EDF voudrait construire des dizaines d’EPR « nouveau modèle »

EPR

EDF projette de déployer en France "plusieurs dizaines" d'un nouveau modèle du réacteur EPR de troisième génération © AFP/Archives Charly Triballeau

Paris (AFP) – EDF projette de déployer en France « plusieurs dizaines » d’un nouveau modèle du réacteur EPR de troisième génération quand son parc nucléaire actuel arrivera en fin de vie, avec le soutien éventuel de partenaires extérieurs, un projet qui fait hurler les écologistes.

« A partir de 2028, 2030, (…) nous allons commencer à installer en France des EPR nouveau modèle », a déclaré le PDG du groupe énergétique, Jean-Bernard Lévy.

« Et puis en 2050, 2055, on n’aura plus de (réacteurs de) la génération actuelle. On aura les EPR NM (nouveau modèle): on en aura 30, 35 ou 40. On (en) aura plusieurs dizaines qui seront le produit de remplacement du parc actuel », a-t-il précisé lors d’une rencontre avec des journalistes.

EDF travaille actuellement avec le français Areva, dont il prépare le rachat de l’activité réacteurs (Areva NP), sur un nouveau modèle d’EPR de même capacité (1.650 mégawatts), mais censé être plus compétitif, plus rapide et moins coûteux que son grand frère, dont la construction accumule les déboires à Flamanville (Manche) et en Finlande.

« Notre objectif est que pour cet EPR nouveau modèle, les grandes options de sûreté, les grands choix d’architecture, soient faits dans les années qui viennent pour que nous puissions à peu près à l’horizon 2020 (…) avoir un design détaillé, figé, accepté par l’autorité de sûreté française », a expliqué M. Lévy.

Un tel déploiement s’inscrirait dans le cadre du paysage énergétique dessiné par la loi de transition énergétique, qui plafonne à 63,2 gigawatts (GW) la capacité du parc nucléaire français et à 50% la part de l’atome dans la production française de courant à l’horizon 2025, contre 77% en 2014.

Mais le financement de tels travaux d’Hercule pourrait s’appuyer en partie sur des partenaires, alors que les marges de manoeuvre financières d’EDF ont rétréci avec les problèmes à Flamanville, la maintenance lourde de son parc nucléaire actuel et la construction future de deux EPR à Hinkley Point (Angleterre), un projet de 18 milliards de livres que la Chine financera à hauteur d’un tiers.

« Est-ce qu’EDF a les moyens aujourd’hui de reconstruire pour 60 gigawatts de nucléaire sur son bilan actuel? Je pense que non. Je pense que la question se posera le moment venu de faire entrer des partenaires », a dit le PDG, évoquant l’intérêt passé d’Engie (ex-GDF Suez) pour un projet de réacteur EPR à Penly (Seine-Maritime), qui n’a finalement jamais vu le jour.

En janvier déjà, la ministre de l’Energie, Ségolène Royal, avait estimé nécessaire de construire une nouvelle génération de réacteurs en remplacement des anciens.

« Cette +nucléarite+, qui est la maladie d’EDF, est effrayante, alors que les énergies d’avenir se développent dans le monde », a commenté le député écologiste Denis Baupin. Greenpeace dénonce une « aberration complète » tandis que le Réseau Sortir du nucléaire parle d’un « projet complètement irréaliste ».

Avant de commencer à renouveler son parc nucléaire, EDF prévoit d’investir quelque 50 milliards d’euros dans l’espoir de pouvoir prolonger jusqu’à 60 ans la durée de vie de la plupart de ses 58 réacteurs actuels, répartis dans 19 centrales.

Mais au-delà de l’atome, EDF mise aussi sur les énergies renouvelables, surtout l’éolien et le photovoltaïque, pour assurer son développement sur les quinze prochaines années.

« Nous devons devenir un groupe tout nucléaire et tout renouvelable », a lancé Jean-Bernard Lévy.

Le plan stratégique Cap 2030 d’EDF prévoit de doubler le parc renouvelable de 28 à plus de 50 GW, principalement en dehors d’Europe où, contrairement au Vieux Continent, la consommation d’énergie est sur une pente ascendante.

« Le pourcentage de nos actifs qui est aujourd’hui de 5% hors d’Europe, il faudra qu’il soit à deux chiffres », a expliqué M. Lévy.

En Europe, l’énergéticien veut « optimiser son portefeuille d’actifs » et combler son « retard » dans le domaine des services d’efficacité énergétique hors de l’Hexagone, où il compte par ailleurs « se battre pour garder toutes ses concessions » hydroélectriques.

Dans tous les cas, EDF ne prévoit pas de grandir au moyen d’acquisitions majeures, mais plutôt grâce au développement de projets de production.

« Aujourd’hui, on n’a pas les moyens d’aller dépenser des milliards et des milliards d’euros pour acheter des opérateurs électriques à droite et à gauche », a relevé le PDG.

© AFP

4 commentaires

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    • Le mée

    Pourtant, il y d’autres moyens pour produire de l’èlectricité, pour peu que les politiques veuillent se « mouiller ».
    https://www.youtube.com/watch?v=fYfs-qYGzvs&feature=player_detailpage
    https://www.youtube.com/watch?v=5zpjIjYVqrI&feature=player_detailpage
    https://www.youtube.com/watch?v=QjYMwWK9KCg&feature=player_detailpage

    Les professionnels de la mer (GICAN) plaident pour 2 scénarios pour lesquels ils ont estimé le nombre d’emplois qu’ils pourraient générer :
    6 GW d’EMR en 2020 avec37 000 emplois, dont 10 000 directs qui pourraient être créés selon une étude d’Indicta présentée le 17 janvier 2013 par le Groupement des industriels des constructions et activités navales (GICAN).

    – Le nucléaire une énergie pas très « propre »!?:
    Rpport de l’ONU: « …Durant la guerre civile qui a sévie en Somalie, de nombreux pays ont utilisés le littoral du pays comme dépotoir pour des déchets dangereux et nucléaires. Les experts estiment que déverser des matériaux dangereux en Afrique ne coûte que $ 2,50 la tonne. Alors que le traitement du même matériel en Europe coûte cent fois plus, soit $250 la tonne.  »
    – L’impact du tsunami à remuer des dépôts de déchets dangereux sur les plages. La contamination a des retombées sur les communautés de pêcheurs aux alentour, dont la santé et l’environnement en souffre. Un nombre important d’individus dans les zones somaliennes affectées se plaint de problèmes de santé inhabituels, y compris de troubles pulmonaires graves, et d’infections de la peau. sur: http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?ArticleID=4733&DocumentID=424&l=fr
    — » Faute d’enquête sérieuse ou faute d’exportations effectivement réalisées ? Des journalistes italiens ont enquêté dans l’ancienne colonie pendant les années 90. Leurs reportages, publiés dans l’hebdomadaire Famiglia cristiana en 1998, ont mis à jour un vaste réseau impliquant de grandes industries italiennes, des membres des services secrets italiens et la mafia calabraise. L’assassinat de la journaliste italienne de la TV3, Ilaria Alpi et du caméraman Miran Hrovatin à Mogadiscio en 1994 survenait alors qu’elle venait de rapporter à son bureau qu’elle détenait des pièces et des témoignages solides pour un reportage. « Ilaria Alpi a touché au secret le plus jalousement caché en Somalie. La décharge de déchets payée avec de l’argent et des armes », témoignait Guido Garelli, aujourd’hui détenu dans une prison italienne pour escroquerie et recel
    http://www.bakchich.info/international/2009/09/23/poubelle-la-vie-de-litalie-a-la-somalie-56120
    Le tsunamie en Indonésie.qui est allé sur les côtes somalienne a fait ressortir tous les déchets toxiques et nucléaires déposés sauvagement aux abords des côtes Somaliennes.

    • Oskar Lafontaine

    La vérité c’est qu’EDF est fauchée et n’a plus les moyens financiers d’entreprendre quoi que ce soit d’un peu coûteux.
    L’EPR NM était annoncé depuis plus d’un an déjà, au moins dans le journal économique Les Echos. La différence entre il y a 18 mois et aujourd’hui, c’est qu’il était alors limité à 1500 MW et qu’il ressort aujourd’hui à 1650. Un tour de passe-passe très probablement.
    Il aura fallu plus de 15 ans pour développer l’EPR, qui est pourtant un échec total, à qui fera-t-on croire qu’un nouveau réacteur, au plan de la conception, serait réalisable en moins de temps ?
    Le surcoût de l’EPR était lié à son blindage renforcé pour le cas où…il lui prendrait envie d’exploser, ce qui statistiquement, à cause de l’emploi de combustible nucléaire « mox » à haute dose, était assez probable. Ce que de puissants ordinateurs, par simulation de fonctionnement d’un EPR « moxé », ont établi avec certitude dès le début 2010, d’où l’essentiel des retards et surcoûts, sans que jamais la vraie raison ne soit fournie aux français. En renonçant au « mox », mélange d’uranium et de plutonium comme combustible, mais à forte dose de plutonium, ce risque disparaît largement, d’où des économies réalisables lors de la construction.
    Plus important, avec la chute de prix impressionnante du photovoltaïque et chute qui va se poursuivre, l’ensemble en individuel et autonomie complète, panneaux solaires + accumulateurs de stockage, permet de disposer, à toute heure du jour et de la nuit, d’un kilowattheure bien moins onéreux qu’en achetant, par le réseau, ce même kilowattheure à une centrale nucléaire. Dans ces conditions il n’y a plus aucune raison économique de construire de nouveaux réacteurs nucléaires. EDF ne peut ignorer cette réalité de base, et le beau discours de son directeur général, Jean-Bernard Lévy, n’a été prononcé que pour mettre du baume sur les plaies à vil de son personnel de nucléocrateux.
    Enfin n’ayons garde d’oublier que les avis de l’ASN, l’Autorité de(prétendue) Sûreté du Nucléaire, n’ont aucune valeur, tout son personnel, venu d’EDF, d’Areva ou du CEA est nucléariste à fond, juge et partie. En passant d’EDF à l’ASN, ses agents ne font que changer de casquette.
    Le nucléaire est mort, de grâce Monsieur Jean-Bernard Lévy, ne troublez pas son agonie !

  • […] de la COP21, alors que la loi sur la transition énergétique vient d’être votée et qu’EDF réaffirme son intention de compter sur la filière nucléaire en misant sur l’EPR, qu’est ce qui freine encore le développement des énergies renouvelables en France ? Damien […]

    • CORDERO

    QUESTION SVP si le parc automobile français fonctionner pour moitié a l électricité plus de 10 000 000 de véhicules combien faut-il d EPRr dernière génération UNE CHARGE VA DE 6 A10 HEURES POUR AVOIR UNE AUTONOMIE SUFFISANTE