Suisse: Greenpeace lance une procédure pour demander l’arrêt d’une centrale nucléaire

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La centrale nucléaire de Beznau, près de Döttingen, en Suisse, le 22 mai 2011 © AFP/Archives Fabrice Coffrini

Döttingen (Suisse) (AFP) – L’organisation écologiste Greenpeace et des riverains de la centrale nucléaire de Beznau en Suisse, la plus vieille au monde, ont annoncé jeudi avoir lancé une procédure pour demander l’arrêt définitif de l’installation, estimant dans un communiqué qu’elle « ne résisterait pas à un séisme puissant ».

La procédure a été lancée le 19 août, conjointement avec l’Association trinationale de protection nucléaire (ATPN) et la Fondation suisse de l’énergie (SES).

« Ensemble, ils exigent une mise hors service définitive de l’installation », qui est basée dans le canton d’Argovie, près de la frontière allemande, entre Bâle et Zurich, et compte 46 années d’activité.

Suite à la catastrophe de Fukushima en 2011, le groupe suisse Axpo, l’exploitant de la centrale, avait dû procéder à des vérifications concernant le risque sismique.

Le 9 juillet 2012, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) avait conclu que les examens avaient montré que l’ensemble des centrales nucléaires suisses « résistent à un grave tremblement de terre » et peuvent rester en exploitation.

D’après Greenpeace, les experts se sont trompés dans leurs calculs car ils ont utilisé des normes techniques erronées.

Les plaignants ont demandé dans un courrier à l’IFSN « de corriger sa décision de juillet 2012 et d’ordonner l’arrêt de la centrale de Beznau ». Si l’IFSN maintient sa position actuelle, elle doit l’annoncer publiquement, selon Greenpeace.

Les plaignants pourront ensuite déposer un recours auprès du Tribunal administratif fédéral et, si nécessaire, du Tribunal fédéral contre la décision de l’IFSN.

Cette centrale, mise en service en 1969, est devenue la doyenne du parc mondial après la fermeture de la centrale britannique d’Oldbury fin février 2012.

Le risque sismique en Suisse est considéré comme « modéré » par les autorités fédérales en comparaison européenne. Environ 10.000 séismes, dont 12 ayant provoqué des dégâts importants (intensité supérieure à 8), ont fait trembler le territoire suisse depuis le XIIIe siècle, selon le service sismologique suisse.

Le plus fort séisme historique documenté au nord des Alpes s’est produit en 1356 à Bâle, détruisant une grande partie de la ville. D’après les experts, un tremblement de terre de magnitude 6,5 à 7, comparable à la secousse de la région de Bâle, se produit environ une fois tous les 1.500 ans.

La centrale de Beznau dispose de deux réacteurs, Beznau I et II, qui sont actuellement déconnectés pour des travaux de révision. La Suisse dispose de trois autres centrales: Mühleberg, Gösgen et Leibstadt.

 

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Un commentaire

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    • Oskar Lafontaine

    La persistance de l’existence en fonctionnement de centrales nucléaire est devenu un « crime global et majeur contre la biosphère », et donc contre l’Humanité qui essaie d’y vivre, et pas seulement d’y survivre.
    Un jour viendra, où les responsables-irresponsables, techniciens, juges et politiques, de la poursuite de fonctionnement de ces antiquités déglinguées et de plus en plus ruineuses à exploiter, voire pour s’en convaincre, les comptes financiers, à dormir debout, d’EDF et d’Areva, seront envoyés croupir en taule au long cours, il suffira pour cela d’un accident nucléaire majeur, qui surviendra, d’une manière ou d’une autre, c’est inexorable, et ils ont tous été prévenus, et cette nouvelle demande de Greenpeace, sera jointe à leur acte d’accusation.
    Il n’existe pas de « sécurité du nucléaire », c’est juste là le déversement de la propagande sulfureuse du lobby nucléariste immonde et criminel, il n’existe, du nucléaire, qu’une insécurité permanente et de nature apocalyptique..

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