Ecotaxe: Royal envisage de cibler uniquement les camions étrangers

Paris (AFP) – L’épineux dossier de l’écotaxe a de nouveau été mis mardi sur la table de travail par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, qui a évoqué des pistes pour remplacer le dispositif en suspens et financer ainsi des infrastructures de transport.

Les solutions envisagées par Ségolène Royal permettraient de cibler uniquement les camions étrangers circulant en France. La première consisterait à forcer les camions étrangers à emprunter le réseau autoroutier à péage « plutôt qu’encombrer les routes ».

Autre piste à l’étude, déjà mise en œuvre en Suisse selon la ministre: créer une vignette qui serait payée par les camions étrangers à la frontière, « comme ça on est sûr de ne faire payer que les camions étrangers et donc il n’y a pas de distorsion de concurrence avec les transporteurs français », a-t-elle indiqué sur RMC et BFM TV.

La redevance helvétique est acquittée par les poids lourds immatriculés en Suisse ou à l’étranger.

La ministre de l’Écologie avait évoqué le dossier de l’écotaxe au lendemain de sa nomination, annonçant qu’elle souhaitait « remettre à plat les choses ».

Elle a précisé mardi vouloir trouver « le plus rapidement possible » un système pour que seuls les camions étrangers paient: « Ce serait tout à fait légitime qu’un camion étranger qui traverse tout le pays contribue et paye pour l’entretien des routes qu’il utilise », a-t-elle commenté, en soulignant que l’actuel système « fait payer à la fois les camions français et les camions étrangers ».

En plus, a-t-elle ajouté, les camions étrangers « se débrouillent pour ne pas prendre les autoroutes en France ».

« Si tout le monde passe sous les portiques (de l’écotaxe), tout le monde paye », a-t-elle poursuivi, soulignant le coût élevé -« 300 millions d’euros »- pour la seule installation des portiques sur les grands axes.

Les orientations annoncées par Ségolène Royal ont été reçues positivement par les organisations patronales du secteur.

Dans un communiqué commun, la FNTR, TLF et l’UNOSTRA soulignent que « cette annonce ne peut que réjouir la profession qui se bat depuis toujours pour que le transport français n’ait pas à supporter cette charge ».

Il « appartient maintenant (à l’État) de (…) s’assurer qu’aucun obstacle ne vienne entraver la mise en œuvre concrète de cette annonce. Les PME et TPE du transport routier entendent qu’il soit mis fin aux incertitudes qui entourent depuis trop longtemps ce dossier ultra-sensible », ajoutent-elles.

L’OTRE, qui avait particulièrement bataillé contre l’écotaxe, « ne peut que se féliciter d’une telle déclaration qui va dans le sens des propositions qu’elle fait depuis plusieurs mois », la création d’une vignette représentant « une avancée solide » de sortie de crise, a-t-elle indiqué.

Elle a rappelé sa proposition de substitution de l’écotaxe « par une réforme de la taxe à l’essieu, payée par les transporteurs français, et un droit d’usage des infrastructures routières non concédées applicable alors aux véhicules étrangers », qui génèrerait des recettes « de l’ordre de 900 millions d’euros, dont les deux tiers à la charge des camions étrangers ».

De son côté, le président de la Confédération française du commerce de gros et international (CGI), Marc Hervouet, a dit se réjouir de la piste de la vignette.

Mme Royal estime que l’écotaxe est « absurde » car, selon elle, pour calmer la grogne des transporteurs, ils ont été autorisés à répercuter la charge de l’écotaxe sur les producteurs des biens transportés.

L’écotaxe, dont l’entrée en vigueur est toujours suspendue, vise à taxer les camions de plus de 3,5 tonnes afin de financer les routes, voies ferrées ou navigables ou la création de projets de transports en commun.

© AFP

 

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