L’Uruguay, champion de l’énergie éolienne

L'Uruguay

L'Uruguay consacre 3% de son PIB annuel à bâtir son indépendance énergétique © AFP/Archives Cris Bouroncle

Montevideo (AFP) – Produire jusqu’à 100% de son électricité grâce à l’énergie éolienne ? C’est le défi relevé par l’Uruguay, petit pays de 3,3 millions d’habitants qui consacre 3% de son PIB annuel à bâtir son indépendance énergétique.

« Nous allons très souvent avoir des moments où jusqu’à 100% de l’électricité que nous consommons en Uruguay sera d’origine éolienne », affirme Ramon Mendez, directeur national de l’Energie et artisan d’un programme lancé en 2008 destiné à parvenir à la souveraineté énergétique en 25 ans.

« De toute l’énergie que consomme l’Uruguay, près de 50% provient déjà de sources renouvelables (essentiellement hydrauliques), et concernant l’électricité, en 2015, plus de 90% sera issue d’énergies renouvelables », poursuit M. Mendez.

Ses cours d’eau étant déjà exploités à leur maximum, et dans l’attente de la confirmation de la présence sur le territoire d’éventuels gisements pétroliers, l’Uruguay investit massivement dans les éoliennes.

D’après un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), le Costa Rica, l’Uruguay, le Brésil, le Chili et le Mexique sont à l’avant-garde dans le développement des énergies renouvelables en Amérique latine, pour se défaire de la dépendance au charbon et au pétrole.

Fin 2015, l’Uruguay disposera d’un minimum de 30% d’électricité éolienne, plus que le Danemark (28%), l’Espagne (21%) ou l’Allemagne (12%).

Vingt parcs éoliens sont actuellement en activité dans ce pays côtier de 176.000 km2 et 12 autres en construction. Généralement constitués de 25 générateurs totalisant 50 mégawatts, ces parcs ont commencé à être érigés en 2008.

L’Uruguay dispose à ce jour d’une puissance électrique installée totale de 4 gigawatts, et espère atteindre 1,2 gigawatts d’énergie éolienne d’ici la fin de l’année.

Inauguré en 2014, le parc R del Sur, financé par des capitaux uruguayens et espagnols, est situé à 200 km de Montevideo. Au pied des éoliennes de 80 mètres, paissent des troupeaux de vaches, qui constituent l’une des principales ressources économiques de ce pays essentiellement rural.

« L’Uruguay est l’un des meilleurs pays au monde à ce jour en ce qui concerne l’énergie éolienne », se félicite Javier Tirado, directeur du site. Les générateurs produisent « plus de 40% » du temps, « ce qui garantit une production stable et constante », ajoute-t-il.

Outre que le pays « est l’un de ceux disposant de la meilleure stabilité juridique » dans la région, les incitations fiscales offertes attirent les investisseurs, poursuit ce professionnel.

M. Mendez confirme l’importance dans ce boom éolien des facilités accordées par les autorités.

« C’est quasiment un business financier, parce qu’il n’y a aucun coût de production associé, il n’y a pas de combustible à ajouter, le seul coût est d’amortir l’investissement initial », explique-t-il. Une éolienne coûte environ trois millions de dollars et l’Etat paie 60 dollars le mégawatt/heure.

Dans ce pays d’élevage, le développement de l’industrie éolienne, qui n’a quasiment aucun impact environnemental, est par ailleurs parfaitement compatible avec l’activité agricole, renchérit l’ingénieur José Cataldo, directeur de l’Institut de mécanique des fluides et d’ingénierie environnementale de l’Université de la république.

© AFP

 

4 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Chacun peut faire les comptes à partir des prix donnés ici, l’éolien en Uruguay est, rien qu’en investissement de départ, au moins moitié moins cher que le nucléaire à puissance comparable. Et, à production électrique identique, il est toujours moins cher, surtout quand on rajoute les coûts d’exploitation, très élevés en nucléaire et très faibles en éolien, où le coût marginal de production, tend vers zéro. De plus, aucun risque particulier, et les assurances les prennent en charge contrairement au nucléaire dont elles refusent d’assurer l’activité. Et les délais de réalisation, bien plus courts en éolien qu’en nucléaire, permettent encore de réaliser des économies sur les frais bancaires, grâce à un rapide retour sur investissements.
    Et le différentiel financier en faveur de l’éolien et en défaveur du nucléaire s’accroît, d’année en année.
    Même EDF en tient compte, qui n’a plus, depuis 2010-2011, aucun projet de nouveau réacteur nucléaire à construire en France, et diffère même les travaux, pourtant annoncés depuis trois ans (grand carénage) sur son parc actuel. EDF en parle, de ces grands travaux, comme de l’Arlésienne au théâtre, mais on ne voit rien venir, comme si EDF attendait qu’ils tombent en panne… Par contre les projets et réalisations en éolien et photovoltaïques s’accroissent, en dépit des tentatives de blocage du lobby immonde des nucléocrateux.

      • Francis

      Et pourtant,il y a en France des écolo djihadistes qui s’opposent aux éoliennes!

    • Oskar Lafontaine

    Je remercie Francis de son intervention. Pour ma part je n’ai jamais été écolo, et encore moins djihadiste ou autre chose d’aussi tordu. Ma spécialité c’est la comptabilité, et les questions financières sont ma tasse de thé.
    Or la réalité des coûts est imparable, face aux renouvelables que sont le solaire (photovoltaïque) et non pas le solaire thermique par concentration, les autres technologies disponibles pour produire de l’électricité sont complètement larguées, sauf cas particulier, et temporaire, comme les gaz de schistes aux US.
    Toutes les questions scientifiques et technologiques me passionnent depuis l’enfance, bien que j’ai été amené à prendre, avec un père banquier, pour ma carrière, une autre orientation, financière, non moins passionnante.
    Le nucléaire n’a jamais vécu que de mensonges accumulés et répétés jusqu’à plus soif, ce fut une énorme erreur pour la France que de s’y être engagée franchement en 1974, et l’on a pas fini de payer cette erreur, gaullienne en fait. Pourtant, et dès fin 1945 un scientifique français de haut niveau, spécialiste des questions de rayonnements, écrivait, avec explications à l’appui, que l’énergie nucléaire « ne ferait pas baisser le montant des factures d’électricité ». Que n’a t-on suivi cet avis autorisé ! Chacun peut constater aujourd’hui, qu’il avait eu raison. Et les américains ont abandonné l’électronucléaire dès 1973, sur les conseils d’économistes, se contentant depuis de faire durer ce qu’ils avaient déjà réalisé à l’époque, et maintenant, aux US, ces vieux réacteurs s’arrêtent définitivement les uns après les autres, ne laissant que des montagnes de déchets radioactifs très onéreuses à mettre en sécurité.
    L’avenir à moyen terme de l’approvisionnement en électricité n’appartient toutefois pas à l’éolien, mais bien au solaire photovoltaïque, couplé à des systèmes individuels de stockage d’électricité en accumulateurs, les réseaux électriques, smart (intelligents) ou pas sont condamnés par l’évolution technique, et les coûts, tout autant que par les ravages médicaux de leur emploi (champs électromagnétiques = autisme etc.). Mais dans l’immédiat, de deux maux, l’éolien ou le nucléaire, il faut savoir choisir le moindre, d’autant que l’éolien n’est que partiel et temporaire.

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