Greenpeace porte plainte contre un centre de déchets nucléaires

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Greenpeace a porté plainte contre un ancien centre de stockage de déchets nucléaires © AFP OLIVIER LABAN-MATTEI
Greenpeace a porté plainte contre un ancien centre de stockage de déchets nucléaires © AFP OLIVIER LABAN-MATTEI

Cherbourg (AFP) – Greenpeace a porté plainte pour pollution de l’eau contre le plus ancien centre de stockage de déchets nucléaires en France, situé dans le département de la Manche et accusé de fuites, a annoncé l’ONG à l’AFP.

« Nous avons déposé plainte auprès du parquet de Cherbourg », a indiqué mercredi, accusé de réception à l’appui, Laura Monnier, chargée des questions juridiques de l’organisation écologiste.

« Pas de communication », a déclaré à l’AFP la procureur de la République de Cherbourg Emmanuelle Bochenek-Puren.

Près de 930.000 tonnes de déchets, dont 100 kg de plutonium, hautement radioactif, sont stockées à 6 à 8 m sous terre, à Digulleville, au Centre de stockage de la Manche (CSM), qui a reçu des déchets entre 1969 et 1994, dans des conditions beaucoup moins strictes au départ qu’aujourd’hui, selon l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) qui gère le CSM.

« Le délit de pollution est parfaitement constitué », estime Yannick Rousselet chargé des questions nucléaires de Greenpeace dénonçant des « fuites » de « tritium », un radionucléide à base d’hydrogène beaucoup plus fluide que le plutonium mais nettement moins dangereux.

Pour l’ONG, le CSM fuit toujours. Pour l’Andra et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la présence plus importante qu’ailleurs du tritium sous et dans les environs du CSM n’est due qu’à un accident survenu en 1976. Et l’Andra affirme que le CSM est aujourd’hui étanche.

Greenpeace s’appuie sur un rapport de l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) paru en avril.

Selon le laboratoire associatif indépendant, « il est courant d’observer le tritium à plus de 100 Bq/l dans le ruisseau Sainte Hélène », proche du CSM, alors que ce radionucléide est normalement à 1 Bq/l dans les rivières. Dans un des puits de contrôle de la nappe phréatique sous le CSM, le tritium est à 81.000 Bq/l de moyenne annuelle en 2015, martèle M. Rousselet.

Le gendarme du nucléaire assure toutefois que le CSM respecte la réglementation et que le « tritium globalement décroît dans la nappe ».

Les « valeurs évoquées » pour les ruisseaux sont « extrêmement faibles », a ajouté Guillaume Bouyt chef de l’antenne normande de l’ASN.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé le seuil de potabilité de l’eau à 10.000 Bq/l.

Ailleurs, pour les centrales nucléaires, EDF a déclaré des hausses de tritium bien avant que ne soit atteint les 100 Bq/l. Et l’ASN tape du poing sur la table pour des pics très inférieurs à 1.000 Bq/l.

© AFP

2 commentaires

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    • Pan

    Mais qu’est-ce que greenpeas a dans la tête ? j’en suis encore à me le demander, comme dirait Michel P.
    Nom d’un petit pois, vous rendez-vous compte ? une eau atteignant le dixième de la limite de potabilité ! On aimerait que toutes les pollutions soient de ce type, y compris la pollution mentale.
    Malheureusement il n’y a pas de quoi en faire tout un plat…

    • Oskar Lafontaine

    Cette fuite serait de peu d’importance, c’est possible, mais n’oublions pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières et que toute fuite, à l’origine, est petite, mais elle grandit en importance avec le temps qui passe. Surtout cette fuite non encore colmatée, révèle d’abord l’état de délabrement des installations nucléaires en France et indirectement ensuit,e le manque de moyens financiers pour y porter remède.
    Car le nucléaire en plus d’être mortel par sa nature même, est un gouffre à milliards et on a rien vu, le pire étant encore à venir.
    Quant à la pertinence d’avoir eu recours au nucléaire, elle est devenue caduque, et ainsi encore par exemple, aujourd’hui, jeudi 9 Juin, le journal économique, et non pas écologique « Les Echos », en page 18, dans un gros article sur les coûts attendus de production d’électricité de l’éolien en mer, qui  » baissent à grands pas », c’est dans le titre, est amené à les fournir, ainsi que ceux du photovoltaïque et enfin du nucléaire neuf. C’est sans appel, le nucléaire est le plus cher.
    Soit 80 euros du mégawattheure pour l’éolien offshore dès 2025, (date à laquelle, au mieux, un réacteur neuf, commandé aujourd’hui, entrerait en production,) 80 euros, coûts du raccordement inclus, l’électricité solaire étant pour sa part déjà tombée, en cours d’année 2015, à moins de 80 euros du mégawattheure en France et sa baisse se poursuit de près de 1% par mois et l’éolien terrestre étant aujourd’hui racheté en France toujours à 82 euros du mégawattheure, donc un peu plus cher que l’éolien terrestre. Tandis que le nouveau nucléaire coûterait, je cite ce qui est écrit dans l’article des « Echos », « plutôt entre 90 et 100 euros » de ce même mégawattheure.Il n’y a plus photo, l’électronucléaire a perdu sur toute la ligne, et au plan financer et comptable d’abord, et il est donc grand temps de commencer à fermer toutes ces installations nucléaires désuètes, techniquement dépassées et surtout de plus en plus dangereuses.

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