Climat: la France confirme la fin d’aides au charbon et déroule le tapis vert pour la COP21

aides charbon

Le présient français Francois Hollande (C) et son Premier ministre Manuel Valls (D) avec le photographe Yann Arthus-Bertrand (G) avant l'ouverture de la Cop 21, au palais de l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2015 © POOL/AFP Charles PLATIAU

Paris (AFP) – La France a confirmé jeudi la fin immédiate de ses soutiens aux projets de centrales à charbon sans capture de CO2, en lançant en grande pompe la mobilisation française pour la conférence sur le climat, qui ouvre au Bourget dans un peu plus de 80 jours.

Cour d’honneur fendue par un long tapis vert, drapeau de la Cop21 sur le perron: l’Elysée a mis les formes pour afficher « la mobilisation et l’unité de l’équipe France dans la dernière ligne droite », au cours d’une matinée d’échanges en présence de 400 invités sous les ors de la salle des fêtes du palais présidentiel.

En ouvrant cette grand-messe franco-française, le Premier ministre Manuel Valls a confirmé la suppression « immédiate » des crédits à l’exportation pour les centrales à charbon dénuées de dispositifs de capture et de stockage du CO2, qui bénéficiaient à Alstom.

« Nous supprimons immédiatement les crédits exports pour tous les nouveaux projets de centrale à charbon qui ne sont pas dotés d’un dispositif de capture et stockage de CO2 », a-t-il déclaré devant un parterre d’élus et représentants de la société civile française, ONG artistes, chefs d’entreprises.

Un peu plus tôt, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal avait déjà indiqué, sur France Info, que ces aides à Alstom allaient bien être supprimées, pour que la société puisse investir dans les énergies renouvelables.

Cette décision est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles.

Le président français Francois Hollande (2e en partant de la D), la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal (G), le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius (2e en partant de la G) et le Premier ministre Manuel Valls (C) avec le photographe Yann Arthus-Bertrand (D), au palais de l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2015 © POOL/AFP Charles PLATIAU
Le président français Francois Hollande (2e en partant de la D), la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal (G), le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius (2e en partant de la G) et le Premier ministre Manuel Valls (C) avec le photographe Yann Arthus-Bertrand (D), au palais de l’Elysée, à Paris, le 10 septembre 2015
© POOL/AFP Charles PLATIAU

Les ONG environnementales, pointant l’exemplarité nécessaire de la France, hôte de la COP, réclamaient depuis des mois que le gouvernement tienne cette promesse faite par François Hollande fin 2014, craignant de le voir reculer en raison des menaces éventuelles sur l’emploi chez Alstom.

« L’enjeu (du climat, nldr) est colossal. Il engage l’humanité, car il y va de la survie de notre planète », a martelé Manuel Valls jeudi, rappelant que « les sept premiers mois de 2015 ont été les plus chauds jamais enregistrés à la surface du globe. Les inondations, les sécheresses, les catastrophes climatiques sont de plus en plus fréquentes. Et les premières victimes, ce sont les populations les plus fragiles ».

Lors de la conférence de Paris, quelque 195 Etats et l’UE tenteront, sous l’égide de l’Onu, de s’accorder pour limiter le réchauffement planétaire, dû aux émissions de gaz à effet de serre, pour une large part lié à l’usage d’énergies fossiles.

« C’est vital » de trouver un accord, a souligné le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

« On a une chance » d’aboutir, « on n’a pas le droit d’échouer », a-t-il ajouté, « le 11 décembre, il faut que je sois capable de soumettre aux 196 parties un texte (…). Oui c’est possible, c’est indispensable, c’est très compliqué mais tout le monde est mobilisé ».

Laurence Tubiana, la négociatrice française, a rappelé que le contexte est plus favorable que celui de la conférence de Copenhague de 2009: « les grands pays émergents qui n’étaient pas décidés à Copenhague le sont (…) et il y a une immense mobilisation, des collectivités locales, des entreprises… ».

Au nom des ONG, le Réseau Action Climat a pointé l’urgence des décisions, rappelant que le monde est loin de tenir son objectif de limiter à +2° la hausse du réchauffement: « on n’est pas assez entendus », a dit sa porte-parole, Alix Mazounie, relevant les inégalités mondiales face aux impacts du dérèglement climatique.

La conférence de Paris devra être un moment de « vérité », « où on sort des mots et on entre dans les actions », a dit Nicolas Hulot. « L’autre mot-clé c’est +solidarité+: nous sommes condamnés à partager nos richesses et nos technologies, a-t-il insisté.

Lors de sa conférence de presse semestrielle lundi, François Hollande avait mis en garde contre les « risques d’échec » de la COP, appelant ses participants à un « sursaut » notamment en matière de contributions financières aux politiques climatiques dans les pays pauvres.

©  AFP

7 commentaires

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    • GRUAU Jean

    Et que fait on contre la pollution des cars qui remplacent les trains ?
    Pourquoi personne ne dit rien contre le remplacement des trains par des cars,
    les associations telles que Good Planet ne disent rien qu’est ce que cela veut dire ?

  • […] 10 septembre, dans le cadre de l’événement « La France s’engage sur le climat, en avant la COP21″, la Fondation GoodPlanet et l’Agence Française de Développement (AFD) ont présenté à […]

    • Latour

    Juste de quoi éviter de traiter les vrais problèmes. La France n’a plus un centime à dépenser sauf à continuer de piller les Français et durant cela, le patrimoine du chef… Vous avez une idée?

    • therese Delfel

    CONSTERNANT ! « fin immédiate de ses soutiens aux projets de centrales à charbon sans capture de CO2 » signifie en clair que de NOUVEAUX projets ne seront pas subventionnés, les anciens continueront, ET encore, sauf s’ils capturent le CO2, alors même que l’industrie du charbon est FOSSILE en soi, que ses impacts multiples et ravageurs ne sauraient être contenus par la simple capture de CO2, et surtout que la France CONTINUE à SOUTENIR DES PROJETS DE RECHERCHE D’ENERGIES FOSSILES EXTREMES, type GAZ de CHARBON EN COUCHE !! Si un jour, l’expression « langue de bois » a eu une pertinence, c’est dans ce contexte de COP21 où
    tou(te)s jurent leurs grands dieux d’arrêter le tabagisme, en se contentant de fumer dorénavant des cigarettes à bout filtre !!

  • Je rejoins complètement le commentaire de « therese Delfe », j’ y ajouterais juste une question, ils en font quoi après du CO2 qu’ils capturent ?
    Si quelqu’un peut nous orienter à ce sujet ?

      • Francis

      Le gaz carbonique capturé est injecté dans le sous sol,dans d’anciens gisements de méthane comme à Lacq.

  • […] a accordé en 2014 pour plus de 3,423 milliards d’euros d’aide aux combustibles fossiles. Alors que la France vient de s’engager à ne plus financer les centrales au charbon à l’étrang… le pays compte encore une vingtaine de mesures de subventions aux énergies fossiles sur son […]

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