Mexique: manifestations après la mort d’un photoreporter et de quatre femmes

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Des photojournalistes mexicains brandissent la photo de leur confrère décédé Ruben Espinoza lors d'une manifestation à Mexico le 2 août 2015 © AFP YURI CORTEZ

Mexico (AFP) – Des manifestations ont eu lieu dimanche dans plusieurs villes du Mexique après la mort d’un photojournaliste et de quatre femmes, dont une militante des droits de l’Homme, abattus par armes à feu, dans un appartement de Mexico.

Environ 2000 personnes ont manifesté dans la capitale aux cris de « Justice, Justice », brandissant des portraits de Ruben Espinosa et accusant les autorités d’être responsables de ces crimes.

Des rassemblements ont également eu lieu dans d’autres villes du pays, dont Xalapa, la capitale de Veracruz où travaillait le photographe et où une centaine de personnes a de nouveau manifesté dimanche, comme la veille au soir.

Ruben Espinosa, 31 ans, qui travaillait notamment pour la prestigieuse revue Proceso et le journal AVC Noticias de Veracruz, était venu se réfugier à Mexico, il y a deux mois, après avoir reçu des menaces.

Son corps a été découvert vendredi soir dans un appartement de la capitale, ont confirmé dimanche les autorités judiciaires, ainsi que celui de quatre autres femmes dont une militante des droits de l’Homme, Nadia Vera. L’identité des trois autres victimes n’a pas encore été communiquée.

Chaque victime « présentait une blessure à la tête par arme à feu » et plusieurs présentaient sur le corps des contusions, « sans doute conséquence d’une lutte » avec les agresseurs, selon les autorités judiciaires.

Selon une source policière, les corps avaient « les mains liées » et les victimes auraient pu être torturées.

Samedi soir un porte-parole du parquet a précisé à l’AFP que les cadavres avaient été trouvés dans un appartement du quartier de Narvarte, dans le sud de la capitale, après un appel de voisins.

Les autorités n’ont pour l’heure fourni aucune précision sur l’éventuel mobile de ces homicides, mais ces crimes ont suscité une vive émotion, notamment dans le milieu journalistique.

A Guadalajara, Chilpancingo, Acapulco, Oaxaca et Cancún, des rassemblements ont également été organisés, auxquels participaient des photographes de presse, appareil photo dans une main, portrait d’Espinosa dans l’autre.

Dans la capitale, les manifestants, parmi lesquels de nombreux journalistes, se sont aussi rassemblés devant le bâtiment abritant la représentation de Veracruz. Ils accusent le gouverneur de cet Etat, Javier Duarte, d’être responsable des violences qui ont causé la mort de 13 journalistes depuis 2010 dans cette région du Mexique.

Selon l’ONG, Articulo 19, qui défend la liberté de la presse, aucune des femmes décédées n’était liée à des activités journalistiques. Nadia Vera militait pour les droits de l’Homme à Veracruz et organisait des événements artistiques.

La Commission des droits de l’homme de Mexico a demandé aux autorités de « ne pas écarter la piste liée à son travail journalistique » de Ruben Espinosa.

Ce photographe était venu se réfugier dans la capitale après avoir été agressé à plusieurs reprises, notamment en 2013 lorsqu’il avait été frappé par la police lors d’une manifestation à Veracruz.

Il n’avait pas hésité à s’en prendre encore récemment aux autorités de l’Etat de Veracruz, les accusant d’entraver la liberté d’expression et d’acheter certains journalistes pour faire taire les critiques.

Au cours de la dernière décennie, plus de 80 journalistes ont été tués au Mexique et 17 sont portés disparus, selon Reporters sans frontières.

© AF¨P

4 commentaires

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    • Paul Sven

    Encore une fois, quel rapport avec l’environnement ?

      • sorlekua

      Qui se préoccupe de l’environnement doit se préoccuper des droits de l’homme et de l’humanité en général !

    • Damien

    Le Mexique est un pays fort corrompu. Aux mains de quelques grosses fortunes. Ces familles sont les plus riches du monde, très discrètes elles manipulent la justice, l’économie, la politique, maintenant le pays dans une forme de soumission ou d’esclavage. Bien sur il y a une classe moyenne bien éduquée. Mais celle-ci reste sagement dans les rangs. Rien ne se passe ou s’autorise au Mexique sans l’aval des « maîtres » du pétrole, du ciment, des télécom.

    • GoodPlanet

    Bonjour Palul et Petitalot

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