Emission de GES

Les émissions de gaz à effet de serre : un danger majeur pour l’humanité
Dès le XIXe siècle, les chimistes et les physiciens ont calculé qu’un doublement de la teneur en CO2 de l’atmosphère de la Terre provoquerait un réchauffement de l’ordre de 4 °C, pouvant se traduire par des bouleversements équivalents à l’inverse d’une glaciation. Les chercheurs du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) considèrent aujourd’hui qu’une augmentation de 2 °C aura déjà des conséquences très graves. Si l'on continue à produire et consommer selon les mêmes modalités, on ne pourra pas éviter cette élévation d’ici la fin du XXIe siècle. Pour être sûr de ne pas dépasser ces 2 °C, il faudrait réduire très fortement les émissions de CO2 et des autres gaz à effet de serre.

Les principaux sont la vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), l’ozone (O3), et aussi des gaz nouveaux tels que les hyfluocarbures (HFC), perfluocarbures (PFC), hexafluorure de soufre (SF6), dont les impacts sur le long terme ne sont pas encore connus. Leurs durées de vie dans l'atmosphère sont de douze ans pour le méthane, une centaine d'années pour le gaz carbonique et 50 000 ans pour l'hexafluorure de soufre. Le pouvoir de réchauffement de chaque gaz diffère : 1 kg de CH4 produit autant d'effet de serre que 21 kg de CO2, et 1 kg de SF6 autant que 24 000 kg de CO2.
Les valeurs sont connues. À l’échelle planétaire, les activités humaines émettent 6,5 Gt (milliards de tonnes) de carbone, soit 23 Gt CO2. (une molécule de CO2 pèse environ quatre fois plus que le carbone qui la compose). Or il faudrait en émettre deux fois moins, soit 3 Gt de carbone par an. Ce niveau correspond à celui des années 1960. Ce n’est pas en soi insurmontable, mais la principale difficulté réside dans l’équitabilité des émissions, sachant que la majeure partie des activités humaines associées à l’idée de « développement » (production industrielle, agriculture intensive, transport, chauffage, etc.) sont fortement émettrices.

Dans un monde équitable, où chaque être humain disposerait des mêmes droits d’émissions, il faudrait diviser les 3 Gt de carbone acceptables annuellement par la population totale. Cela fait environ 500 kg de carbone par personne et par an. Pour y parvenir, les Américains ou les Australiens devraient diviser leurs émissions par 10, les Européens ou les Japonais par 4 ou 5. De nombreux pays dits « en développement » dépassent eux aussi ce seuil, y compris la Chine, même si c’est en grande partie parce qu’elle est devenue l’atelier du monde. À l’inverse la majorité de l’Afrique sub-saharienne et les habitants de pays comme l’Inde, le Pakistan ou les Philippines pourraient augmenter leurs émissions.

Des options techniques partielles existent, mais elles ne permettent pas de telles réductions. En l’état actuel des connaissances, la résolution du problème du réchauffement devra passer par de profonds changements des comportements socio-économiques, ce à quoi on est peu préparé. Pourtant, si rien n’est fait, l’économiste britannique Nicholas Stern a calculé que le coût des conséquences néfastes de ce réchauffement pourrait atteindre 20 % du PIB mondial à l’horizon 2050. Cela se traduirait par un impact cumulé équivalent à celui des deux guerres mondiales et de la crise de 1929.

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