Glyphosate: Foodwatch presse l’UE d’appliquer le principe de précaution


Un bidon de Roundup de Monsanto dans une jardinerie à Lille, le 15 juin 2015 © AFP PHILIPPE HUGUEN

Paris (AFP) – L’ONG allemande Foodwatch presse l’Europe d’appliquer le principe de précaution à propos du glyphosate, alors que la Commission européenne doit décider d’ici la fin de l’année de reconduire ou non pour dix ans l’autorisation de cet herbicide très répandu, soupçonné d’être cancérigène.

La Commission « détient un outil puissant » pour protéger les citoyens contre le glyphosate, classé cancérigène « probable » en mars par l’Organisation mondiale de la santé, a expliqué lundi à l’AFP Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch France.

Le glyphosate est l’ingrédient principal du désherbant Roundup du géant américain Monsanto.

Le processus de réévalution du risque mené par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), sur lequel s’appuiera la Commission pour prendre sa décision, « est une farce », dénonce Mme Kragl.

« L’industrie exerce une pression inacceptable: un tiers des experts d’un comité travaillant sur ce dossier sont employés par les géants de l’industrie chimique », estime l’ONG dans un communiqué.

Ce comité dépend de l’organisme allemand d’évaluation des risques Bundesinstitut für Risikobewertung (BFR), chargé de remettre un rapport sur lequel l’EFSA basera son avis, l’Allemagne ayant été désignée comme rapporteur au nom de l’ensemble des Etats-membres.

Selon Foodwatch, la décision européenne pourrait être rendue « dès l’automne ». L’ONG appelle donc les ministres français de l’Agriculture et de l’Environnement à peser dans les discussions afin que l’autorisation du glyphosate ne soit pas renouvelée.

Si le glyphosate est de nouveau autorisé pour dix ans, « la France sera obligée de respecter la réglementation européenne. On ne peut pas l’interdire à la vente », souligne Mme Kragl.

La ministre de l’Environnement Ségolène Royal a demandé en juin aux jardineries de ne plus vendre le Roundup en libre service à partir du 1er janvier, mais le produit restera disponible en passant par un vendeur certifié.

« Tant que l’innocuité du glyphosate ne sera pas prouvée, il ne devrait plus être permis de l’utiliser », fait valoir Mme Kragl.

 

© AFP

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    • Monsanto France

    Le glyphosate fait l’objet d’un processus décennal de ré-homologation au niveau de l’UE qui est à la fois rigoureux et transparent, contrairement à ce qui est avancé dans cet article. Cette procédure s’appuie sur un dossier scientifique contenant toutes les informations, publications et études, menées par des institutions publiques ou privées. Un des objectifs est de s’assurer que toutes les informations ou données nouvelles soient constamment examinées et prises en compte dans l’évaluation réglementaire. Plus d’information sur le processus de renouvellement de l’homologation auprès de l’UE : http://www.glyphosateeu.fr/faq

    Par ailleurs, comme le rappelle le Groupe de travail sur le glyphosate (GTF), auquel participe Monsanto aux côtés d’autres industriels du secteur, les évaluations menées par les autorités réglementaires du monde entier pendant plus de quarante ans ont toutes confirmé de manière constante que le glyphosate ne présente aucun risque inacceptable pour l’homme, les animaux, ou l’environnement. Beaucoup d’opinions d’organisations nationales ou internationales sont disponibles : http://www.glyphosateeu.fr/documents-reglementaires-0 (en particulier des opinions scientifiques émises sous l’égide de l’ONU, de l’UE et de l’état français).

    Dans une approche très militante, certains s’évertuent à remettre en cause à tout prix la liberté scientifique des nombreux comités d’experts nationaux ou internationaux. C’est regrettable. Rappelons que ce sont en général des organismes officiels, mis en place par les états, strictement encadrés par des lois et des textes réglementaires. Les évaluations du risque menées par ces centaines de comités et d’experts dans toutes les régions du monde, suivant une approche scientifique, nous semblent essentielles pour montrer la qualité de nos produits.

    Le profil d’innocuité du glyphosate s’appuie sur 800 études, des utilisations dans 160 pays et 40 ans d’utilisation sûre. Concernant le lien supposé entre glyphosate et cancer, des réponses sont disponibles ici http://www.glyphosateeu.fr/gtf-statements/levaluation-du-circ-ne-constitue-pas-une-evaluation-des-risques
    et là http://www.glyphosateeu.fr/y-t-il-des-preuves-que-le-glyphosate-cause-le-cancer .

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