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Le constat « édifiant » de Tara sur les microplastiques en Méditerranée

Lorient (AFP) – La goélette d’exploration Tara est de retour samedi à Lorient après un périple de sept mois en Méditerranée pour traquer les microplastiques qui a abouti à des constats « édifiants » sur l’ampleur de la pollution, non seulement près des villes mais également en pleine mer.

« Les premiers constats de l’expédition sont édifiants », a assuré Gaby Gorsky, directeur scientifique de l’expédition qui a démarré en mai, dans une communication à l’AFP.

« A chaque relevé de filet, il a été prélevé des échantillons de plastique ou de microplastiques, et ce dans toute la Méditerranée », a précisé Stéphane Bruzaud, de l’Université de Bretagne Sud, soulignant des concentrations plus importantes dans les eaux de certains pays, ainsi qu’à proximité des grandes villes, ports et zones touristiques.

Mais des « concentrations non négligeables » ont également été observées en haute mer, « bien qu’on pourrait penser que les microplastiques y sont plus dispersés », a ajouté le Pr Bruzaud, un des nombreux scientifiques associés à cette mission, la première d’une telle envergure dans la Grande Bleue. Ces microplastiques (moins de 5 mm) sont le résultat d’un processus de dégradation ou d’érosion sur de longues périodes.

« La Méditerranée connaît en moyenne les densités de plastique les plus importantes au monde, avec 250 milliards de microplastiques », a souligné François Galgani, chercheur à l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

La Méditerranée est une mer petite et quasi fermée et qui génère beaucoup d’activités touristiques. « Toutes les conditions sont réunies pour qu’il y ait un degré de pollution extrêmement élevé », a estimé le Pr Bruzaud. Cette mer, qui représente moins de 1% de la surface des océans, est une incroyable réserve de biodiversité (8% des espèces), mais elle subit une forte pression avec 90% de la pollution qui vient de la terre.

Lors de l’expédition –la 10è pour Tara depuis 2003–, à laquelle ont participé 14 laboratoires de recherche (français, italien, allemand ou américain) quelque 2.300 échantillons ont été prélevés lors de 350 traits de filets, tant au large que près des côtes, des embouchures de rivières ou des ports.

La composition chimique du plastique collecté sera étudiée, tout comme l’interaction entre le zooplancton, base de la chaîne alimentaire marine, et le plastique. « Il y a déjà des échantillons de microplastiques qui ont pénétré la chaîne alimentaire avec des effets aujourd’hui sur la santé humaine qui sont encore inconnus »,  a souligné Stéphane Bruzaud, dont le laboratoire, le LIMATB, sera chargé d’analyser et identifier (PVC, polystyrène, polyéthylène…) les microplastiques récupérés afin notamment de pouvoir proposer des produits de substitution.

Les premiers résultats de la mission, dont le coût est de 1,6 million d’euros, devraient être connus à partir du printemps.

L’expédition comportait un volet scientifique, mais également un volet de sensibilisation du public aux enjeux environnementaux. Ainsi, quelque 12.000 personnes et scolaires ont été accueillies à bord de la goélette de 36 mètres lors d’escales dans 13 pays.

« Les enjeux ne sont pas en mer mais sur terre, il faudrait qu’on parvienne à empêcher que ces plastiques arrivent dans les océans », a déclaré Maria Luiza Pedrotti, coordinatrice scientifique de la mission. « Il n’est pas possible de nettoyer les océans », a-t-elle justifié.

Après avoir parcouru 15.000 km (8.000 milles nautiques), le voilier est attendu dans l’après-midi à Lorient, son port d’attache. Il y sera accueilli par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, à l’occasion du premier jour de la semaine européenne de réduction des déchets.

En novembre et décembre 2015, Tara sera à Paris à l’occasion de la conférence mondiale sur le climat. Avant cela, à partir de mars, le voilier se rendra dans plusieurs villes de France pour sensibiliser le grand public aux questions liées au climat.

Le voilier appartient au fond de dotation Tara Expeditions qui organise des expéditions scientifiques pour comprendre l’impact des changements climatiques et de la crise écologique sur les océans.

© AFP

2 commentaires

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    • lemarchand

    Bonjour,
    Plusieurs expéditions pour mesurer l’ampleur de cette pollution…. Mise à part la sensibilisation de la population … quels sont les actes et mesures auprès des pays ? Ils ne peuvent ne pas pas savoir et juste discuter et dire qu’effectivement … cela devient grave….
    Les ètres humains doivent etre mis au pied du mur pour agir, pour prendre conscience… Sans contraintes et obligations… peu de mondes agiront au quotidien..
    Un pays africain a mis en place un vieux truc « La consigne » qui permet de récupérer et de sensibilser la population à ce fléau.

  • Je suis une fille du Pacifique Océanienne donc il vous sera facile de comprendre mes actions a la sensibilisation de la protection de nos Océans, on y vit, on se nourrit des produits de la mer,on puise pour la plupart des Océaniens des produits médicinales ect… alors ce 7ème continent est un sujet très grave il faut que les Nations essaie de trouver des solutions a ce grand problème de pollution des océans dans cette affaire, la pollution n’a pas de Frontière, n’a pas de couleur, n’a pas de religion ect… toutes ethnies de la planète a plus au moins contribuer a créer ce 7 ème continent….