Néonicotinoïdes interdits: Bayer promet une « impasse agronomique et économique »

Néonicotinoïdes

Le déclin des pollinisateurs comme les abeilles menace une partie de la production agricole mondiale © DPA/AFP/Archives STEPHANIE PILICK

Paris (AFP) – Le géant de la chimie, le groupe Bayer, promet vendredi une « impasse agronomique et économique » pour l’agriculture française après le vote des députés en faveur d’une interdiction prochaine des insecticides néonicotinoïdes, jugés néfastes aux abeilles.

« L’interdiction des produits de la famille des néonicotinoïdes résonne pour nous comme un très décevant manque de vision long terme dans un contexte de crise agricole », indique le président de Bayer France Frank Garnier, cité dans un communiqué du groupe.

Selon lui « aucun nouvel élément scientifique ne démontre que la suppression de ces produits apporterait des réponses efficaces aux causes du dépérissement des abeilles ».

M. Garnier dénonce « une mesure de court-terme qui prétend résoudre une question complexe et des enjeux à long-terme »: « Au-delà de nos produits, il s’agit une fois encore d’une véritable atteinte à la compétitivité des agriculteurs français à qui nous supprimons petit à petit leurs outils de production alors que leurs voisins européens continuent très largement à les utiliser », affirme-t-il.

Bayer explique que certains agriculteurs risquent de « se retrouver dans de véritables impasses pour protéger leurs cultures »: il cite le cas de « certaines productions arboricoles comme les noisettes, mais aussi pour certains usages en maïs, céréales et en betterave » qui pourraient selon lui « voir leur récolte chuter de 15 à 40% en fonction des cultures, à la suite du retour de certaines maladies comme la jaunisse virale ou de ravageurs comme les pucerons ».

L’Assemblée nationale a voté jeudi soir, après deux heures de débat intense, l’interdiction, sans dérogation, des néonicotinoïdes au 1er septembre 2018. Cependant, le texte repartira au Sénat avant de revenir à l’Assemblée.

À l’initiative de la France, l’Union européenne a restreint certains usages des néonicotinoïdes en 2013, mais ils sont encore très largement utilisés.

Dans une démarche inhabituelle, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll avait adressé aux députés une lettre pour les appeler à ne pas adopter des « interdictions brutales » au seul niveau français, afin d’éviter les « distorsions » de concurrence avec les autres agriculteurs européens.

© AFP

 

10 commentaires

Ecrire un commentaire

    • Robert BIGEAT

    L’entreprise génocidaire Bayer; dépitée de voir son projet d’extermination des abeilles d’abord et de toute vie sur Terre ensuite, mis à mal, au lieu de faire, ainsi qu’il conviendrait, amende honorable et de reconnaître ses torts immenses et qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée infernale des théories d’extermination en vigueur en Allemagne il y a 80 ans encore, se permet de lancer de sombres menaces apocalyptiques, vaguement prophétiques, pour défendre ses produits hautement criminels et dont l’impact forcément négatif sur l’espèce humaine, puisqu’il s’agit de perturbateurs endocriniens, n’a jamais fait de sa part l’objet de la moindre recherche. Honte à Bayer !

    • Mona

    Attendons avant de crier victoire…
    Passage au sénat.
    Notons également que ces produits sont encore « largement utilisés » en Europe depuis 2013… curieuse mise en place des décisions prises…!!
    Mr Lefoll, qu’attendez-vous ….?
    Que nos enfants et petits-enfants meurent de cancers. Comme nos agriculteurs…?
    Vous aussi, avez une famille… Un peu de bon sens civique, svp….!!! Montrez que vous respectez les Français…!!

    • J.Allier

    Le monde s’est passé de ces « cochonneries » durant des millénaires et notre sauveur BAYER nous prédit la catastrophe !

    • salviat

    … après l’été 2018 ? comme ça, ils auront le temps d’écouler leurs stocks et de concocter un produit légèrement différent et tout aussi nocif…

  • […] Néonicotinoïdes interdits: Bayer promet une « impasse agronomique et économique &… […]

    • chaumien

    La nature est suffisamment riche en produits efficaces, sans avoir à utiliser des produits chimiques
    dangereux et nocifs pour toutes natures ,maist seulement pour satisfaire ces boulimiques de l’argent!

    • Francis

    D’après mon expérience personnelle,le maïs n’a pas besoin d’insecticide sur sa semence quand on ne laboure pas et quand les résidus de la culture précédente ont été bien humifiés. Concernant les orges et escourgeon,la première précaution à prendre pour cultiver sans gaucho est d’attendre 5 ans pour revenir sur la même parcelle avec ces cultures et en cas d’attaque de pucerons,une pulvérisation de pyréthrinoïde suffit. Les députés ont bien fait.

  • […] bémol cependant sur la date d’effet : septembre 2018. Espérons que les lobbies des industriels mécontents ne trouvent pas d’ici là un moyen de détricoter l’interdiction ou de passer […]

    • lucien

    c’est vrai que se pose le problème de substitution car l’impact neurotoxique des insecticides néonicotinoïdes est plus modéré chez les mammifères, par rapport aux organophosphorés et aux carbamates. Mais leur absence de sélectivité est nuisible aux insectes pollinisateurs, dont les abeilles mellifères …
    source : La prévention des risques des insecticides : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=517

    • Mona

    Allons prendre des cours dans les pays africains….. ils ont vite compris que ce système les ruinerait davantage et à tous niveaux (leurs terres, leurs portefeuilles et leur santé). …..!! Ils ont des plantes qui attirent les insectes ravageurs et produisent une substance collante, en bordure des cultures….
    À nous d’aller nous instruire dans leurs lycées… Quand nous les instruisions dans les nôtres, nous leur donnions de mauvaises formations…. Les temps ont changé.
    …. À méditer.

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

Lire l'article