
Le PIB par habitant, un indicateur de production économique
Le produit intérieur brut ou PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées des productions de l’économie monétaire. En d’autres termes, c’est la somme des « richesses » agricoles, industrielles et de services produites en une année.
Le rapport entre le PIB d’une année et celui de la précédente détermine le taux de croissance économique sur cette période. Parallèlement, le PIB de chaque pays, divisé par le nombre de ses habitants, est l’un des plus anciens indicateurs utilisés depuis les années 1940 pour essayer de mesurer le « développement ». Afin de tenir compte des différences de niveau des prix selon les pays, le PIB/habitant est souvent calculé en parités de pouvoir d’achat (PPP), c’est-à-dire pondéré selon le prix d’un panier de biens.
Trois grands types de critiques lui sont cependant opposés :
- il n’indique pas si la répartition des « richesses » est équitable au sein de la population,
- il ne prend pas en compte ce qui est non monétaire (autoproduction, autoconsommation, bénévolat, secteur « informel »),
- il ne tient pas compte des dégradations environnementales, ni de l’épuisement des ressources non-renouvelables.
Une sélection de pays représentatifs des situations économico-politiques mondiales montre les limites de cet indicateur. Parmi les PIB les plus élevés, on trouve intercalés ceux de pays que l’on peine à qualifier de développés. Ainsi, Hong Kong a un PIB/habitant supérieur à celui du Japon, Singapour a une valeur similaire à celle de la France et les Émirats Arabes Unis à celle de l’Espagne. La Corée du Sud dépasse le Portugal. On pourrait interpréter cela comme un signe du « décollage économique » des nouveaux pays industrialisés (NPI) d’Asie orientale. Ce n’est pas forcément infondé dans la logique de croissance, notamment pour la Corée du Sud. Cependant, ces situations révèlent aussi des biais structurels. Des pays bénéficiant d’une rente pétrolière ou accueillant des entreprises étrangères en pratiquant le dumping social ou fiscal peuvent être projetés en tête du classement sans que la qualité de vie de la majorité de la population ne suive.
On peut aussi remarquer que le PIB/habitant de la Russie, ancienne 2e puissance mondiale du temps de l’URSS, la place désormais après l’Argentine et l’Afrique du Sud. Cela révèle l’ampleur de l’effondrement de l’économie post-soviétique, mais ne traduit pas forcément les niveaux industriels et technologiques effectifs.
Le reste du classement témoigne relativement bien de la représentation classique du monde selon la logique de « développement », avec des pays d’Amérique latine côtoyant des NPI asiatiques. La Chine occupe un classement encore assez bas au regard de son rôle actuel dans l’économie mondiale en raison de l’importance de sa population. Dans cette approche, l’Afrique, surtout sub-saharienne, apparaît comme la région la plus en difficulté, y compris pour la Côte d’Ivoire ou le Sénégal qui furent pourtant longtemps présentés comme des exemples de réussites.
Source des données statistiques : Banque Mondiale.
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