Le Japon reprend la chasse à la baleine dans l’Antarctique, bravant le tollé international

chasse à la baleine

Une baleine sur le pont d'un bateau japonais de recherches, le 18 novembre 2014 dans l'Antarctique © FILES/AFP/Archives Institute of Cetacean Research

Tokyo (AFP) – Le Japon va envoyer mardi des baleiniers « de recherche » dans l’Antarctique après un an de suspension, bravant l’interdiction de l’ONU qui avait estimé en 2014 que de telles activités cachaient une chasse commerciale.

« Les baleiniers de recherche partiront pour cette nouvelle mission de recherche dans l’Antarctique le 1er décembre 2015 », a indiqué l’Agence japonaise de la pêche dans un communiqué publié sur son site internet.

La mission, qui s’étendra de fin décembre à début mars, comprendra un « bateau-mère » et trois autres navires pour des équipages de 160 personnes au total.

L’archipel avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 de prises de cétacés après une décision en mars 2014 de la Cour internationale de justice (CIJ). Saisie par l’Australie, la CIJ avait jugé que le Japon détournait à des fins commerciales une activité présentée comme étant destinée à la recherche scientifique animale.

Depuis, le Japon a présenté un nouveau plan à la Commission baleinière internationale (CBI) qui prévoit de capturer 3.996 petits rorquals (ou baleines de Minke) en Antarctique dans les 12 prochaines années, soit 333 par saison contre environ 900 dans le cadre du précédent programme condamné.

Ce niveau de capture est jugé « nécessaire » par Tokyo pour collecter des informations sur l’âge de la population baleinière, données dont le Japon dit avoir besoin afin de définir un plafond de captures permettant de ne pas menacer la survie de l’espèce.

« Nous avons présenté notre dernier plan qui prend en compte les recommandations formulées dans le rapport du comité scientifique (de la CBI) de juin, et nous pensons que toutes les procédures nécessaires ont été effectuées », a expliqué à l’AFP un responsable de l’Agence japonaise des pêches.

« Nous n’acceptons en aucune manière le concept de tuer des baleines à des fins prétendument scientifiques », avait déclaré le ministre de l’Environnement australien Greg Hunt dans un commentaire publié avant l’annonce officielle.

Le Japon chasse les baleines en divers lieux en exploitant une faille dans le moratoire mondial de 1986 qui tolère la recherche létale sur les mammifères. Mais Tokyo n’a jamais fait un secret du fait que la viande de l’animal marin finissait souvent dans les assiettes.

La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, pays de pêcheurs où le cétacé a été chassé pendant des siècles mais où l’industrie baleinière n’a connu son essor qu’après la Seconde guerre mondiale, pour nourrir un pays affamé.

Ces dernières années, les amateurs de viande de baleine se sont cependant faits plus rares.

Comme dans le cas de la controversée chasse aux dauphins qui se pratique chaque année dans le port de Taiji (sud-ouest). Les professionnels du secteur arguent que cette pratique fait partie de traditions ancestrales, mais les organisations de défense des animaux n’ont de cesse de dénoncer une activité cruelle.

L’association écologiste Sea Shepherd a d’ores et déjà annoncé que son bateau, le Steve Irwin, qui est amarré à Melbourne, prendrait la mer dans la semaine pour empêcher « toute activité illégale », même s’il lui faudra auparavant localiser la mission japonaise dans le vaste océan.

« J’espérais vraiment que la décision de la Cour internationale de justice offrirait une porte de sortie honorable au Japon », a réagi son directeur Jeff Hansen, fustigeant « une décision très décevante ». « Les eaux vierges de l’Océan austral devraient être ce à quoi elles sont destinées, un sanctuaire pour les baleines ».

Le Japon avait tué 251 petits rorquals dans l’Antarctique durant la saison 2013-2014 et 103 l’année précédente, bien en-deçà de son objectif en raison du harcèlement de Sea Shepherd.

Tokyo continue parallèlement de chasser les baleines « au nom de la science » dans le Pacifique Nord-Ouest, de même que dans ses eaux territoriales, qui n’entrent pas dans le cadre visé par la décision de la CIJ.

© AFP

6 commentaires

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    • Paul Sven

    Je ne parviens pas à comprendre cette décision du Japon qui se met ainsi la planète à dos pour l’unique plaisir de tuer 333 baleines par an. Quel est l’Intérêt véritable ? Il y a là quelque chose qui m’échappe, d’autant plus qu’au strict point de vue commercial cela doit coûter plus cher au Japon que ce que ça peut lui rapporter ; il n’y a qu’à penser à tous ceux qui à cause de cette décision choisiront la Xbox plutôt que la Playstation, ou qui décideront de ne pas acheter une auto japonaise la prochaine fois. C’est un total mystère. Japonais, faut-il vous expliquer que nous sommes trop nombreux sur cette planète pour poursuivre des pratiques culturelles qui, si elles ont déjà eu leur raison d’être, ne peuvent plus aujourd’hui être considérées autrement que comme nuisibles et même barbares. Nous sommes trop nombreux pour tolérer des pratiques commerciales qui s’appuient sur l’exploitation de la faune sauvage. Me voici à nouveau contraint de faire un don à Sea Shepherd, j’ai l’impression que le Japon vient chercher l’argent directement dans ma poche et ça ne me met pas de bonne humeur ; que le sang de la première baleine qui sera harponnée retombe sur l’économie de Nippon Suisan Kaisha Ltd !

    • marie

    ENFIN , on reconnaît le dévouement de SEA SHEPERD ! Depuis des années , ces militants défendent les océans et empêchent les tueries .

    • Paul Sven

    Pour celles et ceux qui dressent des listes noires sur un calepin ou sur leur téléphone, il est à noter qu’en Europe, Nordic Seafood, J.P. Klausen & Co, Europacifico et Cité Marine sont des filiales de Nippon Suisan Kaisha Ltd, qui pratique la chasse à la baleine.

  • Bonjour,
    Je me sens comme un messager de la nature et je me dois de vous parler de ceci:
    J’ai pu observer en Côte d’Ivoire L’arrivée des bateaux long liner des Japonais.
    Ce pays si Poissonneux, À été littéralement pillé par des bateaux qui « aspirait « les poissons sans sélection de race dauphins etc etc… Ces bateau rejettent derrière eux des poissons de 15 cm qui ne « faisait pas la taille » en permanence. Des tonnes de ces poissons morts faisait des marées à la surface de l’eau, pendant que tout un peuple souffrent de la famine sur les côtes…
    Le programme pour piller les ressources et d’actualitée : l’ambassadeur du japon viens approfondir ses connaissances du port de san Pedro (cote d’ivoire) lien: http://www.sanpedro-portci.com/site/actualités/l-ambassadeur-du-japon-en-cote-d-ivoire-sem-inoue-susumu-au-directeur-general-lamizana Et cela continue…

  • Bonjour à tous : je ne supporte plus tous ces prédateurs surtout le japon avec  » ses pseudos traditions  » cruelles . , qui puissent faire autant de massacre , en toute immunité .
    Faudrait que les consommateurs , n’achètent plus aucun produit japonais

    • Bisousnours

    …….. Mais, il y a aussi des Japonais qui s’opposent à la discrimination des victimes, humaines et non humaines de Fukushima. Nous avons été endoctrinnés par les promoteurs du génie de l’Homme. Dans la constante apologie de « notre complexité », notre noirceur ensevellie sous la sensiblerie de la grandeur tous azimuts. Les prédicateurs du mensonge. Effacer le souvenir des efforts « participatifs » aux génocides et exterminations dont celui, inégalé, de La Shoah qu’il fallait taire, encore aujourd’hui. Nous étions vingt, et sommes vingt et un siècles, de « civilisation » plus tard. Alors, s’émouvoir du sort des nonhumains est un non-sujet. Leur souffrance est aujourd’hui filmée et photographiée. Insoutenable. Dans une indifférence généralisée, celle que nous sommes prompts à exclusivement attribuer aux animaux , nous continuons à « regarder ailleurs » . Ne pas voir ces compagnons de route de l’humanité que nous multiplions à l’infini, dans la souffrance, et que nous privons de liberté pendant un cycle de vie amputée avant la mise à mort dont nous nous nourissons dans l’excès. Une minorité d’âmes compatissantes s’efforce de sauver et de maintenir en vie ces autres victimes encombrantes de Fukushima. Sans valeur commerciale, irradiées mais sentientes. Naoto Matsumura, lisez « Le dernier homme de Fukushima », est loin d’être un militant de la cause animale. Il a croisé quelques regards désespérés et a décidé de rester . Le combat de ces personnes se situe bien au delà de tout commerce de sensibleries de la très juteuse filière des animaux domestiques, un épais rideau de fumée.

    Nous devons distinguer la compassion furtive et de circonstance de celle qui est innée, irrépressible et durable. Ell n’est pas courante. Serions-nous donc bien plus proches de ces nonhumains que nous avons infériorisés pour n’avoir ni âme ni conscience, dépourvus de parole et d’écriture (pour exprimer quoi en absence de pensée?) . La dûre vie humaine, celle de garder la tête hors de l’eau, ne pas trop s’attarder en pensées pour ne pas sombrer pendant que ceux qui se disent « supérieurs » organisent la sélection naturelle humaine. Comme ces animaux dont aujourd’hui nous découvrons des siècles de contre vérités. Pas si éloignés des nôtres, excepté que aucun phénomène d’extermination n’aurait été observé jusqu’ici dans le règne animal. Faute de ne pouvoir « penser » ? Quand descendrons-nous du piédestal ?

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