Honda lance sa voiture à hydrogène au Japon, avant l’Europe et les Etats-Unis

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Le PDG de Honda, Takahiro Hachigo, pose près de la voiture à hydrogène Clarity Fuel Cell, le 10 mars 2016 à Tokyo © AFP KAZUHIRO NOGI

Tokyo (AFP) – Le constructeur d’automobiles nippon Honda a lancé jeudi au Japon sa voiture à hydrogène, la Clarity Fuel Cell, avant l’Europe et les Etats-Unis d’ici à la fin de l’année, misant comme son compatriote Toyota sur cette technologie écologique mais encore très coûteuse.

Ce véhicule à pile à combustible, qui ne rejette que de la vapeur d’eau à l’usage, se veut plus spacieux (cinq places) et doté d’une plus grande autonomie (environ 750 kilomètres) que la Mirai du numéro un mondial, a mis en avant Honda dans un communiqué.

Avec un plein qui se fait en seulement trois minutes, la Clarity Fuel Cell « est aussi facile à utiliser qu’une voiture à essence », a assuré le groupe, contrairement aux voitures électriques qui disposent d’une autonomie réduite pour un temps de ravitaillement de plusieurs heures.

Cependant, la production, délicate, reste limitée, le prix très élevé (7,6 millions de yens, soit un peu plus de 61.000 euros) et les stations d’hydrogène peu nombreuses.

Honda va donc dans un premier temps se concentrer sur la vente, sous forme de leasing, à des administrations publiques et entreprises, avec un objectif d’environ 200 unités la première année.

Il espère cependant abaisser fortement le prix d’ici à 2025, pour proposer sa berline à hydrogène au même tarif que les hybrides (motorisation double à essence et électricité), grâce à son partenariat technologique avec l’américain General Motors (GM), selon des propos du PDG de Honda, Takahiro Hachigo, rapportés par l’agence Bloomberg.

Le constructeur, qui fait des recherches sur le sujet depuis la fin des années 1980, avait déjà lancé en 2002 une voiture de ce type, la FCX, puis la FCX Clarity en 2008, mais à très petite échelle.

Egalement en pointe, Toyota commercialise la Mirai depuis fin 2014. Il en a livré pour l’heure plusieurs centaines d’exemplaires dans le monde, principalement au Japon, mais les commandes sont de l’ordre de quelques milliers et l’attente est longue pour les automobilistes intéressés.

Dans ce domaine de l’hydrogène, l’Archipel, en quête d’indépendance énergétique depuis l’accident nucléaire de Fukushima il y a cinq ans, a pris une longueur d’avance sur l’Allemagne ou la Californie. Le Premier ministre Shinzo Abe vise un marché de 1.000 milliards de yens (8 milliards d’euros) par an pour la filière d’ici à 2030.

Parmi les constructeurs étrangers, le sud-coréen Hyundai Motor propose également des véhicules roulant à l’hydrogène, tandis que d’autres, comme BMW ou Daimler, ont annoncé des véhicules de série à terme, sans détails concrets toutefois pour l’instant.

© AFP

 

2 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Je ne suis nullement convaincu par cette technologie de l’hydrogène sur les véhicules routiers car elle restera toujours, selon moi, plus onéreuse, sinon même dangereuse, à mettre en oeuvre que la technologie électrique avec accumulateurs. L’arrivée, déjà annoncée, des accumulateurs sodium-ions, bien moins onéreux que les lithium-ions, et de technologie voisine, mettra tout le monde d’accord d’ici quelques années.

      • Simbob

      Effectivement, les technologies accumulateurs sont très séduisantes (nouveaux couples chimiques/électrodes nano poreuses, graphène, supers condensateurs et tutti quanti) .
      L’hydrogène/oxygène est effectivement très explosif, mais le pétrole et ses dérivés sont quand même hautement inflammables et de plus très polluants/salissant ; ils sont pourtant répandus sur l’intégralité de la planète et même dans des endroits improbables, avec les incidents presque routiniers.
      Ceci dit, si la solution à terme, pouvait provenir de la technologie de fusion/fusion froide (par exemple nickel/cuivre), ce serait la panacée.