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Pour l’ONU, la coulée de boue au Brésil est hautement toxique

coulée de boue

Un oiseau touché par une coulée de boue le 9 novembre 2015 à Paracatu de Baixo, au Brésil © AFP/Archives Douglas Magno

Sao Paulo (AFP) – La coulée de boue et de déchets miniers qui a submergé début novembre un village dans le sud-est du Brésil, faisant 13 morts, était toxique, ont affirmé des experts de l’ONU, contrairement à ce qu’assurait la société Samarco, propriétaire du barrage ayant rompu.

« De nouvelles preuves montrent que la rupture du barrage minier de la compagnie Samarco, détenue à parts égales par l’entreprise brésilienne Vale et l’anglo-australienne BHP Billiton, ayant déversé 50 millions de tonnes de résidus miniers, contient un niveau élevé de métaux lourds toxiques ainsi que d’autres produits chimiques toxiques », a assuré mercredi dans un communiqué le Haut commissaire aux droits de l’Homme à l’ONU.

Un jour après la rupture du barrage, le 5 novembre, entraînant une coulée de boue qui a fait 13 morts et 11 disparus, la société avait assuré que la boue était principalement composée de sable issu de l’extraction de fer, et ne contenait « aucun élément chimique dangereux pour la santé ».

« Il n’est pas acceptable qu’il ait fallu attendre trois semaines pour que les informations sur les risques toxiques de cette catastrophe apparaissent au grand jour », ont estimé les experts de l’ONU.

« Les analyses réalisées montrent que la boue ne présente aucun danger pour la santé, et ne contient pas de substances contaminantes pour l’eau, même en cas d’exposition à la pluie », a réaffirmé jeudi dans un communiqué l’entreprise Samarco.

L’entreprise a assuré que bien que la boue provienne du processus d’extraction du fer, « composée d’eau, de particules d’oxyde de fer et de quartz », elle n’est pas toxique.

Dans un communiqué séparé, la société BHP Billiton a assuré que la concentration de métaux dans l’eau analysée par les autorités brésiliennes après la catastrophe ne diffère pas de manière significative d’analyses réalisées en 2010.

La boue visqueuse de résidus miniers mélangés à de la graisse et différentes huiles avait ensuite entamé une descente du fleuve Doce, l’un des principaux du pays, jusqu’au week-end dernier lorsqu’elle a commencé à se déverser dans l’océan Atlantique, après 650 kilomètres parcourus.

L’ampleur de cette catastrophe environnementale équivaut au déversement de 20.000 piscines olympiques remplies de résidus toxiques, entraînant ainsi une pollution du sol, des rivières et du système de distribution d’eau sur 850 kilomètres, selon les spécialistes internationaux.

Le fleuve « est maintenant considéré comme mort par les scientifiques, et la boue toxique continue lentement son chemin en direction du Parc National Marinho de Abrolhos, où il menace une végétation protégée », s’alarme l’un des auteurs du rapport.

Il s’agit de la « plus grande catastrophe environnementale de l’histoire du Brésil », qui a tué des milliers d’animaux et laissé 280.000 personnes sans eau, affirmait il y a quelques jours Izabella Teixeira, ministre de l’Environnement du Brésil.

Samarco s’est engagé à payer au moins 260 millions de dollars pour réparer les dommages, alors que les autorités brésiliennes ont lui déjà infligé une amende de 175 millions de dollars.

 

© AFP

Un commentaire

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    • mona

    Et combien pour les vies saccagées…?
    Quelle vie pour tous ces gens, maintenant..?
    Honte à ces Sociétés condamnables au plus haut niveau.