Hollande recule sur Notre-Dame-des-Landes pour séduire les écologistes

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Le président François Hollande, à l'Elysée, pendant un entretien avec TF1 et France 2, le 11 février 2016 © POOL/AFP STEPHANE DE SAKUTIN

Paris (AFP) – François Hollande veut tenter de mettre fin au blocage interminable sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec l’arme risquée du référendum local, qui lui permet aussi d’obtenir l’entrée au gouvernement d’Emmanuelle Cosse, jusqu’ici patronne d’Europe Ecologie-Les Verts.

« A un moment il faut prendre une décision, nous savons que des travaux doivent commencer au mois d’octobre, et bien d’ici le mois d’octobre je demande au gouvernement (…) d’organiser un référendum local pour que l’on sache exactement ce que veut la population », a déclaré jeudi soir le chef de l’Etat.

« Si c’est oui et que la population veut cet aéroport, alors tout le monde devra accepter cette décision. Si c’est non, vous savez que c’est un projet porté par l’Etat, l’Etat en tirera les conséquences », a-t-il expliqué.

M. Hollande a contesté tout « marchandage », mais le résultat est que le retour au gouvernement d’une écologiste se solde par un recul sur ce dossier enkysté depuis plus de vingt ans.

Le projet de Notre-Dame-des-Landes, qui date des années 60 mais a été relancé à la fin des années 90, aura empoisonné le quinquennat de François Hollande. L’accord passé entre le parti socialiste et EELV en vue des législatives de 2012 incluait déjà un constat de désaccord sur la construction de l’aéroport.

L’arrivée à Matignon de Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et farouche défenseur du projet, au nom du bruit, de la sécurité et du développement économique que ne permet pas l’actuel aéroport situé dans l’agglomération, avait remis la question sur la table.

M. Hollande a d’ailleurs souligné que son ancien Premier ministre appartenait à nouveau au gouvernement au poste prestigieux de ministre des Affaires étrangères. « Vous savez combien il est attaché à cet aéroport », a-t-il rappelé, laissant entendre que tant M. Ayrault que Mme Cosse, opposante acharnée du projet, seraient désormais tenus par le résultat de la consultation.

« J’ai toujours défendu le principe d’un référendum donc c’est une bonne nouvelle », a déclaré à l’AFP Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Atlantique. Mais, a-t-il nuancé, « il y a des conditions: il faut se donner les moyens de trouver une règle du jeu commune entre les pour et les contre ». Il a cité les questions du calendrier de ce référendum, de son périmètre et de la finalisation des études en cours pour que les électeurs soient parfaitement informés.

« C’est plus piégeux qu’autre chose », a réagi Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement, première fédération environnementale de France (3.000 assos), qui n’est « pas favorable » à un référendum local selon lui « source de manipulations ».

Conseillère régionale des Pays-de-la-Loire, Sophie Bringuy (EELV) a regretté que le président n’ait pas franchi le pas d’un « abandon » pur et simple. Pour le referendum, il faudra organiser « un débat public », « une remise à plat de toutes les informations sur ce dossier », ainsi qu' »une étude sérieuse, indépendante sur l’optimisation de (l’aéroport actuel de) Nantes-Atlantique », a-t-elle expliqué à l’AFP.

« Il est évident que ce référendum est le prix d’un marchandage pour l’entrée des écologistes au gouvernement », a commenté le président de la région Bruno Retailleau (LR), pour qui le président « refuse de décider ».

Alors que plus personne ne s’y attendait, le gouvernement avait annoncé début février « l’engagement effectif des travaux » de construction de l’aéroport. Mais la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal s’était montrée beaucoup moins affirmative. Opposée au maintien de ce projet, elle a commandé un rapport pour évaluer les projets « alternatifs ou complémentaires » à l’aéroport.

Le site est occupé depuis 2009 par des militants anticapitalistes qui se relaient sur cette zone d’aménagement différé (ZAD) rebaptisée « zone à défendre ». Ils entendent protéger un environnement qu’ils jugent fragiles et permettre à des agriculteurs installés sur le site de poursuivre leurs activités. Le 25 janvier, une décision de justice a ordonné l’expulsion des derniers habitants historiques des lieux, y compris les agriculteurs.

Les travaux n’ont jamais repris depuis 2012, soit un retard de déjà quatre ans pour un projet qui aurait dû être achevé en 2017.

© AFP

5 commentaires

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    • dan

    Je ne me suis jamais laissé aller àla bassesse d’insulter qu’un, mais pour ce gouvernenment de plouc je finirai par m’y mettre.
    On rejette les responsabilités sur le peuple qui aura choisi, donc rien ne sera de sa faute. …
    quant à la fusion des région qui concerne bien plus de français, qui est bien plus près de la vie locale des citoyens, alors qu’en alsace, plus de 9% des électeurs se sont prononcés officièlement pour un référendum, c’est NIET.
    Hollande est un sale type, Le nouveau chef d’un national-socialisme à la française, la honte de tous les présidents depuis l’existence de la république. . dsl pour ma grossièreté.
    Un citoyen dégouté.

  • Un référendum local ne constitue pas une réponse satisfaisante, car le problème est tout autant global que local.
    Tout nouvel aéroport favorise la croissance du trafic aérien, avec son effet néfaste sur le climat mondial. L’aéronautique contribue actuellement à 5% de l’augmentation de l’effet de serre dû aux activités humaines. En 2050, ce pourcentage pourrait dépasser 20% , un chiffre totalement disproportionné au vu de la place de l’aéronautique dans l’économie mondiale.
    Les Etats ont été incapables jusqu’à présent de taxer le combustible de l’aviation, ce qui eût constitué une option efficace pour freiner un peu cette croissance des émissions. Il semblerait que la seule option qui demeure possible serait de limiter l’occupation de l’espace aérien et les possibilités atterrissage et de décollage, au lieu de dépenser de l’argent public à tour de bras pour faciliter le trafic aérien.
    De ce point de vue aussi, le projet de Notre Dame des Landes devrait être abandonné sans hésiter.

      • Inserm

      TELEWITZ…
      Contrairement à ce que vous affirmez , un nouvel aéroport ne favorise pas la croissance du trafic aérien; ce sont les clients et la zone de chalandise qui détermine la croissance ; en l’ occurence , entre NDDL et l ‘ actuel aéroport , rien ne changera ; NDDL ne pourra pas recevoir les gros porteurs et emploiera beaucoup moins de personnel -c’ est un « low-cost » tres automatisé .
      L’ aéroport de Lyon vient de fermer sa ligne Lyon -New-York et L’ Agglo de Lyon , c’ est autre chose que celle de Nantes .!

      Quant à l’ idée d’ un référendum , c’ est une fausse bonne idée ; on ne gouverne pas par référendum , mais en alignant les chiffres et les idées ; précisément , la DGAC doit pour le moins des explications sur les chiffres qui ont déterminé l ‘ Enquète Publique et qui s’ avére étre des faux .
      Aujourd hui, si on faisait un référendum sur la Peine de Mort, j’ aurais peur du résultat …

    • Jenr

    Merci Monsieur Hollande de contribuer à un air sain , sans concession pour les lobbies , car la qualité de l’air de l’eau, de notre santé sont primordiales.
    Merci

    • mona

    Je lis…. Nous savons que les travaux doivent commencer le…….
    Mais il faudra attendre l’avis des contribuables et des personnes touchées par cette catastrophe écologique… Une de plus.!!
    Le sommet sur les conséquences des pollutions qui nous a coûté une fortune n’a donc servi à rien…. sauf peut-être à réunir les décideurs de grands projets polluants…!!
    Révoltons-nous…. l’indignation ne suffit plus.

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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