Déchets nucléaires: la justice suspend les travaux de l’Andra à Bure

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L'entrée du site de l'Andra à Bure, le 26 janvier 2016. Le TGI de Bar-le-Duc suspend les travaux effectués par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs à Bure dans la Meuse © AFP/Archives JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Metz (AFP) – Le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a suspendu lundi les travaux effectués par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure (Meuse), dans le cadre du projet d’enfouissement de déchets nucléaires, estimant qu’ils nécessitaient une autorisation de la préfecture.

La vice-présidente du tribunal, Catherine Buchser-Martin, a jugé que les travaux effectués au bois Lejuc représentaient du défrichement, et non du déboisement comme l’affirmait l’Andra, a-t-elle indiqué à l’AFP. Elle a donc ordonné la suspension des travaux et la remise en état des lieux – environ 8 hectares.

Le défrichement, selon le Code forestier, est l’action de « détruire l’état boisé d’un terrain et de mettre fin à sa destination forestière » et nécessite une autorisation de la préfecture – que l’Andra peut encore demander.

Objet de contestation depuis près de 20 ans, le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, doit accueillir les déchets les plus radioactifs, ainsi que ceux ayant la durée de vie la plus longue, à 500 mètres sous terre.

Assignée en référé par 8 associations et 4 habitants de Bure, l’Agence pourra en revanche continuer à ériger le mur qu’elle construit depuis plusieurs semaines autour de la zone de travaux, a estimé la juge, « dans la mesure où l’Andra a obtenu l’autorisation du maire pour la clôture ».

Ce mur, haut d’environ 2 m, en béton, vise à empêcher les opposants au projet, installés non loin, d’occuper le bois comme ils l’ont déjà fait, afin de freiner les travaux.

C’est dans le bois Lejuc que seront installées les cheminées d’aération des kilomètres de galeries souterraines dans lesquelles seront stockés les déchets nucléaires les plus radioactifs – si le projet Cigéo voir le jour.

Après le vote le 11 juillet d’une loi sur la réversibilité, l’Andra doit déposer à l’horizon 2018 la demande d’autorisation de création du centre de stockage. Si elle est acceptée, les premiers travaux de construction pourraient commencer en 2021.

©AFP

3 commentaires

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    • Dany

    ça fait rire jaune :
    On défriche en 2016, on construit un mur d’enceinte en 2016 pour :
    « Après le vote le 11 juillet d’une loi sur la réversibilité, l’Andra doit déposer à l’horizon 2018 la demande d’autorisation de création du centre de stockage. Si elle est acceptée, les premiers travaux de construction pourraient commencer en 2021 ».
    Donc, si l’autorisation en question n’était pas acceptée, les dégats envirronnementaux sont déjà faits.
    …. comment donc oser ne pas donner l’autorisation.
    Encore une belle connerie administrative à la parisienne !
    Résistons !!!!!

    • Oskar Lafontaine

    L’électronucléaire dans le monde et en particulier en France n’a jamais pu exister que juché sur une montagne de mensonges officiels accumulés en strates devenues, avec le temps qui passe, nauséeuses d’invraisemblances.
    Tout est faux avec le nucléaire, depuis ses promesses initiales de lendemains qui chantent, et auxquelles seuls des ignorants intégraux de ces questions nucléaires et des dogmatiques de type nucléocrateux croient encore, jusqu’aux basses réalités d’aujourd’hui des déchets radioactifs mortels qui débordent de toutes les centrales brasseuses de neutrons surexcités et déchets mortels dont on ne sait plus que faire puisque même le retraitement, bien trop onéreux, et générateur lui-même de déchets, ne peut économiquement en venir à bout, le prix de l’uranium « neuf », le « yellow cake », s’étant effondré avec la trop faible demande.
    Enfouir les déchets radioactifs à 500 mètres de profondeur seulement est encore une ânerie de première grandeur, probablement sortie du cerveau, par définition pas très normal, d’un ou plusieurs énarques, planqués dans leurs ministères. Il faudrait enfouir à au moins 4000 ou 5000 mètres, et dans des zones géologiques particulières, ce qui bien entendu n’est pas fait.
    Superphénix, l’EPR et maintenant Bure, la liste des échecs et erreurs monumentales de l’électronucléaire français, ne cesse de s’allonger, et continuera jusqu’à une énorme catastrophe.

      • eschbacher

      Si seulement le « pouvoir » politique actuellement en place dans notre pays pouvait « obliger » Areva/Cogema (on ne sait plus très bien qui gère cette industrie peut-être la plus sale) à se tourner résolument vers les énergies réellement propres et renouvelables!
      Osons enfin parler de décroissance pour commencer à la mettre en oeuvre partout où cela est possible.
      Bien sûr, nous savons que cela est totalement utopiques, les enjeux économiques étant tellement considérables…
      Quand l’Homme prendra-t-il enfin conscience de ses erreurs majeures et lourdes de conséquence pour son avenir c’est-à-dire plutôt celui de ses descendants?
      L’Etre humain est décidément le plus grand des prédateurs ( A lire: l’humanité disparaîtra, bon débarras ).

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