L’électricité garantie verte a encore du mal à séduire les consommateurs

electricite verte

Le mécanisme des garanties d'origine peine à décoller en France, malgré le militantisme de certains acteurs © AFP/Archives Jean-Sebastien Evrard

Paris (AFP) – Développer les énergies renouvelables en assurant les consommateurs de l’origine « verte » de leur électricité ? C’était ce que promettait le mécanisme des garanties d’origine qui peine à décoller en France, malgré le militantisme de certains acteurs et la volonté d’entreprises d’afficher une image respectueuse de l’environnement.

Instauré au milieu des années 2000 en France, ce système permet à un consommateur de s’assurer qu’au moment où il utilise du courant, une quantité équivalente produite à partir d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique…) est injectée dans le réseau électrique.

Et il est organisé autour d’un registre national, géré depuis 2013 par la société Powernext.

Lorsqu’un producteur met en service une centrale éolienne par exemple, il fait enregistrer ce nouveau moyen de production d’électricité d’origine renouvelable, et émet des garanties d’origine pour chaque mégawattheure produit.

Les fournisseurs d’électricité, ou même certains consommateurs (comme des entreprises), ont ensuite la possibilité d’acheter ces garanties et ainsi d’apposer l’étiquette « verte » à leur courant.

Plusieurs fournisseurs, comme EDF ou Direct Energie, proposent ainsi des abonnements certifiés 100% renouvelable.

Au final, le client paye un peu plus cher son électricité, « en moyenne 2 à 3% plus cher que les tarifs réglementés », selon Jean-Marc Dubreuil, associé chez Wattvalue, une société qui fait l’intermédiaire entre les producteurs d’électricité renouvelable et les acheteurs de garanties.

« En 2014, un volume proche de 20 térawattheures de garantie d’origine a été émis », indique Richard Kantz directeur des ventes et de la communication de Powernext, pour une production totale d’électricité renouvelable un peu supérieure à 100 TWh (102,5 TWh en 2013).

« Jusqu’ici, le système a surtout séduit des consommateurs militants », explique Adrien Maurin, chargé d’approvisionnement d’Enercoop, coopérative spécialisée dans l’électricité verte.

Enercoop compte ainsi 18.000 clients particuliers mais aussi 2.000 professionnels, surtout des collectivités, des associations et des entreprises de l’économie sociale et solidaire.

L’offre « Equilibre » d’EDF ne compte elle que des clients professionnels.

Car, au-delà du pur intérêt environnemental, certaines entreprises ont aussi trouvé là le moyen de « verdir » leur image.

En novembre dernier, Bolloré s’est par exemple associé à la Compagnie nationale du Rhône (CNR) pour l’approvisionnement de ses voitures d’autopartage Bluecub à Bordeaux.

Ainsi, quand un automobiliste met en recharge sa Bluecub, au même moment quelque part sur le Rhône, la CNR injecte dans le réseau électrique national du courant produit par un de ses barrages.

Le groupe, qui procède de la même manière pour sa flotte à Paris et à Lyon a par le passé été épinglé pour avoir mis en avant le caractère écologique de ses voitures, alors que l’essentiel de l’électricité produite en France provient du nucléaire.

Autres exemples: McDonald’s achète des garanties d’origine pour l’électricité utilisée dans ses restaurants en France. Nature et Découvertes fait la même chose pour ses magasins dans l’Hexagone.

Mais si le but de ce mécanisme était de développer les sources de production d’énergies renouvelables en stimulant une demande pour du courant vert, les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous.

Car pour un producteur, les garanties d’origines ne sont pas cumulables avec les tarifs d’achat bonifiés de l’électricité dont bénéficient aussi les renouvelables.

« Le marché des garanties d’origine est aujourd’hui déficient. Elles s’échangent autour d’un euro le MWh donc vendre une garantie d’origine pour un producteur d’énergie renouvelable n’offre pas réellement de revenu supplémentaire », regrette Adrien Maurin, chargé d’approvisionnement d’Enercoop, coopérative spécialisée dans l’électricité verte.

Par ailleurs, il reste une « question d’acceptabilité de la part du consommateur: vouloir payer plus cher son énergie parce qu’elle est renouvelable », estime Richard Kantz.

La fin des tarifs d’achat bonifiés prévue dans la loi de transition énergétique et qui seront remplacés par une combinaison associant le prix de marché de l’électricité et une prime, peut-elle changer la donne?

Comme le mécanisme ne pourra pas se superposer non plus au futur système de rémunération, « il restera un marché de niche en France, même si l’intérêt est là », juge Jean-Marc Dubreuil de Wattvalue.

© AFP

 

Un commentaire

Ecrire un commentaire

    • Oskar Lafontaine

    Ce système ne garantit aucunement que l’électricité consommée provienne bien d’une source renouvelable, solaire ou éolien, il garantit seulement qu’une quantité équivalente d’électricité renouvelable est à ce moment introduite par un fournisseur, qui peut d’ailleurs très bien être EDF « Energies Nouvelles », filiale de l’ennemi en un mot, dans le réseau. Bref on joue sur les mots et ce système est inefficace et trompeur, qu’il soit voué à l’échec n’est donc pas un drame, mais plutôt un encouragement.
    Le réseau constitue d’ailleurs, avec le nucléaire, l’une des deux faces monstrueuses de l’hydre EDF, et le transport d’électricité, même en moyenne tension, reste une calamité médicale de première grandeur en raison des champs électromagnétiques induits. Vérités médicales soigneusement dissimulées sur consignes impératives du lobby d’EDF, du nucléaire et des industries électriques et électroniques en général.
    La seule solution convenable c’est donc l’autonomie électrique individuelle complète et totale qui seule autorise de ne plus devoir recourir ni à EDF et à son nucléaire de mort et d’anéantissement, ni à son réseau mortifère, de plus on peut alors n’utiliser qu’un courant de faible ampérage, de faible voltage et surtout en continu et plus en alternatif, calamité médicale supplémentaire.
    L’arrivée d’accumulateurs lithium de prix accessibles, prévue d’ici moins de six années maintenant, avec un tarif de 120 euros le système permettant de stocker un kilowattheure, ce qui amènera, compte tenu du nombre de cycles, charge, décharge réalisable, le coût du kilowattheure stocké à moins de 5 centimes d’euro et donc permettra enfin un prix inférieur à celui du transport de ce même kilowattheure par le réseau, ce qui assurera enfin et la mort du réseau et celle, tant souhaitée, du monstre, du dinosaure, de l’Etat dans l’Etat : EDF.

Un fabricant de voitures à hydrogène mise sur la "révolution verte" britannique

Lire l'article