La Maison Blanche dévoile un plan pour sauver les abeilles

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Le président américain Barack Obama et l'un des ses principaux conseillers scientifiques John Holdren passent dans le jardin de la Maison Blanche, le 7 mars 2014 à Washington © AFP/Archives Brendan Smialowski
Le président américain Barack Obama et l'un des ses principaux conseillers scientifiques John Holdren passent dans le jardin de la Maison Blanche, le 7 mars 2014 à Washington © AFP/Archives Brendan Smialowski

Washington (AFP) – La Maison Blanche a dévoilé mardi un plan d’action national pour sauver les abeilles et autres pollinisateurs en péril, qui jouent un rôle clé dans la sécurité alimentaire américaine et pour l’environnement.

« Les insectes pollinisateurs sont essentiels pour l’économie nationale, la sécurité alimentaire et l’environnement », a expliqué John Holdren, l’un des principaux conseillers scientifiques du président Barack Obama.

« La pollinisation par les seules abeilles représente plus de 15 milliards de dollars de récoltes agricoles annuellement » dans le pays, a-t-il précisé. Il s’agit de fruits, de fruits à coque et de légumes.

Mais « ces pollinisateurs souffrent ».

En effet, selon une estimation du département de l’Agriculture (USDA) publiée la semaine dernière, les apiculteurs ont perdu 42% de leurs colonies d’abeilles ces douze derniers mois dont une grande partie en hiver.

C’est la deuxième plus mauvaise année pour la mortalité des abeilles domestiques aux Etats-Unis dans les annales. La pire avait été en 2012-2013 avec la disparition de 45% des colonies.

« Des pertes aussi importantes toute l’année restent très inquiétantes », avait dit Jeff Pettis, un entomologiste de l’USDA, co-auteur de cette recherche. « Les chercheurs doivent trouver de meilleures réponses à l’origine des événements qui mènent à ces pertes en hiver comme en été ».

Ce phénomène encore mystérieux observé depuis 2006 en Amérique du Nord, mais aussi en Europe notamment, décrit la disparition assez soudaine dans les ruches de millions d’abeilles adultes.

Pour les scientifiques, une combinaison de plusieurs facteurs serait responsable de cette hécatombe, dont une mite parasite, un virus, la diminution des éléments nutritifs disponibles et la nocivité des pesticides.

Le plan d’action américain vise aussi à reconstituer les populations de papillons monarques, en très forte diminution. Le nombre de ces papillons migrateurs, qui vont passer l’hiver dans le sud, surtout au Mexique, a baissé de 90%, voire davantage ces deux dernières décennies.

Ce plan prévoit de limiter la mortalité des colonies d’abeilles pendant l’hiver à 15% maximum dans les dix ans et à restaurer 2,8 millions d’hectares d’habitat dans les cinq ans grâce à des interventions fédérales et des partenariats entre secteurs public et privé.

Il compte également accroître la population des papillons monarques jusqu’à 225 millions d’ici cinq ans sur une superficie de forêt d’environ six hectares au Mexique, en collaboration avec le gouvernement mexicain.

De nombreuses agences fédérales sont mobilisées pour diversifier les espèces de plantes sur les terres fédérales, pour qu’elles soient mieux adaptées aux besoins nutritifs des abeilles et autres pollinisateurs.

Selon les scientifiques, les vastes régions agricoles pratiquant la monoculture privent les abeilles de leurs sources de nourriture.

Ce plan qui met aussi l’accent sur la recherche scientifique, repose sur une stratégie « de mobilisation de toutes les ressources », faisant appel à tout un chacun, du fonctionnaire fédéral au simple citoyen, pour agir et sauver les abeilles, explique la Maison Blanche.

Ces mesures sont l’aboutissement de l’appel lancé en juin 2014 par le président Obama pour mettre en oeuvre une stratégie fédérale.

« Accroître l’étendue et la qualité de l’habitat des pollinisateurs est une partie importante de cet effort allant du développement de jardins près des immeubles fédéraux à la restauration de millions d’hectares de terres domaniales et privées », a précisé la présidence.

Mais la Maison Blanche s’est montrée mesurée sur l’impact des insecticides: « Les pesticides jouent un rôle clé dans la production agricole et la santé de notre société. Atténuer leurs effets sur les abeilles est une priorité du gouvernement fédéral », indique le document.

En avril, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a établi un moratoire sur l’utilisation de certains pesticides (néonicotinoïdes) jusqu’à une évaluation complète des risques.

L’Union européenne a interdit trois grandes classes de ces pesticides accusés de tuer les abeilles.

Tout en se félicitant de ce plan, les organisations de défense de la nature aux Etats-Unis estiment que l’administration Obama ne va pas assez loin, surtout pour réduire l’usage des pesticides.

« Le président a raison d’insister sur l’urgence de ce problème. Ces recommandations sont un bon premier pas pour sauver les abeilles, mais davantage d’actions plus urgentes sont nécessaires », juge Peter Lehner, directeur du Natural Resources Defense Council, qui appelle à une réduction drastique de l’usage des pesticides.

10 commentaires

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    • Damien

    Les USA jouent sur une marche à deux temps. La Maison Blanche autorise l’exploitation du sous sol Arctique par la compagnie Shell et le lendemain nous annonce un plan pour sauver les abeilles. De qui se moquent-on ? Ils espèrent que la seconde annonce fera oublier les douleurs de la premières. Méfiance, méfiance. C’est Bill Clinton qui a déclaré que s’il est bien président des USA et chef d’un gouvernement, il y a un second gouvernement dans l’ombre du premier sur lequel il n’a aucune prise. De plus en plus les « élus » sont prisonniers d’un système qu’ils ne contrôlent pas.

    • marcadet

    Il n’est jamais trop tard pour bien faire…
    cependant, les lobbies de la chimie sont très puissants et c’est bien là le problème. Les chiffres comptent plus que la santé des populations humaines… sauf pour mettre au point d’autres chimies sensées nous guérir de celles qui nous tuent. Et voilà le cercle infernal en place…
    Il existe pourtant d’autres moyens naturels pour préserver les cultures. Dans certains pays africains, par exemple, on cultive en périphérie des champs, des plantes « rampart » qui attirent les insectes ravageurs en secrétant une substance gluante. Nul besoin d’insecticide.
    Insecticides, herbicides, fongicides, pesticides…. des produits hautement toxiques pour les humains, la faune et la flore dont nous avons vitalement besoin.
    Un autre exemple simple…
    Le purin d’orties si simple à faire.
    Et combien d’autres qui peuvent remplacer les poisons mis sur le marché pour les agriculteurs et les particuliers….!!
    Il est impératif de travailler sur cette voie qui permettra à tous de vivre sans tous les risques de cancers que la chimie engendre.
    A nos gouvernants de montrer cette volonté en interdisant les importations de ces produits. Il faut savoir que Régent et Gaucho n’apparaissent plus.. ils ont été remplacés par un autre produit associant les molécules actives des deux. Oú est la volonté de nous préserver…?
    Toujours la rentabilité péciniaire

    • Durand

    J’attends toujours une réponse de Mr Obama sur l’exploitation de pétrole en artique. …???

    • marcadet

    Paroles, paroles, encore des paroles….
    Des mensonges qui durent depuis trop longtemps…
    Les abeilles meurent et nous aussi… De la chimie. Pesticides, insecticides, fongicides…
    Alors qu’il existe des solutions naturelles..
    mais qui ne rapportent pas aux lobbies…!!
    Voilà la vérité…

    • c

    Tout doucement , tout va disparaître de cette planète , les abeilles , les papillons , les éléphants les rhinocéros et j’en passe !
    Et tout cela la FAUTE L’HOMME !

    • mona

    Et pour enrichir les lobbies américains et les revendeurs des pays qui les acceptent…!!
    Il existent pourtant d’autres solutions naturelles.

    • mona

    L’homme qui est avide d’argent…!
    Ce marché enrichit les uns et tue les autres.

      • Jean claude

      Mais a quoi sert l’argent si la vie disparaît ??? …
      La cupidité des hommes(et des femmes)mettra le monde sur la paille et même les tres riches ne pourront pas y survivre !

    • Fanja Ranaivo

    L’homme est en train de signer son arrêt de mort. Et les grands groupes qui s’enrichissent avec les pesticides sont un tantinet stupides, quand il n’y aura plus rien a empoisonner, ils couleront avec le reste de la planète.

    • Oskar Lafontaine

    En tout état de cause la principale cause de l’extinction des abeilles n’est pas chimique mais bien électromagnétique et numérique. Ce sont les modulations en numérique qui affolent les abeilles et leur font perdre le sens de l’orientation tout comme le goût de vivre.Le phénomène est apparu avec la mise en services des premiers émetteurs de la TNT, curieusement c’est seulement le rayonnement direct et pas celui réfléchi par un obstacle, un mur etc. qui les atteints à mort.

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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