Gaz de schiste: la France doit « avancer » et sortir du « statu quo »

Paris (AFP) – Il faut « avancer sur la question du gaz de schiste » et sortir du « statu quo » induit par l’interdiction actuelle de l’exploration du sous-sol en France, selon un rapport publié jeudi par l’Institut Montaigne.

Estimant que le gaz de schiste « est déjà une réalité qui a bouleversé les équilibres économiques internationaux », le rapport intitulé « Gaz de schiste: comment avancer », plaide notamment pour que la France lance un plan de recensement des ressources sous le contrôle d’une commission ad hoc ainsi que des sites pilotes sur la fracturation hydraulique.

Cette technique controversée consiste à injecter de l’eau à forte pression, associée à des produits chimiques, afin de briser les roches, situées à de très grandes profondeurs, dans lesquelles le gaz et le pétrole de schiste sont prisonniers et ainsi de les faire remonter en surface.

Les associations de défense de l’environnement et des experts dénoncent les risques liés à des pollutions des nappes phréatiques en cas de fuite, ou encore les émissions de gaz à effet de serre engendrées par cette production.

Le rapport, rédigé à l’issue de l’audition d’industriels, de chercheurs et d’associations, propose donc de « rendre systématique et contraignante la réalisation d’études d’impact environnemental » afin de maîtriser ces risques.

« Ignorer totalement le gaz de schiste est un luxe que la France ne peut plus se permettre », analyse Jean-Pierre Clamadieu, PDG du groupe de chimie Solvay et président du groupe de travail qui a rédigé le rapport, en partenariat avec le cabinet Business Consulting Group.

Principal argument: les conséquences négatives sur la compétitivité de l’industrie française face aux entreprises américaines qui bénéficient de l’exploitation massive des gaz de schiste dans ce pays.

Mais selon le rapport, le développement des gaz de schiste américains a entraîné également une importation massive de charbon en Europe – devenu moins cher que le gaz européen – qui « menace les progrès de réduction d’émissions » de gaz à effet de serre.

Dans la logique de développement du mix-énergétique, le gaz naturel est donc « une source d’énergie incontournable pour accompagner efficacement la transition énergétique » et ouvrir la porte aux gaz non conventionnels en France ce qui permettrait de « créer des marges de manœuvre nécessaires pour investir ailleurs et accélérer ainsi le redressement économique et la transition énergétique de notre pays », plaide le rapport de l’Institut Montaigne.

© AFP

3 commentaires

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  • […] Il faut "avancer sur la question du gaz de schiste" et sortir du "statu quo" induit par l'interdiction actuelle de l'exploration du sous-sol en France, selon un rapport publié jeudi par l'Institut Montaigne.  […]

    • Depositaire

    Bien entendu; que peut-on attendre de la part d’un PDG d’une entreprise chimique ?

    Toujours la même fuite en avant. La « compétitivité » pour ne pas être dépassé par les américains. C’est d’un tel degré d’absurdité qu’il parait incroyable qu’un homme intelligent puisse dire des choses pareilles. Alors rappelons certains points fondamentaux :

    Tout d’abord, aux USA le rendement du gaz de schiste est en chute libre. Beaucoup de puits sont fermés pour cause de production inférieure à ce qui est attendu et dont le coût d’exploitation dépasse les bénéfices attendus.

    Ensuite, la pollution engendrée par cette technique est phénoménale. La terre est dévastée, impossible de faire pousser quoi que ce soit sur un site d’exploitation abandonné, les nappes phréatiques sont archi polluées.

    Là où cette exploitation a lieu, on enregistre dans les alentours un phénomène nouveau de petits tremblements de terre.

    Le gaspillage insensé d’eau potable est tout simplement une aberration cette eau dans les temps à venir sera une denrée très précieuse, la gaspiller ainsi est une véritable folie. Va t-on boire du gaz dans les années à venir ?

    Enfin, les produits chimiques utilisés, du peu que l’on en connait, car il y a une véritable omerta sur ce sujet, (curieux, non ? Que veut-on nous cacher ?), sont extrêmement toxiques.

    Mais sur le fond, la raison en est non pas une indépendance énergétique, mais la cupidité insatiable des multinationales. Alors question : Va t-on laisser notre terre être polluée, de vastes espaces naturels dévastés, saccagés, pollués de manière irréversible, pour satisfaire la cupidité d’une poignée d’actionnaires, avec la complicité de politiciens crapuleux ? Je crois que la réponse est évidente. Et il faut balayer le baratin sur la sacro sainte « compétitivité » qui n’est que le produit d’un système complètement aberrant et absurde autant que mortifère et pouvant remettre en question l’avenir et la vie des générations à venir.

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