Papeete (AFP) – Une plainte contre l’Etat français pour crime contre l’humanité, que veut déposer l’église protestante de Polynésie française suite aux essais nucléaires français de Moruroa et Fangataufa, « manquerait de fondement », a estimé lundi le Haut-Commissaire de la République en Polynésie française René Bidal.
« L’outrance est toujours mauvaise conseillère » a écrit lundi (mardi à Paris) dans un communiqué René Bidal, qui représente l’Etat français dans cette collectivité d’outre-mer.
Dimanche, l’Eglise Protestante Maohi, qui regroupe les protestants polynésiens, avait annoncé son intention de poursuivre la France devant la Cour pénale internationale, considérant que les 193 essais nucléaires de Moruroa et Fangataufa, entre 1966 et 1996, relevaient du « crime contre l’humanité ».
Une telle plainte « manquerait de fondement » a assuré René Bidal, jugeant que « les tirs d’essais nucléaires en Polynésie française ne correspondent évidemment pas » à la définition de crimes contre l’humanité.
« L’État est loin d’être indifférent aux conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, lesquelles ont été récemment reconnues par le Chef de l’Etat dans des paroles fortes qui étaient attendues, en Polynésie, depuis de nombreuses années », a-t-il insisté. En février, François Hollande avait reconnu, lors de sa visite dans l’archipel du Pacifique sud, que les essais nucléaires menés en Polynésie française avaient eu « un impact » sur l’environnement et la santé.
Par ailleurs, le décret d’application de la +loi Morin+ de 2010 « va être modifié dans un sens nettement plus favorable à l’indemnisation des malades », a rappelé le Haut-Commissaire. Les associations de défense des victimes des essais nucléaires en Polynésie dénoncent régulièrement le faible nombre de victimes indemnisées.
Enfin une convention cadre doit « permettre, dès 2017, le financement de nouveaux équipements pour les services de radiographie, de radiologie et de traitement contre les cancers » du centre hospitalier de Polynésie française, a-t-il précisé.
Le Président de la Polynésie française Edouard Fritch avait prévu une conférence de presse lundi (mardi à Paris) au sujet de la plainte de l’église protestante. Il l’a finalement reportée.
L’un de ses principaux opposants politiques, l’indépendantiste Oscar Temaru, s’est réjoui de la démarche engagée par l’Eglise Protestante Maohi. Il compte s’appuyer sur de petits Etats insulaires du Pacifique pour déposer cette plainte devant la Cour pénale internationale, et devant les Nations-Unies.
© AFP
2 commentaires
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Oskar Lafontaine
On ne peut guère attendre d’un Haut Fonctionnaire français qu’il reconnaisse les évidences.
Les essais nucléaires dans le Pacifique, Bikini pour les américains et Mururoa pour les français, ont répandu des radiations nucléaires et ravagé des sites habitables pour des millénaires et plus encore. Les victimes y sont déjà nombreuses, médicales comme économiques et iront en se multipliant, la radioactivité résiduelle aux essais étant indestructible et omniprésente. La différence entre un camp d’extermination, du modèle construit par les nazis, et des essais nucléaires, tant aériens que souterrains, ne tient, pour le nombre des victimes, qu’à une question de durée. Les millions d’exterminés des essais nucléaires, on les aura avec les millénaires qui s’écoulent, mais on les aura, et le Haut Commissaire ment, ou ne sait pas de quoi il parle.
ruiz
oui il s’agit bien de crime contre l’humanité, ne lâchons rien !!!