La cuve de l’EPR de Flamanville sous l’oeil des parlementaires

EPR

Le site de l'EPR de Flamanville en construction, le 6 novembre 2014 © AFP/Archives Charly Triballeau

Paris (AFP) – L’anomalie de la cuve de l’EPR de Flamanville est due à une concentration de carbone plus importante que la norme, a indiqué jeudi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« Plus il y a de carbone, plus la résistance à l’impact diminue » a expliqué Thomas Pardoen, professeur à l’Université catholique de Louvain.

Areva avait communiqué à l’ASN une teneur en carbone supérieure à celle attendue dans une carotte centrale sur le couvercle (0,30% pour une valeur visée de 0,22%).

Areva doit maintenant justifier que « les propriétés du matériaux du couvercle et du fond de la cuve sont suffisantes pour un usage nucléaire », et ce malgré l’anomalie, a expliqué  Rémy Catteau, directeur des équipements sous pression de l’ASN, aux députés réunis par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

L’ASN a reçu le 13 mai le programme d’essais d’Areva sur la cuve qui prendront plusieurs mois. Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, prévoit une « prise de position sur l’anomalie de la cuve quelque part dans le premier semestre 2016 » qui sera déterminante pour l’avenir de l’EPR.

Pour l’Institut de sûreté nucléaire (IRSN), l’expertise permettra de dire « si la cuve telle qu’elle est » avec ces zones chargée en carbone présente « une résistance suffisante (…) en situation normale et accidentelle ».

Le nouveau procédé d’élaboration des lingots qui permettent de réaliser les deux pièces de la cuve a été critiqué par Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN, qui l’a qualifié de « régression ».

Ce changement est dû à la taille du couvercle de l’EPR de Flamanville, plus épais que les précédents et qui « nécessite d’autres lingots plus gros » que les autres réacteurs, a justifié Bertrand de l’Epinois d’Areva. Ce changement de taille est responsable selon lui du haut niveau de carbone dans les pièces.

Le président de l’ASN a rejeté le terme d' »anomalie réglementaire ». « Il s’agit clairement d’une anomalie », « ce n’est pas la règlementation qui est en cause ».

Il a souligné que l’anomalie était une « anomalie sérieuse même sous l’ancienne réglementation ».

Areva s’est dit « assez confiant quand à « l’aptitude à l’emploi » de la cuve.

 

© AFP

2 commentaires

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    • Royal Lopin

    On n’a pas mieux à faire que de créer un danger de plus :

    « Les centrales nucléaires en France et dans le monde.
    Il faudra Réparer et protéger ce qui doit l’être. Certains devront se sacrifier pour agir, entretenir la sécurité. Mais à terme, il faut les stopper. Le matériel vieillissant est une épée de Damoclès. Oui, il faut débrancher les réacteurs, les mettre tous à l’arrêt. Il n’y a pas d’autre solution. Ce sont déjà des zones de non-droit : impossible à vivre, vu leur potentiel dangereux. La France a du souci à se faire et elle n’est pas la seule. En clair : arrêter toutes les centrales et vivre avec moins.
    Nous voyons le terme arriver avec soulagement ! Le Grand Nettoyage aura raison de la folie des hommes »Clefsdufutur-07.06.2015-

    • Oskar Lafontaine

    Avant même de se préoccuper de la sécurité de ces installations délirantes d’absurdité et surtout d’inutilité, il aurait convenu de s’intéresser d’abord à leur pertinence économique.
    Or, en France et dès septembre 1945 un physicien E.Nahmias, spécialiste de ces questions de rayonnement et parfaitement informé des réalisations américaines notamment, avait écrit, noir sur blanc, que l’utilisation de l’énergie nucléaire ne « permettrait pas de faire baisser le montant des factures d’électricité ». Et il expliquait déjà pourquoi. Il avait raison, mais pour des raisons inavouables, en liaison avec l’arme atomique, son avis a été passé à la trappe.
    A lire dans un Science et Vie spécial, non numéroté, peut-être le tout premier, du quatrième trimestre 1945, il y aura 70 ans dans 3 mois.

Un fabricant de voitures à hydrogène mise sur la "révolution verte" britannique

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