Un rapport démonte le rôle du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique

nucléaire

La centrale nucléaire de Nogent-sur-Marne, près de Paris, le 5 décembre 2011 © AFP/Archives Francois Nascimbeni

Paris (AFP) – Le nucléaire n’est pas la solution miracle pour lutter contre le changement climatique, soutient un rapport présenté mardi par plusieurs organisations non gouvernementales, qui accuse l’industrie nucléaire d’exagérer la contribution de l’atome dans ce domaine.

« L’industrie nucléaire surévalue systématiquement le rôle du nucléaire dans la lutte contre les émissions de GES (gaz à effet de serre) en appliquant un double biais », affirme le document rédigé par le cabinet WISE-Paris et commandé notamment par le Réseau Sortir du nucléaire, le Réseau action climat, France Nature Environnement et Greenpeace.

« Le premier est de comptabiliser des émissions nulles ou quasiment nulles pour le nucléaire lui-même. Le second consiste à considérer que le nucléaire vient exclusivement en remplacement de centrales thermiques fossiles (…). Le kilowattheure que vient remplacer le nucléaire apparaît alors plus carboné qu’il ne l’est en réalité », souligne-t-il.

Comme le photovoltaïque et l’éolien, le nucléaire n’émet pas directement de CO2, mais il en produit indirectement sur l’ensemble de son cycle de vie, notamment lors de l’extraction de l’uranium et sa fabrication en combustible et lors de la construction et du démantèlement des réacteurs.

Ces émissions de GES sont certes inférieures à celles des énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole mais « le gain apporté par la substitution du nucléaire à d’autres productions diminue à mesure que le +mix+ électrique hors nucléaire est lui-même de plus en plus +décarboné+, sous l’effet de centrales thermiques de plus en plus performantes, et de la montée des énergies renouvelables » ou encore de la maîtrise de la consommation d’électricité, assure le rapport.

Selon l’étude, les émissions évitées par le nucléaire atteignent aujourd’hui environ 1,5 milliard de tonnes dans le monde, soit un peu moins de 4% des émissions de CO2.

En France, où le nucléaire assure jusqu’à 80% de la production d’électricité, les émissions de GES n’ont baissé que de 15% depuis le déploiement du parc nucléaire et restent quatre fois supérieures au niveau souhaitable, a affirmé Yves Marignac, directeur de WISE-Paris, lors d’une conférence de presse.

Le recours à l’atome s’accompagne en outre de risques tels que la prolifération militaire de l’atome ou un accident majeur comme à Tchernobyl et à Fukushima, ce dernier étant amplifié par le changement climatique même et les menaces terroristes. A cela s’ajoute l’accumulation des déchets et le problème du démantèlement.

Enfin, le rapport remet en cause la compétitivité des nouvelles technologies nucléaires, alors que les énergies renouvelables, dont les tarifs ont chuté, peuvent souvent être déployées plus rapidement et à moindre coût.

Le Réseau Sortir du nucléaire et France Nature Environnement ont par ailleurs annoncé leur intention de poursuivre l’électricien français EDF en justice pour ses publicités sur sa production d’électricité décarbonée, qu’ils qualifient de « mensongères ».

Le groupe, qui exploite les 19 centrales nucléaires françaises, dit avoir produit 98% de son électricité sans émission de CO2 en 2014 et afficher 17 grammes de CO2 par kWh produit en France, « soit 20 fois moins que la moyenne européenne, qui est d’environ 300 grammes par kWh ».

© AFP

6 commentaires

Ecrire un commentaire

    • Oskar Lafontaine

    Par ses exagérations, ses mensonges systématiques, ses minorations excessives quand ça l’arrange, le monstrueux lobby du nucléaire, sorte de cavalier de l’apocalypse remis au goût du jour, se discrédite lui-même.
    Une décision d’investissement dans la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, revient en pratique à s’engager pour au moins 80 années sinon un siècle et sans compter la durée de nuisance mortelle des déchets. Soit 10 années de préparation juridico-administrative puis de construction, au mieux, quarante années ensuite d’exploitation, sinon hélas plus encore, et enfin quarante années de démantèlement.
    Il faudrait, pour que l’opération de construction d’un réacteur soit économiquement pertinente et donc justifiée, que pendant au moins les 30 à 40 premières années, le prix de la fourniture d’électricité par la concurrence, des renouvelables essentiellement, ne soit pas inférieur.
    Or les renouvelables produisent déjà pour moins cher que le nucléaire neuf et cet avantage va aller en s’accentuant, rien déjà qu’en tenant compte de ce qui est anticipé pour les cinq prochaines années, amenant le photovoltaïque notamment, à produire pour moins cher que le nucléaire « amorti », ancien mais qu’il faudrait « retaper » à grands frais.
    Dans ces conditions il devient clair que le nucléaire ne présente plus que des inconvénients, de prix d’abord et avant tout, en plus de ses risques apocalyptiques inhérents à sa nature même, et que cette option nucléariste, comme les locomotives à vapeur dans les années 1950, n’est plus économiquement crédible, si elle l’a jamais été ce dont on peut légitimement douter..

    • Claude laberge

    Ce qui importe le plus n’est pas seulement une question de coûts mais d’avoir notre demeure la terre en état de supporter la vie telle que nous la connaissons à ce jour .
    Le capitalisme et ses notions de profit ne serviront pas les puissants de ce monde et leur Dieu
    argent (pouvoir ,domination,luxure etc…) quand la vie sur terre sera devenu impossible à l’humanité
    dont ceux-ci ,bien que n’étant que des presqu’humain ne pourront survivre avec toutes leurs
    fausses richesses .
    Imaginez un cube de 10m en or ,si aucun humain ne se l’accapare ,il n’a aucun pouvoir
    en lui même et ne donne de souffrance à personne .

    Cependant si des humains assoiffés de pouvoir se l’accapare à leur fin personnelle sans égards
    à la vie de leurs semblables ,il en résulte de l’appauvrissement et un saccage du bien commun
    qu’est la vie .
    Or la déclaration universelle des droits de l’homme ( humanité ) prétend que tous les êtres humains
    naissent égaux entre eux ; ce qui vient par la suite de l’humain est une perversion de l’égo .
    Ceux qui ont besoin de pouvoir ,de domination ,n’ont pas confiance en eux mais dans le pouvoir égoïste que leur procure leur (dieu) argent ; en façade ils semblent fort ( l’argent ,la loi du plus fort ? ) mais sans l’argent ils errent sans but .
    Se croyants fort ils sont les plus faibles d’entre tous car ils se sont laissé appâtés par le leurre argent devenant ainsi le maillon faible de la chaîne.
    La sagesse n’est pas de leur monde .
    On naît et meure tous, entre ces deux pôles travaillons ensemble à un monde meilleur hors de l’égo.

      • MOULIN Patrick

      L’attitude arrogante, « sûr de lui et dominateur » , (aurait dit le Grand Charles), du Lobby nucléaire peut se comparer à celle d’un mauvais Louis XV : « après moi le déluge » aurait-il déclaré.
      Ce n’est peut-être pas vrai, mais cela l’est pour le Nucléaire, qui ne se préoccupe QUE de son intérêt « propre » … c’est le cas de la dire.
      Or, nos brillants Ingénieurs polytechniciens qui pensent, calculent et réalisent ces exploits rares et difficiles, que sont ces « affreuses usines de mort lente à venir » avec leurs déchets à « gérer » pendant des siècles et des millénaires (qui va s’en occuper ?… EDF n’existera plus : c’est le contribuable de l’époque qui paiera ) or … dis-je, … ces brillants personnages sont directement ASSOCIES financièrement avec les représentants du Personnel EDF, essentiellement (pour l’instant encore ) avec la CGT … qui touche pour combattre les énergies renouvelables (particulières et l’autoconsommation) grosso modo : 1 milliard d’Euros par an, (Je dis bien UN MILLIARD) renouvelable aussi … mais sans impôts, sans contrôle, sans comptabilité ou presque, de par la loi de 1947 = 1 % du chiffre d’affaires EDF. Et « pourvu que çà doure » disait la maman de Napoléon. Car toutes les tentatives depuis plus de 30 ans de remettre en cause cet « avantage acquit » (qui est sacré), ont été mises au panier. Vive la République et l’Egalité devant la LOI… aucun Juge n’a eu le courage de s’emparer du dossier …. explosif… radio-actif !!!
      CQFD.

    • MOULIN Patrick

    L’attitude arrogante, « sûr de lui et dominateur » , (aurait dit le Grand Charles), du Lobby nucléaire peut se comparer à celle d’un mauvais Louis XV : « après moi le déluge » aurait-il déclaré.
    Ce n’est peut-être pas vrai, mais cela l’est pour le Nucléaire, qui ne se préoccupe QUE de son intérêt « propre » … c’est le cas de la dire.
    Or, nos brillants Ingénieurs polytechniciens qui pensent, calculent et réalisent ces exploits rares et difficiles, que sont ces « affreuses usines de mort lente à venir » avec leurs déchets à « gérer » pendant des siècles et des millénaires (qui va s’en occuper ?… EDF n’existera plus : c’est le contribuable de l’époque qui paiera ) or … dis-je, … ces brillants personnages sont directement ASSOCIES financièrement avec les représentants du Personnel EDF, essentiellement (pour l’instant encore ) avec la CGT … qui touche pour combattre les énergies renouvelables (particulières et l’autoconsommation) grosso modo : 1 milliard d’Euros par an, (Je dis bien UN MILLIARD) renouvelable aussi … mais sans impôts, sans contrôle, sans comptabilité ou presque, de par la loi de 1947 = 1 % du chiffre d’affaires EDF. Et « pourvu que çà doure » disait la maman de Napoléon. Car toutes les tentatives depuis plus de 30 ans de remettre en cause cet « avantage acquit » (qui est sacré), ont été mises au panier. Vive la République et l’Egalité devant la LOI… aucun Juge n’a eu le courage de s’emparer du dossier …. explosif… radio-actif !!!
    CQFD.

  • Je rejoins sur le fond Oskar Lafontaine et Claude Laberge dans leur jugement :

    – Nous allons être contraints de changer de modèle économique
    – Nous devons nous préoccuper maintenant autant de la façon dont nous produisons l’électricité que de la façon dont nous la consommons et ceci pour une raison très simple : l’énergie la plus chère, l’électricité, est celle que l’on consomme le plus mal.

    A l’appui de cela mon livre sur « La chaleur renouvelable et la rivière »

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/G-model-eco.pdf
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/LT-rendement.pdf
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/CONCLUSION.pdf

Climat : pour l'Antarctique et le niveau des mers, chaque degré compte, selon une étude

Lire l'article