Bruxelles ouvre une enquête contre les pratiques de l’industrie solaire chinoise

panneaux solaires
Des panneaux solaires à Hami, dans le nord-ouest de la Chine, le 8 mai 2013 © AFP/Archives Str
Des panneaux solaires à Hami, dans le nord-ouest de la Chine, le 8 mai 2013 © AFP/Archives Str

Bruxelles (AFP) – La Commission européenne a ouvert une enquête contre l’industrie solaire chinoise, accusée par des entreprises de l’UE de faire transiter certains de ses produits via Taïwan et la Malaisie pour ne pas payer de droits de douane, indique vendredi le Journal officiel de l’Union européenne.

« La Commission a conclu qu’il existe suffisamment de preuves pour justifier le lancement d’une enquête », indique l’exécutif européen dans le JO.

Une plainte avait été déposée au printemps par l’entreprise SolarWord, qui accuse la Chine d’expédier composants et cellules photovoltaïques vers Taïwan ou la Malaisie, afin d’éviter de payer les droits de douane.

« Les fabricants solaires chinois contournent les mesures anti-dumping de l’UE en exportant leurs produits en premier lieu vers la Malaisie et Taïwan avant qu’ils ne soient importés en Europe. Ils falsifient l’origine des produits, ce qui est de la fraude douanière et doit cesser », a estimé Milan Nitzschke, président de EU ProSun, qui rassemble de nombreuses entreprises du secteur.

Face aux pratiques des producteurs solaires chinois, l’UE impose déjà depuis fin 2013 des mesures contre le dumping et les subventions sous forme de taxes dont le taux moyen est de 47,7%. Ces mesures s’appliquent à un tiers des producteurs chinois, jusqu’à fin 2015 et peuvent être prolongées.

Le secteur en Europe a été sévèrement affecté par ces pratiques, souligne EU ProSun, soulignant que de nombreuses entreprises ont mis la clé sous la porte. La « fraude massive » des producteurs chinois a fait perdre « plus de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires aux Etats membres », estime le groupement d’entreprises.

L’enquête pourrait donner lieu à l’adoption de mesures contre le dumping pour les importations de panneaux solaires venant de Taïwan et de Malaisie.

Un commentaire

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    • Oskar Lafontaine

    Ce qu’il convient surtout de relever c’est que la fabrication de panneaux solaires, qui n’est pas une industrie nécessitant beaucoup de main d’oeuvre, tout y est automatisé et les procédés, chimiques et thermiques, sont effectués dans des fours. Rien à voir avec une usine de voitures construites sur une chaîne. C’est une question de dimensions de l’usine et donc d’investissements de masse que l’Europe n’a pas voulu réaliser, supposant qu’avec des produits plus performants en rendements, ses fabricants tireraient leur épingle du jeu. Il n’en a rien été, il fallait lancer une production de masse. En Asie une usine de panneaux solaires se monte en six mois. Et le prix de sortie d’usine des panneaux est actuellement à moins de 44 centimes d’euro le watt-crête, quand le watt nucléaire modèle EPR sera, si ça fonctionne un jour, à plus de 10 euros , autrement dit complètement largué même en multipliant le prix par sept pour tenir compte de la production effective du solaire par rapport au nucléaire. Soit de 10 à 15 % du temps contre 80 % pour le nucléaire.
    Et il ne s’agit là que de l’investissement de départ des 2 technologies, en frais de fonctionnement cette fois c’est encore pire pour le nucléaire qui doit au moins payer l’uranium quand l’usage du soleil est gratuit.

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