Réchauffement, tensions nucléaires: l’horloge de l’apocalypse avancée à minuit moins trois

horloge de l'apocalypse

Le professeur Richard Somerville de l'université de San Diego dévoile "l'horloge de l'Apocalypse" qui symbolise l'imminence d'un cataclysme planétaire, le 25 janvier 2015 à Washington © AFP Nicholas Kamm

Washington (AFP) – L’horloge de l’apocalypse, qui symbolise l’imminence d’un cataclysme planétaire, a été avancée de deux minutes, à minuit moins trois, ont annoncé jeudi des scientifiques internationaux citant la double menace du réchauffement climatique et le regain de tensions nucléaires.

Le Bulletin des scientifiques atomiques, une association qui compte dans ses rangs 18 prix Nobel, juge ainsi « très élevée la probabilité de catastrophe planétaire à moins que des mesures ne soient prises rapidement ».

La célèbre horloge indique maintenant minuit moins trois minutes, précise Kennette Benedict, présidente de cette association qui a créé en 1947 cette horloge symbolisant au départ l’imminence d’un cataclysme nucléaire.

« Aujourd’hui, le réchauffement climatique incontrôlé et une course aux armes nucléaires résultant de la modernisation des énormes arsenaux existant représentent des menaces extraordinaires et indéniables à la survie de l’humanité », a estimé Kennette Benedict en annonçant cette décision lors d’une présentation à Washington.

« Les dirigeants mondiaux n’ont pas agi avec la promptitude et l’ampleur requises pour protéger les citoyens de catastrophes potentielles », a-t-elle ajouté pour justifier le déplacement de l’aiguille de la pendule.

La dernière fois que l’aiguille avait été déplacée remonte au 10 janvier 2012, quand elle avait été avancée d’une minute.

Elle n’a jamais été aussi près de minuit depuis 1984, quand elle avait également été réglée à 23H57 au moment le plus tendu des relations américano-soviétiques.

Sur le front du climat l’absence d’action ces dernières années face à la forte opposition politique a empiré la situation, déplore Sivan Kartha, un membre du bureau scientifique du Bulletin of the Atomic Scientists et un des responsables du Stockholm Environment Institute.

« Les gaz à effet de serre dans le monde se sont accru de 50% depuis 1990 et ces émissions ont augmenté plus rapidement depuis 2000 que durant les trois décennies précédentes combinées », précise-t-il.

Selon lui, les investissements consacrés aux infrastructures d’exploitation des énergies fossiles ont dépassé mille milliards par an, sans compter des centaines de milliards de dollars de subventions publiques. « Nous devons et pouvons inverser cette tendance », insiste le scientifique.

Pour Richard Somerville, professeur et chercheur retraité du Scripps Institution of Oceanography à l’Université de Californie, « les efforts entrepris pour réduire les gaz à effet de serre ont été très insuffisants pour éviter des perturbations climatiques ».

« Sans des réductions beaucoup plus importantes de ces gaz, le monde émettra suffisamment de dioxyde de carbone (CO2) d’ici la fin de ce siècle pour bouleverser profondément le climat terrestre », prévient-il.

« Ce changement climatique affectera des millions de personnes et menacera un grand nombre d’écosystèmes dont dépend la civilisation humaine », poursuit le professeur Somerville, pressant « les dirigeants du monde d’agir de façon coordonnée et rapidement pour réduire drastiquement surtout les émissions de CO2 ».

Quant aux tensions nucléaires, l’optimisme prudent qui prévalait avec la fin de la Guerre Froide s’est évaporé, juge Sharon Squassoni, directeur du programme de prévention de la prolifération des armes nucléaires au Center for Strategic and International Studies, un institut de recherche de Washington.

Bien que les Etats-Unis et la Russie ne détiennent plus les dizaines de milliers d’armes nucléaires qu’ils avaient durant la Guerre Froide, le rythme de réduction de ces arsenaux s’est fortement ralenti ces dernières années, et ce bien avant la crise en Ukraine.

De 2009 à 2013, l’administration du président Barack Obama n’a éliminé que 309 têtes nucléaires, relève Sharon Squassoni.

Un conflit nucléaire même limité provoquerait un grand nombre de morts et aurait des effets très néfastes sur l’environnement, selon elle.

Ces scientifiques pressent également les responsables politiques de trouver dès maintenant une solution durable au problème du stockage des déchets nucléaires des centrales.

Depuis sa création en 1947, l’horloge de l’apocalypse a été ajustée 18 fois, de minuit moins deux en 1953, quand les Etats-Unis ont décidé de produire la bombe à hydrogène, à minuit moins 17 minutes en 1991, à la fin de la Guerre Froide.

© AFP

 

4 commentaires

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    • jipebe29

    « …ces émissions ont augmenté plus rapidement depuis 2000 que durant les trois décennies précédentes combinées ». Certes, mais Sivan Kartha « oublie » de préciser que la TMAG (température moyenne annuelle globale) est restée stable sur cette période (en fait, depuis 1997). Donc, nos émissions de CO2 n’ont aucun effet mesurable sur la TMAG, et toutes les politiques radicales pour les réduire sont d’un coût pharaonique pour des prunes…

    • Oskar Lafontaine

    Il est clair que l’humanité va directement dans le mur. c’est d’ailleurs dans sa nature et peut-être même dans sa destinée, puisque la vie sur Terre n’est qu’un moyen et non une fin en soi. Mais il s’agit là d’un développement philosophique et même religieux qui n’est pas l’objet du thème d’aujourd’hui.
    Pour le climat, les espoirs de certains sur une stabilisation de la montée des températures, ne se confirment pas, au contraire. Et le basculement vers l’enclenchement de la libération massive du méthane des zones gelées, va en surprendre plus d’un, reléguant au second plan les rejets anthropiques de CO².
    Effectivement enfin les risques nucléaires, militaires autant que civils, font peser une lourde menace supplémentaire.
    Le plus probable maintenant c’est qu’effectivement un accident nucléaire majeur va se produire dans une centrale nucléaire, et statistiquement,comme pour des raisons de vieillissement du matériel, c’est la France qui est la plus concernée par cette catastrophe attendue, et donc au minimum en plus, une bonne partie de l’Europe sera aussi affectée, polluée aux radioéléments mortels.

      • marie beltrami

      suis d’accord avec vous je ne suis ni scientifique ni philosophe, mais je ressens ce profond sentiment de menace. L’étau se resserre autour de l’homme, qui reste sourd depuis si longtemps, et n’écoute que son profit…pensant qu’il a tous les pouvoirs, comme si il était immortel…
      dans la bible on raconte l’histoire de la tour de Babel qui devait toucher le ciel…. serait- ce la construction du monde ! hey! ça ne marchera jamais…mais la tour ne fut jamais terminée trop de langage différents… trop de cultures différentes
      « le problème de l’homme c’est de vouloir être Dieu ou le remplacer mais premièrement « peut on prouver l’existence de Dieu » ….
      Les hommes ont congédiés Dieu, ils se sont comporter comme ds pirates, pillant les peuples,dévastant les forêts et les ressources naturelles à leur seul profit »
      lire « Dieu n’est pas ce que vous croyez! » par jean Marie Ploux, édition Bayard
      ça finira mal pour nous….je n’ai pas confiance en l’homme, jusqu’à présent il l’a prouvé
      marie beltrami

  • Progrès, dites vous ? A partir du moment où l »homme s’est départi de son animale prérogative, (manger pour subsister et continuer de vivre sans impact sur son environnement) il persiste à défaire ce que des millions de ses prédécesseurs pendant des milliers d’années ont tenté de … conserver. Depuis la roue, depuis les progrès de la sempiternelle « Science », nous nous évertuons à saccager notre planète.
    Alors oui ! On va réussir à :
    – Nous faire sauter le cigare avec nos millions de bombes détenues dan s tous ces arsenaux disséminés partout.
    – A nous faire « bouffer » des drôles molécules jusque-là exemptes de nos aliments qui poussaient joyeusement dans nos vertes prairies devenues exsangues à trop vouloir sur-produire. Ou encore « bouffer » des poissons littéralement empoisonnés. Quand ce ne sont pas des chevaux que l’on nous fait prendre pour des génisses.
    Oui, on va dans le mur à vouloir toujours inventer plus. Consommer plus aussi.
    Tout çà ? pour bientôt 8 milliards de gugus sur notre pauvre petit caillou.
    Même le pape dit qu’il ne faut plus se comporter comme des lapins.
    Solution? Education, sans doute. Ou stand-by économique. J’sais pas bien.
    Mais, bonjour les décennies à venir. Tout çà ? Avec quelques degrés supplémentaires.
    Ouille, chaleur. A boire! De l’eau? Y’en a plus.

Yohann Diniz, recordman du monde de marche athlétique, explique comment il adapte sa préparation physique au changement climatique

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