Premier obstacle franchi et vent d’optimisme à la conférence sur le climat

COP21

Laurent Fabius et Christiana Figueres au Bourget le 5 décembre 2015 © AFP ERIC FEFERBERG

Le Bourget (France) (AFP) – La conférence de Paris sur le climat a franchi samedi une étape clé, avec l’adoption d’une ébauche d’accord mondial pour lutter contre le réchauffement de la planète, suscitant un vent d’optimisme même si l’essentiel reste à faire sur de nombreux points litigieux.

Les ministres de 195 pays réunis au Bourget, près de Paris, plancheront à partir de lundi sur ce texte de 48 pages et devront trancher sur le fond, pour aboutir à l’adoption d’un pacte universel d’ici au 11 décembre, date à laquelle la COP21 est censée se terminer.

« Si je devais résumer, je dirais il y a un progrès qui reste à approfondir et à concrétiser d’ici vendredi », a déclaré le président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, devant des parlementaires du monde entier réunis à l’Assemblée nationale.

« Nous disposons d’une nouvelle base de négociations acceptée par tous (…) Il s’agit d’écrire la suite », a déclaré pour sa part la négociatrice française Laurence Tubiana, devant les délégations réunies au Bourget (nord de Paris).

Pour le délégué chinois Su Wei, les négociateurs ont réuni « tous les ingrédients et les assaisonnements pour réaliser une recette ». La semaine prochaine, « ce sera le passage en cuisine », a-t-il ajouté, évoquant le travail des ministres.

Le groupe des G77 + Chine, qui regroupe 134 pays en développement et émergents et joue un rôle clé dans les négociations, s’est dit « prêt à négocier aussi loin que possible sur la base de ce texte ». « Comme disait Nelson Mandela, ça a toujours l’air impossible jusqu’à ce que ce soit fait », a commenté la présidente de ce groupe, l’ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko.

Délégués et ONG ont cependant rappelé l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir en cinq jours.

« Ce sera un véritable sprint pour les ministres » s’ils veulent aboutir à « un accord solide d’ici à vendredi », a résumé Tasneem Essop, du WWF.

Aucun sujet clé n’est tranché sur le fond par le nouveau texte qui laisse encore ouvertes de nombreuses options, par exemple sur l’objectif à long terme de limitation du réchauffement de la planète – 1,5 degré, comme réclamé par les petits Etats insulaires, ou 2 degrés.

Le financement de l’aide climatique aux pays du Sud et la répartition des efforts pour lutter contre le changement climatique entre pays développés, émergents et en développement, sont les points d’achoppement les plus durs.

La quasi-totalité des pays présents à la COP21 ont présenté les mesures qu’ils entendent prendre contre le changement climatique. Or, même à un rythme moins soutenu, les émissions de gaz à effet de serre vont continuer de progresser, plaçant le monde sur une trajectoire d’un réchauffement de +3°C par rapport à l’ère pré-industrielle, quand l’objectif est de le limiter à 2°C.

Au-delà, les scientifiques promettent des impacts irréversibles: sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des côtes….

Un des objectifs de l’accord de Paris est donc de bâtir un mécanisme de révision de ces engagements –très probablement tout les cinq ans– pour bloquer la hausse du mercure au niveau souhaité.

« La science nous dit que nous avons seulement une petite fenêtre d’action », a averti samedi la responsable climat de l’ONU, Christiana Figueres.

D’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Humanité ne peut plus émettre que 1.000 gigatonnes de CO2 pour rester à +2°C: c’est son « budget carbone ». Avec les engagements actuels des pays, 72 à 75% de ce « budget » auront été consommés en 2030.

« Le temps des illusions a cédé la place au temps de l’action », a estimé l’acteur américain Sean Penn, qui participait samedi à un événement en marge de la conférence, la Journée de l’Action.

Cette Journée, qui réunissait plusieurs dizaines de personnalités du monde entier mobilisées dans la lutte contre le changement climatique, doit être clôturée par le président François Hollande. Il s’entretiendra auparavant avec l’ancien vice-président américain Al Gore, co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2007 avec le GIEC, les scientifiques qui ont alerté depuis plusieurs années sur le climat.

© AFP

7 commentaires

Ecrire un commentaire

    • Elashri

    la cop21 est tout simplement une piqûre de rappel et elle s’annonce dificille comme l’a si bien dit Mr Su we que tout les ingrédients sont là pour la recette il reste à passer en cuisine et c’est là toute la difficulté toute recette n’est pas réussie dans la plus belle cuisine.
    Reste à espérer un concensus entre les différents états.sinon l’incendie a déjà commencé dans notre fragile planète.

  • Il suffit de changer notre modèle économique afin de supprimer la combustion et l’effet joule pour le chauffage de l’habitat.
    Et cela est techniquement possible grâce á l’enthalpie de la matière

    • Petitalot

    Je crois guère à tout ce blabla, de cet éléphant médiatique il ne sortira, au-mieux, qu’une souris. Ce que tout un chacun peut faire, c’est consommer moins, consommer mieux, consommer utile. L’achat à tout va n’est pas la solution pour être bien, pour être heureux comme vous le suggère la publicité et les multinationales.

    • jipebe29

    L’ébauche du début du commencement d’un accord aussi hypothétique qu’improbable a été signé. C’est magnifique, d’autant qu’il n’y a plus de réchauffement global depuis 19 ans…que les modèles numériques continuent à se planter lamentablement, ce qui confirme qu’ils sont faux, tout comme les thèses hypothétiques du GIEC, qui en sont le socle… Mais quand la politique et l’idéologie se mêlent de science, c’est du grand n’importe quoi…

    • jipebe29

    Le GIEC demande une réduction drastique des émissions du CO2, ce qui ne pourrait se faire qu’en limitant les centrales thermiques et les déplacements de personnes et de biens, ce qui aurait des effets cataclysmiques sur les citoyens et les entreprises. Et penser (GIEC/IPCC, rapport SRREN) que des EnR intermittentes, onéreuses et aux faibles facteurs de charges pourront satisfaire l’accroissement de la demande mondiale, c’est une utopie. Du reste, l’AIE, qui dispose de solides compétences sur l’énergie (ingénieurs, statisticiens, analystes, …) prévoit pour 2040, pour l’énergie, au minimum, une augmentation de plus d’un tiers de la consommation de charbon et un doublement de celle de gaz. Au niveau mondial, au milieu de ce siècle, les EnR intermittentes ne pèseront que 5 à 6%. D’un côté, nous avons des demandes idéologiques et irréalistes d’un organisme politique, le GIEC, et de l’autre des prévisions sérieuses, solides, de l’AIE, organisme professionnel dans le domaine de l’énergie, qui connaît les évolutions de la demande et les projets de centrales thermiques. Les pays pauvres et en développement ne pourront jamais accepter les demandes du GIEC et ils investiront dans les centrales thermiques, notamment des centrales à charbon de dernière génération, qui dégagent très peu de microparticules, d’oxydes de soufre et d’azote, pour sortir de la pauvreté et se développer. Donc la COP21 sera un FLOP21, et c’est tant mieux pour tous les citoyens du monde.

    • jipebe29

    Chaque fois qu’une « science » est devenue officielle, il a été prouvé par la suite qu’elle était fausse. La « science du GIEC », qui est une science intergouvernementale (IPCC-Intergovernmental Panel on Climate Change), donc officielle, est par conséquent fausse. Elle est à la source du climatisme, qui est une idéologie, et, comme toute idéologie, elle est très dangereuse, d’autant plus qu’elle se situe au niveau mondial, et a infiltré toutes les strates de nos sociétés.

    • jipebe29

    Selon l’OMS, chaque année, plus de 4 millions de personnes, qui n’ont ni gaz ni électricité, meurent victimes des fumées des foyers domestiques. La priorité est donc d’offrir à ces populations une électricité fiable et bon marché, produite par des centrales à charbon de dernière génération, qui dégagent très peu de microparticules, d’oxydes de soufre et d’azote. Vouloir leur imposer des EnR intermittentes et onéreuses, brider de facto leur développement et laisser perdurer ce drame sanitaire intolérable, cela ne sera jamais accepté.

Incendies en Californie : une quatrième victime, les domaines viticoles durement touchés

Lire l'article

France Nature Environnement du Conseil Paritaire de la Publicité : « nous avons été déçus par la faible portée de nos revendications à l’encontre des entreprises »

Lire l'article