Le charbon fait près de 23.000 morts par an dans l’UE

charbon

La centrale thermique de Neurath alimentée au charbon, à Rommerskirchen, au nord-ouest de l'Allemagne, le 24 octobre 2014 © AFP/Archives PATRIK STOLLARZ

Paris (AFP) – Près de 23.000 morts prématurées et un coût sanitaire de dizaines de milliards d’euros: les centrales au charbon de l’Union européenne font payer un lourd tribut qui devrait conduire à les fermer le plus rapidement possible, souligne mardi un rapport de plusieurs ONG.

Intitulé « Le nuage noir de l’Europe: comment les pays utilisant du charbon rendent leurs voisins malades », il analyse les impacts sur la santé en 2013 des centrales européennes pour lesquelles des données suffisantes sont disponibles, soit 257 sur 280.

Le charbon a représenté 18% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE en 2014.

Les émissions des centrales au charbon ont provoqué en 2013 22.900 morts prématurées, mais aussi des dizaines de milliers de cas de maladies cardiaques, bronchites, cancers, selon ce rapport réalisé par quatre ONG –le WWF, Climate Action Network, Heal (Alliance pour la santé et l’environnement) et Sandbag.

« Plus de la moitié des morts prématurées dans l’UE dues au charbon peuvent être attribuées à 30 centrales », précise le rapport.

Les impacts sanitaires du charbon ont engendré en 2013 « un coût global de 32,4 à 62,3 milliards d’euros », souligne-t-il.

Il réfute ainsi « le mythe selon lequel le charbon est une source d’énergie bon marché », relève Anne Stauffer, directrice adjointe de Heal.

Les cinq pays les plus touchés par la pollution au charbon venue des pays voisins, s’ajoutant à celle provoquée par leurs propres centrales, sont l’Allemagne (3.630 morts prématurées au total), l’Italie (1.610), la France (1.380), la Grèce (1.050) et la Hongrie (700).

« La France a peu de charbon dans son mix énergétique mais est lourdement impactée par les centrales de ses voisins », souligne le rapport.

Les cinq pays dont les centrales ont provoqué le plus de décès au-delà de leurs frontières sont la Pologne (4.690 morts prématurées à l’étranger), l’Allemagne (2.490), la Roumanie (1.660), la Bulgarie (1.390) et le Royaume-Uni (1.350).

Les particules fines constituent « l’ingrédient le plus toxique » de la pollution par le charbon: elles ont fait environ 19.000 morts, soit 83% du total.

Ces particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns pénètrent profondément dans le système respiratoire et dans le sang.

Elles peuvent se déplacer loin de leur lieu d’émission, « sur des centaines de kilomètres », rappelle le rapport, soulignant que près de 12.000 nouveaux cas de bronchite ont été enregistrés en 2013.

Quant au mercure produit par la combustion du charbon, il « endommage le système nerveux de milliers de foetus en Europe tous les ans ».

« La pollution de l’air est responsable de millions de morts dans le monde entier » et le réchauffement climatique va « exacerber le problème », souligne Roberto Bertollini, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) auprès de l’UE.

La communauté internationale s’est engagée en décembre à Paris à limiter le réchauffement à 2°C, voire 1,5°, par rapport au niveau pré-industriel.

© AFP

3 commentaires

Ecrire un commentaire

  • S’il n’y avait que l’Allemagne. L’Australie avec son projet sur la côte est du côté de la grande barrière de corail ou un pays comme les Indes ne sont pas à l’abri de tout reproche.

    Il faut savoir que pour produire une même quantité chaleur, la combustion du charbon c’est environ 2 fois plus de gaz carbonique que le fioul et 4 fois plus de gaz carbonique que le gaz naturel.
    Le vainqueur dans cette comparaison étant de loin la pompe à chaleur à compression qui dissipe en France sensiblement 3 à 4 fois moins de gaz carbonique que le gaz

    Voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/RSE-pac-et-environnement.pdf

    Balendard juillet 2016

  • Je voudrais tout d’abord remercier GOODPLANET et Arthur Bertrand qui me permettent de m’exprimer grace à leur site sur un sujet que j’ai à coeur dans la mesure où il me paraît important pour notre devenir.

    Ce que j’ai écrit ci-dessus sur ce sujet me paraît trop lapidaire et je me remets à l’ouvrage pour mieux m’expliquer et tenter de convaincre

    Il n’y malheureusement pas que l’Europe avec l’Allemagne ou la Pologne qui est en cause, l’Australie avec son projet de mine à charbon sur la côte est en bordure de la grande barrière de corail ou un pays comme les Indes avec ses nombreuses centrales a charbon ne sont pas à l’abri de tout reproche.

    Il faut savoir que pour produire une même quantité de chaleur, la combustion du charbon c’est environ 2 fois plus de gaz carbonique que le fioul et 4 fois plus de gaz carbonique que le gaz naturel. Le vainqueur dans cette comparaison étant de loin la pompe à chaleur à compression qui pourrait dissiper en France sensiblement 5 fois moins de gaz carbonique que le gaz. naturel seul si on réalisait enfin les avantages de ces dispositifs de chauffage pour le climat, le social et l’économie.

    Voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/RSE-pac-et-environnement.pdf

    Le chauffage de l’habitat dans les villes étant un poste particulierement lourd en terme de consommation énergétique les auteurs de ces réunions mondiales continuelles appelées COP vont finir par se ridiculiser s’ils continuent de voyager année année aux frais du contribuable à travers le monde en aggravant notre empreinte carbone. Ne serait-ce que pour cette raison et bien d’autres raisons il va devenir urgent d’AGIR en modifiant ASAP la chaîne énergétique assurant le chauffage de l’habitat dans les villes. Ceci en minimisant la combustion au travers de chaufferies hybrides conçues de telle sorte que la combustion du gaz et le chauffage thermodynamique cohabitent au sein des chaufferies collectives de nos immeubles.

    Ceci aura pour effet de diminuer encore dans des proportions très importante la quantité de gaz carbonique émise dans l’atmosphere avec de nombreux autres avantages autant environnelentaux, économiques, sociaux que techniques

    Vu la lourdeur des décisions prises par les copropriétés et dans un soucis de simplification cette évolution se fera probablement non pas au travers de chaufferie hybrides comparables à celles parfois utilisée pour la maison individuelle

    Voir
    http://www.infoenergie.eu/hybride-daikin.jpg

    Mais au travers d’un chauffage urbain thermodynamique utilisant les fluides frigorigènes HFO nouvelle génération et des pompes à chaleur COMMUNALES prélevant l’énergie thermique renouvelable dans l’eau ou dans l’air. Des sociétés mondialement connues telles que CARRIER sont capables de fournir aux communes qui le demande un chauffage urbain thermodynamique distribuant de l’eau chaude à 80°C voire plus aux immeubles. Dans la mesure où elles ne sont pas trop anciennes et moyennant une modification de la régulation les chaufferies collectives au gaz en place pourraient continuer à assurer le besoin thermique au plus fort de l’hiver pour soulager le réseau électrique.

    L’idéal serait bien évidemment que l’électricité alimentant les compresseurs de ces grosses pompes à chaleur COMMUNALES soit une électricité « verte » provenant non pas de centrales à charbon à fioul ou à gaz voire même du nucléaire mais faisons preuve d’intelligence en commençant par ce qui aurait dû être le commencement : consommer moins en améliorant la génération et l’isolation thermique plutôt que de chercher à produire mieux l’électricité

    Ceci pour la simple raison que cela est plus facile à FAIRE

    Pour comprendre plus en détail voir le fichier pdf ci-dessous et ses liens associés
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/LT-geothermie-profonde.pdf

    Je vous embrasse

    Balendard juillet 2016

  • Excuse
    SVP lire
    Yann Arthus-Bertrand
    mercvi

France : vers l'hiver le plus chaud jamais enregistré, selon Météo-France

Lire l'article