Hollande confirme que Fessenheim ne fermera pas en 2016

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La centrale nucléaire de Fessenheim, le avril 2013 © AFP/Archives Sébastien BOZON

Paris (AFP) – La centrale nucléaire de Fessenheim ne fermera pas en 2016, reconnaît François Hollande dans un entretien au Parisien Magazine publié jeudi, confirmant l’abandon de cet engagement pris en septembre 2012.

« En 2016, non, car la construction de l’EPR de Flamanville (Manche) a pris beaucoup de retard (sa livraison est prévue pour 2018, ndr) », déclare le président de la République dans cette interview publiée en ligne.

« Mais ce qui importe, c’est d’engager toutes les procédures pour fermer Fessenheim. Nous le faisons. On pourra dire alors que c’est irréversible », fait valoir le chef de l’Etat.

Lors de la conférence environnementale de septembre 2012, le président Hollande s’était engagé à ce que la centrale nucléaire alsacienne soit « fermée à la fin de l’année 2016 dans des conditions qui garantiront la sécurité des approvisionnements de cette région, la reconversion du site et la préservation de tous les emplois ». Il précisait ainsi son engagement de campagne de fermer la centrale au cours de son quinquennat.

Mais le gouvernement a depuis préféré, dans sa loi de transition énergétique, adopter un mécanisme plafonnant la taille du parc nucléaire français, ce qui implique une fermeture des deux réacteurs de Fessenheim pour pouvoir ouvrir le réacteur EPR de Flamanville.

Mais le « processus de fermeture » de la centrale alsacienne, la plus ancienne en fonctionnement en France, devrait lui être engagé dès 2016, afin que la fermeture soit « effective en 2018 », selon Ségolène Royal.

« Pour fermer deux réacteurs comme ceux de Fessenheim, il ne suffit pas de tourner un bouton. Pour que ce soit effectif en 2018, le processus doit démarrer là, en 2016, parce que juridiquement pour que Flamanville puisse ouvrir, il faut que je prolonge par arrêté ministériel l’autorisation de fonctionnement dans le même temps », a expliqué la ministre de l’Ecologie le 13 septembre.

 

© AFP

4 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    C’est du n’importe quoi! !
    On arrête un réacteur nucléaire en quelques secondes, en appuyant sur un bouton qui provoque la descente des barres de contrôle et l’arrêt à 99% de la réaction nucléaire.On peut même injecter, si nécessaire, en quelques minutes sinon moins encore, du bore dans l’eau de refroidissement pour stopper encore plus vite les réactions nucléaires. Puis dans les jours et semaines qui suivent on retire les barreaux de combustible, que l’on entrepose dans une « piscine » située juste à côté, et où ils demeureront jusqu’à huit ans pour en diminuer la radio-activité et les rendre transportables. Le réacteur est alors totalement à l’arrêt. et on peut commencer à le démanteler, ce qui, avec les technologies actuelles, et qui n’évoluent guère, prendra au moins trente ans, plutôt quarante années et coûtera des sommes très importantes, actuellement évaluées en Allemagne par exemple à plus de 3 ou 4 milliards d’euros par réacteur, contre moins de un en France, où la désinformation sur les réalités, financières notamment du nucléaire, sévit à pleins tubes, mais somme à répartir sur la durée.Et ce n’est qu’après toutes ces longues opérations, dont surtout l’enfouissement du combustible usagé, que l’on pourra enfin calculer, mais toujours provisoirement seulement, car nul ne sait ce qu’il adviendra dans les siècles et millénaires de ces déchets radio-actifs enfouis, calculer enfin le coût réel de chaque mégawattheure d’électricité, qui aura été produit pendant la durée de « sévices » de chaque réacteur. Donc, cinq à 10 ans de construction, et même 15 ans à Chooz dans les Ardennes, 30 à 40 années de fonctionnement, autant de démantèlement et au moins un million d’années pour les déchets à surveiller et qui dégageront en permanence divers produits radioactifs, dont du radon, un gaz, pendant toute cette durée et même plus, produits radioactifs issus des transmutations, naturelles, de l’uranium et du plutonium
    Les formalités administratives, ne sont que des formalités administratives, méprisables en plus, des signatures au bas d’un bout de papier, qui peuvent très bien attendre, des siècles s’il le faut. et ne sauraient être un obstacle à l’arrêt, sinon pour tromper le public. Elles ne sont mises en avant que pour « fournir une explication » aux naïfs et autres crédules, prêts à gober n’importe quoi, et ici pourquoi Fessenheim ne s’arrêtera pas en 2016, alors qu’en pratique il fait perdre, comme d’autres réacteurs aussi en France, chaque année des millions d’euros à EDF, puisque produisant à pertes avec l’effondrement régulier et constant, depuis 4 à 5 ans déjà, du prix de l’électricité de gros en Europe. Mais pour des motifs politiques, électoraux et éviter la grogne de la CGT, l’information réelle sur l’arrêt d’un réacteur, est truandée.

    • Je partage votre analyse, il y a une chose que je voudrais ajouter, c’est le calendrier de mise en route de Flamanville, qui ne va pas être respecté, et qui donc va devoir recevoir soit une dérogation, soit une nouvelle Autorisation.
      Il y a une ambiguïté dans la dernière phrase, qui annonce un « arrêté ministériel pour prolonger une autorisation de fonctionnement » de quoi parle-t’on ?
      1- De Flamanvile, si c’est la cas, je ne suis pas certain que juridiquement ce soit possible, mais je n’ai pas les compétences pour en juger, quelqu’un pourrait peut-être nous éclairer.
      2- De Fessenheim ! C’est déjà fait au moins pour le réacteur N°1, sous condition de travaux très importants mais ce n’est pas le Ministère qui en décide, c’est l’ASN,qui soit dit en passant vient de prouver par là qu’on ne pouvait définitivement pas compter sur cette instance pour protéger les citoyens.

      • therese Delfel

      Remarquable analyse qui met en lumière soit l’extrême duplicité de nos gouvernant(e)s, soit leur extrême ignorance ! Dans les deux cas, pauvre France (en ce domaine, du moins) …

    • Voltzenlogel Dany

    merci Oskar Lafontaine pour cet exposé bien fourni !
    Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, les promesses de Hollande, candidat menteur sont donc tenues …….
    Le changement, es-ce maintenant ???

L’hydrogène sera vraiment révolutionnaire si il est produit à partir des renouvelables

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