Meuse) ont abattu dimanche des pans du mur de protection du chantier, dans un bois objet de lutte depuis plusieurs semaines, a constaté une journaliste de l’AFP.

Arrivés a l’orée du bois Lejuc, munis de bâtons, pioches ou autres, ils ont abattu une partie du mur en béton construit  par l’agence nationale de gestion des déchets  nucléaires (Andra), qui y mène des travaux exploratoires.

Ce mur, haut d’environ deux mètres, en béton, vise à empêcher les opposants au projet, installés non loin, de dégrader le chantier à l’arrêt depuis deux semaines.

Vers 11h00, aux cris de « Andra, dégage, résistance et sabotage » les manifestants opposés aux projets d’enfouissement de déchets nucléaires par l’agence nationale de gestion de ces déchets – 450 selon les organisateurs, 200 à 300 selon la préfecture – s’étaient réunis  devant la mairie de Mandres-en-Barrois.

Le cortège composé de militants historiques, de jeunes venus de différentes mouvances et du secrétaire général d’Europe Ecologie les Verts David Cormant s’est ensuite mis en branle jusqu’au bois de Mandres-en-Barrois.

C’est dans ce bois, propriété de l’Andra, que sont menés des travaux exploratoires en vue de la création du centre d’enfouissement de déchets nucléaire sur ce territoire aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

Le site a été choisi dans les années 1990 pour devenir un centre d’enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs – environ 4% des déchets produits en France. Ils seront, si le projet est mené a terme, enterrés à 490 m sous terre.

Depuis des semaines, les opposants se battent contre ces travaux et le mur d’enceinte érigé autour.

La justice leur a d’ailleurs donné raison le 1er août en déclarant le défrichage illégal, et en demandant à l’Andra de remettre le bois en état dans les 6 mois – sauf à obtenir une autorisation, ce qui sera difficile dans le temps imparti.
Sous le soleil, les opposants se sont réjouis de ne voir aucun gendarme à l’horizon.

Postés autour du bois dont ils avaient délogé les manifestants au bout de trois semaines d’occupation mi-juillet, les gendarmes se sont retirés samedi.

La préfecture a justifié ce choix tactique par le souci de ne pas prendre de risque face au danger de voir certains manifestants s’affronter violemment avec les forces de l’ordre: « il n’est pas question de mettre des vies en danger », a expliqué Corinne Simon, secrétaire générale de la préfecture de la Meuse.

« Symboliquement, faire tomber le mur c’est toujours quelque chose de fort. Pour beaucoup de monde, ce mur est même plus scandalisant que le défrichage », a expliqué un des manifestants ayant choisi le pseudonyme de « John ».

La porte de la mairie de Mandres, dont le maire a échangé le bois Lejuc avec l’Andra, a été barbouillée de peinture noire, et ses portes vitrées brisées, a constaté l’AFP.

© AFP

3 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Que sur le site de la honte nucléaire de Bure soient renversés des blocs de béton posés là en mépris intense des populations, afin de constituer un nouveau « mur de la honte », symbole de l’échec du nucléaire comme le « mur de la honte » de Berlin était le symbole de l’échec du communisme autant que de son intense mépris des hommes, était bien naturel.
    Les « forces du mal », représentées hier par le communisme, et aujourd’hui d’abord par le nucléarisme, sont contraintes de mentir aux hommes et de tenter de leur cacher les vérités, toutes plus honteuses, scandaleuses et mortelles les unes que les autres, de l’activité nucléariste.
    Le site d’enfouissement de Bure coûtera, selon les estimations prudentes rapportées, entre autres, par le journal économique « Les Echos », il y a plus de trois ans déjà, coûter aux « clients d’EDF » comme aux contribuables français, au minimum 35 milliards d’euros. Par un énorme mensonge destiné à permettre à EDF de sortir, en février 2016, un bilan d’exploitation 2015 pas trop calamiteux et dans le rouge, la ministre en charge de cette question à ramené, d’un trait de plume totalement injustifié, ce montant de 35 à 25 milliards d’euros « seulement », c’est évidemment une tromperie de 10 milliards d’euros, excusez du peu !
    D’ailleurs le Directeur financier d’EDF, pour qui ce devait être un comble, a préféré, quelques trois semaines plus tard, démissionner, car le coupe était largement pleine.
    Encore une fois, ce n’est pas à quelques dérisoires 500 mètres de profondeur qu’il faut enfouir les
    déchets radioactifs du nucléaire, mais bien à plus de 5000 mètres, et par des techniques de forages pétroliers, sans interventions ou présence humaine à ces profondeurs.
    Enfin et surtout, il convient de cesser de produire ces déchets radio-actifs à ces niveaux de volumes et de poids, et donc c’est l’arrêt de tout l’électronucléaire qui devrait être programmé.
    Les français n’en ont pas fini, et ont à peine commencé, de devoir payer pour l’électricité nucléaire qu’ils ont consommée et vendue en Europe, depuis plus de 30 ans déjà.

  • Non, non Monsieur : on n’enfouit rien dans la terre, dans la mer, dans l’air. A l’exception des matières bio dégradables, comme vous et moi…

    • Michel vanquaethem

    Bonjour,

    Sur la dangerosité du stockage profond des déchets , lisez svp le compte rendu sur l’accident aux USA du stockage WIPP, qui a déjé démontré l’impossibilité de ce type de solutions de traitement des déchets nucléaires:

    http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?tag/nucl%C3%A9aire

    la voix qui crie dans le désert…?

    « 63 millions de français, encore des centaines de millions d’Européens en plus, des milliards de terriens, et voici que quelques pelés postent un commentaire sur une telle information,… Nous sommes sous-informés, nous sommes désintéressés, nous ne sommes pas responsabilisés, on nous refuse le droit à contester… que reste-t-il ? La résignation ? La guerre civile ? L’espoir d’un dirigeant honnête et responsable ? Ou bien devons-nous seulement ne pas y penser et consommer, comme on nous y invite ? »

    Non! Ensemble, propageons les informations pour contrer les irresponsabilité, sans juger les motivations mais sans faiblesse.

    Michel Vanquaethem

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