Sarkozy sur Fessenheim: l’indemnisation proposée par le gouvernement est une « insulte » à EDF

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Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, le 23 mai 2016 à Fessenheim, en Alsace © AFP FREDERICK FLORIN
Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, le 23 mai 2016 à Fessenheim, en Alsace © AFP FREDERICK FLORIN

Fessenheim (France) (AFP) – La proposition du gouvernement d’indemniser EDF à hauteur de 80 à 100 millions d’euros en contrepartie de la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim est une « insulte » à l’entreprise, a estimé lundi sur place le président des Républicains, Nicolas Sarkozy.

« Mme Royal insulte l’entreprise avec sa proposition d’indemnisation », a affirmé l’ancien président de la République, lors d’un discours devant les salariés de la centrale alsacienne.

Cette offre, formulée début mai par courrier par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal au PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, est bien en deçà des attentes initiales du groupe énergétique, qui tablait sur un dédommagement d’au moins deux milliards d’euros, selon Le Monde qui a révélé cette information la semaine dernière.

Ce montant proposé par le gouvernement « est ressenti comme une insulte » par les quelque 2.000 salariés de la centrale, a également souligné lundi Laurent Raynaud, délégué CGT. Une telle offre, « c’est de dire finalement +votre boulot, votre outil de travail, ça vaut rien+, et ça on ne l’accepte pas », a dit à l’AFP le syndicaliste.

Devant plusieurs dizaines de salariés tout acquis à son discours, M. Sarkozy, venu en « chef de l’opposition », a fustigé les « calculs électoraux misérables » et les « combines politiques » qui, selon lui, ont conduit François Hollande à promettre la fermeture de Fessenheim « pour calmer les Verts », c’est-à-dire « pour faire plaisir à un mouvement d’écologie politique qui explose de partout ».

En cas d’alternance en 2017, « Fessenheim ne fermera pas, c’est un engagement que j’ai pris à plusieurs reprises », a martelé l’ancien chef de l’Etat.

Il a répété que la droite abrogerait l’objectif de réduire d’ici à 2025 la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d’électricité. Un tel objectif, inscrit dans la récente loi de transition énergétique, « tout le monde sait bien que c’est impossible, c’est un mensonge! », s’est exclamé M. Sarkozy.

« Cette loi est une honte, la question de son remplacement sera une des questions urgentes de l’alternance », a-t-il poursuivi.

« Fessenheim, c’est 350 millions d’euros par an de bénéfices pour EDF. Utilisons cet argent pour financer les énergies renouvelables », a-t-il proposé.

Nicolas Sarkozy a également raillé les critiques des autorités allemandes contre Fessenheim (située directement à la frontière entre les deux pays). Il a observé que l’Allemagne – qui après la catastrophe de Fukushima en 2011 a choisi de sortir du nucléaire – utilisait des centrales à charbon très polluantes.

« Que (les Allemands) arrêtent avec les particules de charbon qui arrivent jusqu’à Paris, nous au moins on ne pollue pas! », a-t-il dit.

© AFP

2 commentaires

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    • ani

    on voit bien que les lobbies sont avec vous Mr S 🙂 mais c pas grave, si un accident nucleaire arrive le nuage sera dévié vers l’allemagne et la france pourra respirer

    • Hervé

    Bravo Mr Sarkozy au moins des propos réalistes, l’indemnisation de >Mme Royal est une honte et elle mérite la prison tant elle spolie une entreprise. Une centrale nucléaire fait 100 M€ de chiffre d’affaire en 100 jours, a Fesseheim il y en a 2 soit 50 j d’indemnisation. Donc EDF est indemnisé de 7 semaines de production ! alors qu’il faut 10 ans pour la construire

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