Dakar-2016: après le Chili, le Pérou renonce aussi

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Le directeur du Dakar Etienne Lavigne et la ministre du Tourisme du Pérou Magali Silva lors de la présentation de l'édition 2016, le 23 avril 2015 à Lima © AFP/Archives Cris Bouroncle

Lima (AFP) – Après le Chili, également en raison des catastrophes climatiques, le Pérou renonce à accueillir le Dakar-2016, un rendez-vous manqué supplémentaire pour le rallye-raid auto-moto, qui se déroulera uniquement en Bolivie et en Argentine.

C’est un second coup dur pour l’organisateur ASO, tributaire des aléas politiques, diplomatiques et climatiques des pays que sa prestigieuse course traverse depuis sa création en 1979.

En avril, le Chili avait déjà renoncé à accueillir l’épreuve l’an prochain en raison des catastrophes naturelles qui se sont abattues sur les régions du nord du pays. L’aride nord du pays avait été frappé fin mars par des inondations qui ont détruit des zones habitées du désert d’Atacama, une des attractions majeures de l’épreuve.

Pour la première fois depuis 2009, lorsque le Dakar avait fui les conflits et la menace terroriste au Sahel pour se réfugier en Amérique du Sud, le Chili ne sera pas sur sa carte, laissant à la seule Argentine l’honneur d’avoir été traversée chaque année.

Le renoncement péruvien, quatre mois plus tard et à seulement quatre mois du départ, réduit un peu plus le prestige de l’édition 2016, qui devra se contenter de l’Argentine et de la Bolivie, comme l’a annoncé ASO dans la foulée de la décision de Lima.

L’organisateur, qui n’a eu d’autre choix que de « prendre acte » du renoncement, s’est donné trois semaines pour réaliser le nouveau tracé, qui sera révélé « au cours de la seconde quinzaine de septembre ».

Cette 8e édition devait marquer les retrouvailles entre le Dakar et le Pérou, absent lors des deux dernières éditions après avoir accueilli deux éditions: l’arrivée en 2012 et le départ en 2013. Les quatre premières étapes y étaient prévues, avec un départ de Lima le 3 janvier.

Mais la menace d’El Nino s’est révélée plus forte auprès du gouvernement péruvien que la belle carte postale véhiculée par le rallye. Ce courant équatorial chaud du Pacifique est un phénomène hivernal -il est désigné ainsi, « l’Enfant », en référence à Jésus car apparaissant après Noël- et les autorités redoutent qu’il soit particulièrement fort et long, jusqu’au printemps, sur la base des estimations du Centre américain de prévision du climat.

Le ministère du Commerce extérieur a justifié l’annulation de la venue du Dakar « en prévision des effets d’une forte magnitude (provoqués par El Nino) sur la population ». Le ministère a insisté sur le fait que l’annonce initiale de la participation du Pérou au Dakar avait été faite avant que les prévisions concernant le phénomène n’aient atteint les proportions actuelles.

Les experts prévoient un phénomène particulièrement violent sur la zone côtière, du même ordre que celui de 1997-1998, qui avait causé 3000 millions de dollars de dégâts.

Toujours par prévention, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence dans 1200 localités de 14 régions. Environ 65 millions de dollars ont été débloqués pour faire face aux probables désastres naturels.

En 2015, le Dakar aurait dû déjà retourner au Pérou, mais le pays s’était finalement désisté, officiellement pour des raisons économiques. L’édition 2014 s’était également tenue sans lui, les organisateurs ayant choisi de se concentrer sur un passage en Bolivie.

Quand ASO avait officialisé en avril le retour du Pérou après ces deux années d’absence, il avait insisté sur son engagement à préserver le patrimoine archéologique du pays, endommagé lors des éditions antérieures.

 

© AFP

 

3 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Depuis que le Dakar existe, combien de pilotes, de spectateurs ou d’organisateurs, se sont tués ou gravement blessés en Afrique puis en Amérique latine. Combien de CO² a été rejeté par cette course ? Et par tous les véhicules employés, les liaisons en avion, en hélicoptère.
    La gloire à moteur, ça rejette combien de CO² ? Et ça sert à quoi ?

    • Christophe BIZEUL

    La F1,les Rallyes et autres GP moto et auto, sont des disciplines d’un temps révolu.
    Elles sont ringardes,polluantes,et déploient une image contraire aux nouveau défi du 21ème siècle.
    Que dire du comportement colonialiste du Dakar,qui comme une armada ,déploie ses jouets, ses moyens pharaoniques, sous les yeux de populations qui ont d’autres soucis,au mépris de la sécurité,du respect de l’environnement,et de la vie (combien d’enfants tués pour nos belles émotions et belles images TV?)

    • Claude Renaud

    Ça c’est une bonne nouvelle!!!
    Il semble que les organisateurs et les concurrents du Dakar ne soient pas concernés par
    le réchauffement climatique. D’abord son petit plaisir personnel, n’est-ce pas?
    Dommage que la Bolivie et l’Argentine ne suivent pas la décision du Chili et du Pérou.
    Il est fort probable que l’Argentine et la Bolivie auront une délégation à la COP21. Alors?
    Il est navrant de constater que les organisateurs du Dakar ne se conduisent pas en gens
    responsables, en décidant eux-mêmes de renoncer au rallye.
    L’autodiscipline n’est pas le propre de l’homme.
    Claude

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