Xavier Pastor

Xavier Pastor est Directeur Exécutif d'Oceana en Europe. Biologiste marin, il a commencé sa carrière professionnelle à l'Institut Océanographique Espagnol et plus tard a fondé Greenpeace Espagne en 1984, où il a été directeur exécutif pendant plus de 15 ans. Lauréat du Prix National de l'Environnement en 2002, il a développé le projet Mar Viva en Amérique centrale pour surveiller et contrôler les activités de pêche illégales. Il est actuellement le Directeur Exécutif d'Oceana en Europe, la plus importante ONG internationale qui se consacre exclusivement à la protection des océans dans le monde.

La CITES ouvre la voie au sauvetage des requins
[Robert Calcagno, 14/03/2013]

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Nous découvrons tous les jours de nouvelles espèces marines
[Philippe Bouchet, 15/11/2012]

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Le continent de plastique
[Charles Moore, 18/10/2012]

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« Nous sommes en train de transformer les océans en désert »
[Claire Nouvian, 11/10/2011]

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Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ?
[Xavier Pastor, 28/09/2011]

Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ? Xavier Pastor est Directeur Exécutif d'Oceana en Europe. Biologiste marin, il a commencé sa carrière professionnelle à l'Institut Océanographique Espagnol et plus tard a fondé Greenpeace Espagne en... Suite
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Azote : cure de désintoxication indispensable
[Fred Pearce, 05/11/2009]

Azote : cure de désintoxication indispensable Consultant en environnement et développement, Fred Pearce est journaliste au New Scientist, au Boston Globe, à The Independent et à The Ecologist. Il a contribué à la rédaction de rapports du WWF, de... Suite
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[New Scientist, 17/06/2009]

Pourquoi la pêche à la baleine pratiquée par les Japonais ne relève pas de la recherche New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il publie des articles sur les événements récents et les... Suite
Les filets fantômes, un piège fatal pour les poissons
[FAO, 06/05/2009]

Les filets fantômes, un piège fatal pour les poissons L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
Réchauffement de l’océan Atlantique tropical et ralentissement de la circulation thermohaline au cours de la dernière déglaciation
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Réchauffement de l’océan Atlantique tropical et ralentissement de la circulation thermohaline au cours de la dernière déglaciation Carsten Rühlemann est chercheur au centre de recherche Marum à l'université de Brême en Allemagne. Ce centre de recherche étudie l'importance des océans pour la planète Terre. M. Rühlemann fait parti... Suite
Il était une fois… Le Gulf Stream, le climat en Europe et les brusques changements climatiques.
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Il était une fois… Le Gulf Stream, le climat en Europe et les brusques changements climatiques. Chercheur au Lamont-Doherty Earth Observatory de l’Université de Columbia (New-York) depuis 1992, Richard Seager s’intéresse à l’influence de la variation du couple océan-atmosphère tropical sur le... Suite
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Le rôle de la circulation thermohaline dans les changements climatiques Chercheur à l'université de l'Oregon dans le département des géosciences depuis 1988, Peter U. Clark est spécialiste en géologie glaciaire, en stratigraphie du quaternaire ainsi qu'en... Suite

Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ?

28/09/2011 12:27 pm

Début juillet, alors que beaucoup d’entre vous étaient déjà sur les routes des vacances, un scandale a éclaté de l’autre côté des Pyrénées, suite à la diffusion d’une étude gouvernementale révélant la présence de mercure dans certaines espèces de poissons.

Si cette annonce peut paraître anodine, elle est pourtant le fruit d’une longue bataille politico-juridique contre l’état espagnol qui avait pleinement connaissance des dangers de contamination. Peu de medias se sont intéressés au sujet en France et pourtant les risques de santé publique sont bien réels, d’autant plus que d’intéressantes similitudes existent entre nos deux pays.

La toxicité du mercure amplifiée par la chaîne du vivant

Les crises sanitaires font désormais partie de notre univers quotidien. Leur gestion hasardeuse démontre bien que, souvent, la sécurité alimentaire et la santé humaine ne sont pas la première préoccupation de nos gouvernements, qui préfèrent privilégier d’autres intérêts. Par exemple, les dangers de la contamination au mercure en particulier sont connus depuis les années 60, or, rien n’est fait pour informer les consommateurs.

Le mercure réagit dans les milieux aquatiques pour former un composé organique: le méthylmercure. Il s'accumule dans les tissus des organismes vivants tout le long de la chaîne alimentaire. On parle de phénomène de « bioaccumulation » qui a pour effet d’entraîner une toxicité de plus en plus grande chez les prédateurs des niveaux supérieurs de la chaine alimentaire, que sont la plupart des gros poissons que nous consommons: thons, requins, brochets, espadons ou maquereaux. Le méthylmercure est particulièrement dangereux pour l’être humain car il perturbe le système nerveux, en particulier quand il est encore en développement chez les nouveaux nés et jeunes enfants.

Un exemple relativement connu, bien qu'un peu extrême, d’intoxication au mercure est celui de la maladie de Minamata, qui frappa tout un village japonais dans les années 1950. Les habitants, dont le régime alimentaire reposait en grande partie sur des produits de la mer, furent la cible d’effrayants symptômes qui entrainèrent le décès de plusieurs milliers d’entre eux ainsi que répercussions importantes sur le développement des générations futures. Les raisons de cette tragédie furent alors identifiées dans les rejets toxiques de chlorure de méthylmercure par l’usine pétrochimique du village qui pollua lourdement la totalité de l'écosystème marin de la baie.

Sources du problème

Ce mercure qui nous empoisonne est, sans surprise, issu des activités agricoles et industrielles qui nous entourent, et en particulier l’industrie du chlore, qui ne s’est pas adaptée aux avancées technologiques remplaçant l’électrolyse à mercure par des techniques à diaphragmes ou à membranes moins polluantes.

La législation européenne prévoyait dès la fin des années 90 une cessation progressive du procédé d’électrolyse à mercure avant 2007. Or en laissant une grande liberté aux Etats membres dans la détermination des conditions d’applications, cette directive n’est que peu contraignante et guère efficace.

L’Espagne et la France ont ainsi décidé de reporter la date de retrait des cellules à mercure dans l’industrie du chlore de 10 ans, soit respectivement 2020 et 2019. En France, 6 sites chloriers persistent dans l’utilisation systématique du mercure, dont 4 sont détenus par des grands groupes: Solvay dans le Jura, Albemarle-PPC dans le Haut-Rhin, et Arkema (issu de Total) en Isère et dans les Bouches-du-Rhône.

Un véritable scandale pour une décision prise en catimini et lourde en conséquences, qui sacrifie la santé publique au nom des lobbies chimiques ; un cadeau au secteur chimique, mais cadeau empoisonné pour nous, alors que les technologies d’électrolyse propre existent depuis des années déjà…

La solution : limiter la consommation de poissons ?

Malgré les nombreux avis sanitaires qui, reconnaissant les risques liés au mercure, visent à limiter la consommation des espaces de poissons à risques, très peu de consommateurs sont réellement alertés. Les principales raisons de cette ignorance étant l’absence d’obligation d’affichage en magasin et la réticence des Etats à communiquer efficacement sur ce sujet.

Même si la Commission Européenne a demandé aux Etats membres d’informer les populations sensibles aux risques du mercure, sa force légale est faible. En France, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail (ANSES) a rendu des avis similaires recommandant « aux femmes enceintes et allaitantes et aux jeunes enfants d'éviter de consommer les poissons les plus contaminés ». Ces précautions particulières incluent également une limite de consommation des poissons susceptibles d'être fortement contaminés « à 150 gr par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 gr par semaine pour les enfants de moins de 30 mois ». Mais à quoi bon rendre ces avis, si les consommateurs ne s’y retrouvent pas? Par exemple la liste française des poissons « susceptibles d'être fortement contaminés » comprend plus de 30 espèces différentes…

La France est un des principaux pays consommateurs de poissons en Europe, avec une consommation moyenne de 37,3 kg par an

Clin d’œil au phénomène du boom des sushis en France, puisque les chiffres de ce marché en plein essor confirment cette tendance. Ce segment a connu la plus grande progression dans le secteur de la restauration en France avec une croissance de 30% du nombre de restaurants de sushis entre 2008 et 2010, dépassant même le géant McDonald’s avec près de 1 600 établissements.

La conséquence directe d’une telle consommation est inévitablement une plus forte contamination au mercure de la population. Ainsi une étude de l’Institut de Veille Sanitaire de 2007 démontre que les français sont parmi les plus contaminés par le mercure en Europe, par rapport aux allemands dont la consommation de poisson est deux fois moindre, ou aux américains.

Solution: l’affichage en rayons

La plupart des consommateurs, et notamment les parents, les femmes enceintes et les femmes susceptibles de l’être sont mal informés sur les dangers. Une mesure simple à mettre en œuvre serait un affichage d’« avertissements mercure » directement sur leurs lieux d’achat et de consommation. Dans de nombreux pays, comme aux États-Unis, plusieurs chaines de supermarchés ont franchi le pas et diffusent désormais cette information en rayon poissonnerie pour éclairer la prise de décisions de leurs consommateurs.

Ce n’est pas parce que nos décideurs politiques sous-estiment un problème qu’il n’existe pas. Si la France se plait à imiter l’Espagne en refusant de prendre de mesures simples de prévention et en préférant protéger les industries polluantes responsables du problème, il est de notre rôle, citoyens et consommateurs, de nous préoccuper de notre santé.

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Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ?

Xavier Pastor est le directeur d’Oceana en Europe

Texte courtoise de l'auteur

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Vos commentaires
Nicolas Fournier etude mercure poissons

bonjour, l'étude en question a été réalisée par l'Institut Oceanographique Espagnol. Vous apprendrez plus d'information dans cet article d'El Pais http://www.elpais.com/articulo/sociedad/Gobierno/oculto/anos/estudio/toxicos/pescado/elpepisoc/20110701elpepisoc_3/Tes Je me tiens a votre disposition pour vos questions que vous pouvez m'envoyer par email: nfournier@oceana.org Nicolas

Dreux B Sources

Bonjour, Pourriez-vous fournir les références de cette étude gouvernementale sur les poissons et le mercure? Merci à vous B.D

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