La perte de biodiversité menace les écosystèmes de la planète

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Photo de la Terre réalisée par la NASA depuis Apollo 17, le 22 janvier 20002 © NASA/AFP/Archives NASA FILES

Washington (AFP) – L’ampleur des pertes de biodiversité dans le monde menace le fonctionnement des écosystèmes de la Terre et la pérennité des sociétés humaines, selon une étude publiée jeudi dans la revue américaine Science.

Plus de la moitié de la surface terrestre (58%), qui abrite 71,4% de la population mondiale, connait  une telle perte de biodiversité qu’on peut se demander si ces territoires ont encore la capacité de subvenir aux besoins humains, a déterminé cette étude.

« C’est la première fois que nous avons quantifié les effets de la perte d’habitat sur la biodiversité au niveau planétaire d’une manière tellement détaillée qu’on sait désormais que ces pertes ne sont plus dans la limite jugée sans risque par les écologistes », explique Tim Newbold de l’University College à Londres.

« Nous savons que les pertes de biodiversité affectent le fonctionnement des écosystèmes mais ce processus n’est pas encore complètement élucidé », ajoutent les chercheurs.

« Ce que nous savons c’est que dans de nombreuses parties du monde, nous approchons d’une situation dans laquelle une intervention humaine pourrait être nécessaire pour maintenir les fonctions de l’écosystème », précisent-ils.

« L’utilisation des sols a déjà poussé la biodiversité au-delà de la limite jugée sans risque », souligne le professeur Andy Purvis du Musée d’Histoire naturelle de Londres, un des co-auteurs de cette étude.

Selon ces chercheurs, les prairies, les savanes et la toundra sont les écosystèmes le plus touchés par des pertes de biodiversité, suivies de près par de nombreuses forêts et autres régions boisées.

Ils soulignent que dans ces zones, la capacité de la biodiversité à assurer les fonctions clé de l’écosystème –reproduction et croissance d’organismes vivants, cycles de production d’éléments nutritifs– devient de plus en plus incertaine.

Ces scientifiques ont utilisé des données fournies par des centaines de chercheurs pour analyser 2,38 millions de rapports portant sur 39.123 espèces et 18.659 sites.

Ces analyses ont ensuite été appliquées pour estimer comment la biodiversité sur chaque kilomètre carré des terres du globe avait changé depuis que les humains ont modifié tous ces habitats.

« Les décideurs s’inquiètent beaucoup des récessions économiques mais une récession écologique pourrait avoir des conséquences bien pires, or avec les dégâts infligés à la biodiversité, cela pourrait bien se produire », juge Andy Purvis.

« Tant que nous n’aurons pas restauré la biodiversité ou commencé à agir dans ce sens, nous continuerons à jouer à la roulette écologique », estime ce scientifique.

© AFp

5 commentaires

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  • N’accentuons pas cette tendance en s’obstinant à vouloir réaliser l’aéroport de NDDL !..

    • Salemme

    Peut on informer par le biais de la tv que tout mégot incandescent jeté par les fenêtres des voitures , entraînent un fort risque d’incendie.
    Les touristes du nord peut être ne se représentent pas ce risque, voire même d’avoir leur plaque d’immatriculation relevée et signalée aux services compétents.
    Ras le bol des forêts qui partent en fumée avec les animaux dedans et des villas…

  • Selon cette revue américaine « Science », les prairies, les savanes et la toundra ainsi que les forêts sont gravement touchés mais il s’agit ici d’un monde pratiquement à deux dimensions. Que dire des océans, un monde cette fois à 3 dimensions qui couvre 71% de la surface terrestre et ou la vie est semble-t-il aussi menacée sur une épaisseur de plusieurs centaines de mètres voir plus. Ceci alors que l’on sait maintenant que pour assurer sa survie, l’homme a une obligation : apprendre à vivre avec la mer.

    Voir à ce sujet
    http://www.goodplanet.info/actualite/2016/07/08/consommation-mondiale-de-poisson-a-double-annees-1960/

    Balendard Juillet 2016

    • Patrice DESCLAUD

    Dans la pratique de la justice aujourd’hui (en France), lorsque l’économique prime quasi-systématiquement sur l’écologique, la biodiversité est directement menacée. En Bretagne, en baie de Lannion, un permis d’extraction de sable coquillier (très « juteux ») a été accordé à un groupe multinational entre 2 zones Natura 2000, dont l’une inclut la Réserve Naturelle Nationale des 7 Iles, avec de nombreuses espèces fragile. Cela menace notamment toute une chaîne alimentaire (lançon et ses prédateurs diverses). Les élus unanimes se sont opposés, les citoyens aussi (enquête publique), mais le lobby l’emporte et Macron a accordé la concession minière pour cette dune sous-marine proche de notre littorale. Ségolène Royale est contre … Qui arbitre ?
    Bien sûr les requêtes en annulation sont au conseil d’état et Tribunal Administratif.
    On est en révolte, mais la machine à broyer est en route.
    Patrice.

  • Mr Desclaud à raison qui arbitre?

    Le même constat est à faire à l’occasion des rejets toxiques à grande profondeur d’une usine d’alumine dans la grande bleu au large des calanques dans une réserve naturelle.
    Rejet autorisé pour finir par notre gouvernement contre l’avis de la ministre de l’écologie !

    Ceci alors que l’ONU nous a enseigné que pour assurer notre survie nous devrons apprendre à vivre avec la mer.
    Pas de mourir avec elle.

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