L’UFC critique vertement le système des aides à la rénovation énergétique

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le président de l'UFC-Que Choisir, Alain Bazot répond aux questions des journalistes, lors d'une conférence de presse le 13 octobre 2006 à Paris © AFP/Archives Fred Dufour

Paris (AFP) – L’association de consommateurs UFC – Que Choisir a dressé mercredi un réquisitoire contre le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique, pointant du doigt « des mécanismes pourris » et un système « complexe et inadapté, en présentant une étude sur ce dispositif lancé en 2005.

« On est affligés de voir que le gouvernement choisit la fuite en avant, avec un dispositif pas du tout adapté », a critiqué le président de l’association Alain Bazot en présentant à la presse une étude sur les aides à la rénovation énergétique, l’ancien CIDD (crédit d’impôt développement durable) rebaptisé l’an dernier CITE (crédit d’impôt à la transition énergétique).

Principal problème, selon l’UFC, l’absence de corrélation entre les aides versées aux consommateurs et la performance énergétique réelle: « Le crédit ne donne pas le cap à la rénovation vertueuse. C’est directement lié à la mécanique du dispositif: l’aide est sur l’équipement, et ne dépend pas de la performance énergétique », a expliqué Alain Bazot.

Effet pervers du système: les consommateurs ont eu tendance à changer leurs fenêtres (41% des travaux), très bien prises en charge par le système, alors que les huisseries ne représentent que 10% des déperditions d’énergie. A l’inverse, l’isolation ne représente que 10% des travaux, alors qu’elle provoque 70% des pertes d’énergie, explique l’UFC.

Environ 85% des logements français ont pourtant des performances énergétique jugées « médiocres ou déplorables », soit 23 millions de logements, regrette l’association.

Le désengagement de l’Etat, dont les aides sont passées de près de 2,4 milliards à environ 600 millions d’euros entre 2009 et 2013, n’a pas entraîné de baisse du montant des travaux engagés par les ménages, preuve pour L’UFC que le dispositif est « complexe, modifié 7 fois et changeant de nom, et méconnu, avec des consommateurs qui découvrent le crédit d’impôt après le lancement des travaux », explique l’association.

L’association pointe également une corrélation entre le montant des aides versées et la hausse des prix pratiqués par les professionnels, avec une augmentation importante des litiges rapportés par ses adhérents.

L’association veut profiter de l’examen au Parlement du projet de budget 2016, pour tenter d’infléchir le fonctionnement du dispositif. Elle engage le gouvernement à s’inspirer des mesures existant en Allemagne, où les aides dépendent directement de la performance énergétique, permettant en outre de créer près de 10.000 postes d’experts chargés de certifier les travaux réalisés.

 

© AFP

3 commentaires

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    • Lippens

    Il est temps de rendre les incitants efficaces avec un contrôle des performances
    Il faut d’abord faire une étude d’économie d’énergie et ensuite entamer les travaux et puis contrôler l’efficacité énergétique des travaux

    • Oskar Lafontaine

    En France on en est encore à utiliser pour l’isolation thermique de la laine de verre ou de roche, qui sont allergisante et donc à éviter pour préserver sa santé, et celle d’abord des personnels techniques qui la posent. Il existe d’autres produits, non allergisants, mais ils ne sont pas « homologués » en France, et donc ne bénéficient pas des aides financières si on les emploie ! Il existe un lobby des producteurs de laine de verre qui se protège en n’accordant pas l’homologation aux produits, plus efficaces de la concurrence venue d’autres pays européens ! On est là en plein délire !
    L’isolation thermique d’une habitation ancienne doit être réalisée sur les murs, à l’extérieur, pas à l’intérieur, divers produits très efficaces sont en concurrence, mais tous sont complexes à poser et assez onéreux. Le retour sur investissement, bien trop long, dissuade vite de se lancer dans ce type de travaux. L’effort des pouvoirs publics, s’ils n’étaient pas ficelés par les lobbys, devrait porter, à l’aide de normes, sur l’aide aux produits et techniques efficaces et d’abord abordables, et la concurrence devrait être dopée, tel n’est pas du tout le cas aujourd’hui.

    • Pas d’accord sur la chèreté de l’isolation par l’extérieur avec de bons produits et des PME voire des artisans amis compétents. Pour preuve: ITE avec des blocs de Multipor (béton cellulaire léger, lambda de 0,04 idem laine de roche) de 14cm sur une surface de 85 m2 environ. La colle utilisée sert également d’enduit. Le tissu en fibre de verre consolide l’enduit. La peinture adhoc aux silicates je crois, tient très bien. 2 ans après aucune fissure, aucun dégât. Prix total de l’isolation: 13000 euros TTC. Evidemment éviter Parhexo et consorts qui privilégient leurs produits et leur réseau … en faisant exploser la note !

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