Adopte une poule, poubelle à plumes pour les familles

poule

Une poule est capable d'ingurgiter jusqu'à 150 kilos de déchets alimentaires par an © AFP/Archives MUSTAFA OZER

Versailles (AFP) – Elles aideront pour les tâches ménagères: dans le carton percé de trous, deux poules attendent leurs « adoptants », une famille de Versailles qui compte sur elles pour les aider à recycler les déchets organiques et, peut-être, pondre « un oeuf pour le déjeuner ».

Comme une soixantaine d’autres familles en ce dimanche d’avril dans la cour d’une annexe de l’hôtel de ville, les parents et leurs trois enfants viennent récupérer contre dix euros deux poules, chacune capable d’ingurgiter jusqu’à 150 kilos de déchets alimentaires par an. Avec une estimation de 70 kilos de déchets organiques produit par habitant chaque année en France, le calcul est vite fait et a séduit la communauté d’agglomération de Versailles.

Elle organise la distribution de 400 poules au total entre avril et mai. Objectif affiché, 60 tonnes de déchets détournées des poubelles dans cette agglomération qui regroupe 19 communes pour 270.000 habitants.

Démarche écologique pour certains, pédagogie à destination des enfants pour d’autres, sans oublier des œufs frais et bio, les raisons d’adopter des poules ne manquent pas. Elles rencontrent même un franc succès depuis quelques années dans les zones péri-urbaines. Avant Versailles Grand Parc, des dizaines de communes avaient déjà lancé des opérations de ce type dans toute la France.

Face à cet engouement, Journé Ghislain, fondateur de Farmili, une entreprise spécialisé dans la « petite ferme », explique: « les personnes veulent se retrouver avec le vivant, et avec une poule ils peuvent maîtriser ce qu’ils consomment ». Il constate que les « adoptants » sont pour la plupart des familles avec des jeunes enfants ou des grand-parents.

Pendant la distribution, beaucoup de familles ont des questions. Il est là pour les conseiller. Les volatils n’ont pas besoin de grand chose selon lui: un poulailler, avec un endroit calme pour pondre, un perchoir, à boire et à manger.

Et des questions, Eric Briffaut en avait beaucoup avant d’adopter des poules. « Au début je pensais que ça allait être du boulot, et en fait ça me détend », raconte ce jeune père de famille.

Nourrir les compagnons à plumes tous les soirs à la même heure est devenu un rituel au fond du jardin où il a installé un poulailler vert.

« Au début on ne leur donnait que des céréales -leur aliment de base-, puis du pain, elles adorent, et maintenant on donne la collecte du jour des épluchures », explique M. Briffaut accroupi et distribuant des restes de concombre.

Pour ces débutants du poulailler, il a fallu s’habituer, les Briffaut ont appris les aliments à éviter. Le réflexe du tri est devenu quotidien, les restes partant au compostage.

« On n’a quasiment plus de déchet alimentaire dans la poubelle, tout vient ici » confirme sa femme Halima en montrant la boîte en plastique sur le plan de travail de la cuisine où finissent les épluchures et déchets organiques pour les poules. Contrat rempli pour les deux volatils. Ou presque: dix jours après leur arrivée, les œufs se font toujours attendre.

© AFP

5 commentaires

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    • Etre vivant

    Avant de penser à cette bête comme poubelle, pensez que c’est un être vivant ! Ces animaux ont besoin de vivre à plusieurs (et pas en batterie) et en plein air aussi (Elles aiment gratter la terre et se rouler dans la terre). Une fois ces critères fondamentaux respectés, alors oui nous pouvons vivre en symbiose.

      • gbeaune

      Tout à fait d’accord ! C’est sûr qu’il faut trouver des solutions pour réduire nos déchets, surtout alimentaires (peut-être déjà en gaspillant le moins possible), mais une poule n’est pas un composteur. L’engagement est différent, c’est un animal.
      Peut-être faut-il donc penser le projet différemment, sous forme collective entre plusieurs maisons d’un lotissement, ou appartements d’un immeuble, avec affectation d’un espace suffisant pour le bien être de la poule, organisation de l’alimentation et des soins …
      En élevage, il y a un certain nombre d’exigences de bien-être animal. Pourquoi pas dans ce cas ?

      Quand au caractère « bio » des œufs, il faut peut-être prendre en considération ce que l’on donne à manger à la poule. Le cahier des charges de producteurs d’œufs bio est à mettre en parallèle des pratiques de particuliers.

    • Ring

    Ce ne sont pas des poubelles à plumes mais des aides ménagères à plumes
    Dans le premier cas vous en faites un objet dans l’autre elles sont -ce qu’elles sont en réalité – des êtres vivants.
    Ces raccourcis verbaux qui résonnent comme des slogans gardez les pour les choses.

    • Grégoire

    Poubelles à plumes ??? C’est quoi ce terme pour désigner des poules !
    Je suis très déçue par ce manque de respect devant ces animaux !

    Je partage énormément d’informations utiles et indispensables venant de votre part et je pensais avoir à faire à des personnes censées et respectueuses de la vie en général.

    Je suis très fortement déçue et j’avoue que ma confiance en votre sérieux est gravement entaché.

    J’espère que vous saurez rectifier le tir en changeant ce terme car cela risque d’en choquer plus d’un.
    Une poule n’est pas une poubelle mais un animal comme les autres et ils méritent notre respect !

      • GoodPlanet

      Bonjour Grégoire,

      Merci pour votre message. Nous avons repris telle quelle une dépêche AFP sans en modifier le titre. Nous comprenons que celui-ci vous semble inapproprié, mais nous souhaitons malgré tout le conserver, puisqu’il permet d’interpeller le lecteur.

      Bien à vous,

      Chloé Schlosser

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