Les députés interdisent à la grande distribution de jeter la nourriture

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Des rayons dans un supermarché, le 27 juin 2014 dans le nord de la France © AFP/Archives Philippe Huguen
Des rayons dans un supermarché, le 27 juin 2014 dans le nord de la France © AFP/Archives Philippe Huguen

Paris (AFP) – L’Assemblée nationale a voté jeudi soir à l’unanimité des mesures contre le gaspillage alimentaire destinées à empêcher les grandes surfaces de jeter de la nourriture, selon son promoteur, l’ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire Guillaume Garot.

Le député PS avait déposé avec des collègues de la majorité comme de l’opposition des amendements à cette fin au projet de loi sur la transition énergétique en nouvelle lecture à l’Assemblée.

Il sera désormais interdit aux distributeurs du secteur alimentaire de rendre leurs invendus impropres à la consommation. « Voir de l’eau de Javel déversée sur les poubelles des grandes surfaces avec des aliments consommables, ça scandalise », a souligné M. Garot.

Ils devront s’efforcer de prévenir tout gaspillage, ou à défaut d’utiliser leurs invendus, au travers de dons, ou pour l’alimentation animale ou encore à des fins de compost pour l’agriculture, valorisation énergétique…

Les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés auront d’ailleurs l’obligation de conclure une convention avec une association caritative, afin de faciliter les dons alimentaires.

En outre, les produits sous marque de distributeur qui seraient retournés au fournisseur seront autorisés au don alors qu’ils sont détruits actuellement.

« La loi se trompe à la fois de cible et de sujet, en visant la grande distribution, qui ne représente que 5% du gaspillage alimentaire, et en créant de nouvelles formalités », a regretté Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du Commerce et de la Distribution dans un communiqué.

« Nous sommes les premiers donateurs et plus de 4.500 magasins ont signé des conventions avec des associations humanitaires (…) Nous allons réunir en urgence les associations avec lesquelles nous travaillons pour examiner ensemble les conséquences de ces dispositions », a-t-il insisté.

La lutte contre le gaspillage alimentaire sera enfin intégrée à l’éducation à l’alimentation durant le parcours scolaire. Les entreprises pourront se prévaloir de leurs actions en la matière dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale.

Les amendements de M. Garot reprennent les préconisations d’un rapport qu’il avait remis en avril au gouvernement, portant sur tous les acteurs de la chaîne alimentaire.

Plusieurs parlementaires se disputent la paternité de ces mesures. L’élu de la Mayenne a réuni les plus engagés et les amendements sont co-signés – fait rarissime – par des députés de tous bords, dont Jean-Pierre Decool (UMP), lui-même auteur d’une proposition de loi qui avait été récemment rejetée dans l’attente du rapport Garot, ainsi que Brigitte Allain (EELV) et Marc Dolez (Front de gauche).

Leur validation a été saluée jeudi comme « l’aboutissement d’un travail de terrain » par l’élu de Courbevoie divers droite Arash Derambarsh, qui a distribué cet hiver des invendus et réuni quelque 200.000 signatures « pour dire stop au gâchis alimentaire ».

Chaque Français jette en moyenne 20 à 30 kilos de nourriture par an, ce qui représente une somme de 12 à 20 milliards d’euros sur une année.

L’UMP Frédéric Lefebvre s’est toutefois inquiété d’un éventuel risque de censure du Conseil constitutionnel sur ces mesures car elles ont été introduites au cours d’une nouvelle lecture du projet de loi et non dès la première lecture.

Les sénateurs avaient déjà voté en février un amendement au projet de loi sur la transition énergétique prévoyant la suppression de la date limite d’utilisation optimale (DLUO) sur les produits alimentaires non périssables. A l’occasion de l’examen de la loi Macron, les sénateurs ont aussi soutenu à l’unanimité un cadre pour la distribution des invendus par les supermarchés aux associations.

Une fois ces mesures anti-gaspillage entrées en vigueur, « il restera néanmoins beaucoup à faire », estime M. Garot, citant la mobilisation des collectivités locales, la formation des professionnels et la sensibilisation des consommateurs.

Le gouvernement s’était fixé dès 2012 un objectif de division par deux du gaspillage alimentaire d’ici 2025.

3 commentaires

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    • Stéphanie Roy

    Je suis très d’accord avec ses nouvelles décisions ça fait très longtemps que je le dis et pense et j’étais horrifié par l’égoïsme des épiceries et secteurs d’alimentations il y a trop de monde qui ne mangent pas et les organismes ne fournisses pas il ont pas assez de don si tous le monde s’y mette nous réussiront a mettre un terme a la famine et pauvreté merci bcp

    • lechartier eric

    Je trouve ça normal que la nourriture soit redistribuée, surtout quand on voit que même quelqu’un qui est affamé ne peux même pas faire les poubelles des grandes surfaces, ils ajoutent des produits chimiques pour les rendre tout a fait inconsommables ! C’est une honte !!

    • Sire Didier

    Je me réjouis d’une telle mesure, qu’il y ait enfin une action qui montre de bonnes volontés de la part des mondes politiques et économiques se rapprochant des associations caritatives. Je n’oublient pas les salariés de l’agro alimentaires qui vivent la honte lorsqu’ils voient leur entreprise détruire tant de nourriture qu’ils ont fabriqué. Il y avait quelque chose de malsain et de désolant à ne pas pouvoir venir en aide à un nombre croissant de personnes que la crise conduit à vivre dans la précarité.
    Bravo!

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