Elisabeth Laville

Elisabeth Laville est spécialiste dans le développement durable et la consommation. En 1993, elle a fondé Utopies, agence reconnue dans le conseil en développement durable, qu'elle dirige toujours. Elle a aussi participé à la création, avec Marie Balmain, de "Graines de changement". Elisabeth Laville a écrit les ouvrages "Achetons responsable" (ed. Seuil), "Un régime pour la planète" (ed. Village Mondial) et a fondé e site www.mescoursespourlaplanete.com, référence française en matière de consommation responsable.

Consommation de métaux : « On ne peut pas continuer à appuyer sur l’accélérateur »
[Philippe Bihouix, 19/10/2011]

Consommation de métaux : « On ne peut pas continuer à appuyer sur l’accélérateur » Diplômé de l'Ecole Centrale Paris, Philippe Bihouix a été ingénieur conseil pendant plus de 10 ans dans différentes industries (énergie, chimie, matériaux, transports, télécoms...). Il travaille... Suite
Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ?
[Xavier Pastor, 28/09/2011]

Pourquoi devrait-on aussi se méfier du mercure dans les poissons ? Xavier Pastor est Directeur Exécutif d'Oceana en Europe. Biologiste marin, il a commencé sa carrière professionnelle à l'Institut Océanographique Espagnol et plus tard a fondé Greenpeace Espagne en... Suite
25 propositions pour une consommation durable
[Elisabeth Laville, 28/02/2011]

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Pour sauver la biodiversité, mangez-la !
[Olivier Blond, 14/01/2010]

Pour sauver la biodiversité, mangez-la ! Le rédacteur en chef du site GoodPlanet Info a créé la page écologie de Courrier International et participé à la création de l'émission Vu du Ciel sur France2. Photo Marianne Rozier. Suite
Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ?
[Daniel Goleman, 15/09/2009]

Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ? Daniel Goleman est un psychologue américain né en 1946, Diplômé de Harvard en psychologie clinique et développement personnel, il a publié en 2009 aux Etats-Unis Ecological Intelligence: How Knowing... Suite
La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie
[George Monbiot, The guardian, 10/08/2009]

La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
Le commerce équitable à la croisée des chemins
[Novethic, 01/04/2006]

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Le commerce équitable au pied du mur ?
[Frans Van Der Hoff, 01/04/2007]

Le commerce équitable au pied du mur ? Père Frans Van Der Hoff co-fonda l’association Max Havelaar avec l’économiste Nico Roozen en 1988. Ce prêtre-ouvrier est engagé aujourd’hui auprès de l’UCIRI, une coopérative de l’État d’Oaxaca au... Suite
Le commerce équitable
[Tristan Lecomte, 06/06/2006]

Le commerce équitable Diplômé de l’école des Hautes Études Commerciales (France), Tristan Lecomte est fondateur de la société Alter Eco qui commercialise des produits labellisés Max Havelaar en grande surface. Il a écrit... Suite
Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable
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Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable Christian Jacquiau est actuellement Commissaire aux comptes en France, il est également spécialisé en économie et en création et transmission d'entreprises. Ses ouvrages les plus connus sont: Les... Suite
Le commerce équitable : un des maillons du développement durable ?
[Virginie Diaz-Pedregal, 10/01/2006]

Le commerce équitable : un des maillons du développement durable ? Virginie Diaz-Pedregal est docteur en sociologie (Université Paris V-Sorbonne) et auteur de nombreux textes (livres, articles) sur le commerce équitable. Elle réalise actuellement un post-doctorat.... Suite
Se faire un look équitable ou pourquoi il faut s'inquiéter de où et comment nos vêtements sont fabriqués
[Resurgence, 14/07/2005]
 
Resurgence est un forum international de la pensée écologique et spirituelle moderne. Créé en 1966, par Satish Kumar qui est le directeur de la publication, Resurgence publie un magazine mensuel... Suite
Le chic écolo sauvera-t-il la planète ?
[Christian Science Monitor, 26/07/2007]
 
Le Christian Science Monitor est un quotidien à vocation internationale publié du lundi au vendredi. Le journal a été fondé en 1908 par Mary Baker, la fondatrice du mouvement religieux Science... Suite
Camelote écolo ou comment le consumérisme vert ne sauvera pas la biosphère
[George Monbiot, 24/07/2007]

Camelote écolo ou comment le consumérisme vert ne sauvera pas la biosphère Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite

25 propositions pour une consommation durable

28/02/2011 12:07 pm

À l’occasion de la remise du rapport « Pour une consommation durable », commandé au Centre d’analyse stratégique (CAS) par le gouvernement, Elisabeth Laville explique les enjeux de la consommation durable. Fondatrice de l’agence Utopies, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet et fondatrice du site Mescoursespourlaplanète.com, elle a présidé la rédaction de ce rapport.

Qu’est-ce que la consommation durable ?

La consommation durable nous paraît devoir se définir comme un triple changement de nos habitudes. Il s’agit, d’abord, de changer les finalités de notre consommation, trop souvent considérée comme la voie principale d’accès au bonheur et de participation à la société. Les études montrent en effet aujourd’hui qu’une fois les besoins essentiels satisfaits, le bonheur n’augmente plus forcément avec le niveau de consommation. Au contraire, même : passé un certain stade, la consommation devient ostentatoire et source de frustrations.

Ensuite, il faut un changement des pratiques et des comportements ; plutôt que d’acquérir un produit, il est préférable de se tourner vers son équivalent « vert » ou équitable, voire, plus radicalement encore, de dématérialiser sa consommation, ce qui revient concrètement à louer ou emprunter ce dont on a besoin plutôt que de l’acheter.

Enfin, la consommation durable suppose une évolution de notre culture et de notre mode de vie pour améliorer la qualité de vie grâce au temps et aux ressources ainsi libérées. Consommer moins peut aussi permettre de travailler moins, une situation qui permet de dégager du temps libre pour des activités non matérielles ou non marchandes : liens familiaux et sociaux, culture, art, sport, loisirs, vie associative.

La consommation durable est-elle différente de la consommation responsable ?

Non, c’est la même chose. L’expression change juste selon l’acteur qui l’utilise : consommation durable est le terme en usage du côté des pouvoirs publics, consommation responsable est généralement préféré par les écologistes, les alter-consommateurs et les militants.

A quels enjeux répond la consommation durable ?

Elle apporte une réponse au caractère non-durable de notre société de consommation. Il suffit de regarder les chiffres de l’empreinte écologique pour se convaincre que le modèle actuel a trouvé ses limites : il faudrait disposer de 3 planètes pour permettre à tout le monde de vivre comme un Français ; ce n’est évidemment pas le cas.

Comment changer notre société ?

Notre rapport met en avant, et c’est une première en France, la nécessité de faire de la consommation durable une priorité politique à part entière, abordée de manière volontariste et distincte de la production durable. Il ne s’agit pas uniquement d’encourager la fabrication de produits « verts » puis d’orienter la consommation vers ces produits, comme on le fait actuellement : il faut aussi poser la question du volume global de notre consommation et dans certains cas revoir le mode d’utilisation des produits et les ressources consommées. Si l’on prend l’exemple de la téléphonie mobile, l’explosion des ventes partout à la surface du globe, l’obsolescence accélérée des produits et leur renouvellement stimulé sans cesse par les nouvelles fonctionnalités (sophistiquées et gourmandes en énergie), l’absence de possibilité de changer les batteries voire de réparer les téléphones dans certains cas et enfin le très mince taux de recyclage des téléphones (moins de 1%) font plus qu’annuler les progrès réalisés sur l’éco-conception des appareils ! D’autant plus que prévus pour durer 3 ans, ils sont changés en moyenne tous les 9 mois dans les pays riches.

Il faut briser le cercle vicieux dans lequel les gains d’efficacité écologique sur les produits sont annulés par l’explosion de la consommation.

Pourquoi placer en tête des recommandations une politique d’éducation ?

L’éducation est essentielle pour aider chacun à prendre des décisions en toute connaissance de cause. Elle l’est aussi parce que les bons ou les mauvais réflexes se prennent tôt (les trois quarts des produits consommés par les enfants le seront encore à l’âge adulte). Même nous, qui sommes sensibilisés aux problèmes de la surconsommation, nous avons du mal à nous défaire des mauvaises habitudes que nous avons prises. C’est pourquoi l’éducation, aujourd’hui, des consommateurs de demain est une priorité. Leur apprendre à faire un budget pour arbitrer leurs choix évitera qu’ils ne tombent dans le piège du surendettement. Leur apprendre l’histoire et l’origine des produits leur permettra de savoir ce qui est bon ou mauvais pour la planète et de décider s’il convient de manger des fraises en hiver ou des poissons menacés d’extinction. Leur apprendre à décrypter les publicités leur donnera des clefs pour réfléchir à l’utilité de leurs achats.

Comment alors mieux sensibiliser à ces problèmes ?

L’effet des mesures éducatives, si elles sont mises en place, ne sera visible qu’au fil des décennies car l’éducation prend du temps et l’on doit continuer à éduquer et à informer tout au long de la vie. Mais certains moments sont plus propices que d’autres : la venue au monde d’un enfant est ainsi un événement qui invite souvent les familles à reconsidérer leurs habitudes de vie. Avec une naissance, les préoccupations pour la santé et les générations futures augmentent, et c’est bien souvent à ce moment que les familles décident de passer à une alimentation bio. La grossesse est également un moment où les familles sont souvent en contact avec les pouvoirs publics, qui pourraient comme au Danemark faire passer des messages sur les substances toxiques au quotidien (dans les produits détergents ou de décoration -les peinture, notamment- dans les produits cosmétiques, etc.).

Enfin, il faut adapter l’information aux différents publics. L’erreur actuelle consiste à s’adresser à un consommateur moyen indéterminé. Disons, pour caricaturer, la ménagère de moins de 50 ans. Pourtant, on sait bien qu’elle n’existe pas et que la consommation varie selon les revenus. Il n’est pas pertinent de dire aux moins aisés de ne pas prendre l’avion puisqu’ils n’en ont de toute façon pas les moyens, alors que les plus riches le feront plus volontiers pour partir le temps d’un week-end, tout en étant les premiers à consommer bio ou équitable ! On ne peut pas s’adresser à ces deux groupes de la même façon. L’information personnalisée, au plus près du vécu des individus, est nécessaire, pour éviter ce que l’on appelle l’effet rebond : dans les logements sociaux, par exemple, on a constaté qu’avec l’introduction de chauffe-eaux solaires, la consommation d’eau avait quasi-doublé parce qu’elle coûtait moins cher.

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Elisabeth Laville, présidente du groupe de travail sur le rapport du Centre d’analyse stratégique
« Pour une consommation durable » 25 propositions pour une politique concrète

Propos recueillis par Julien Leprovost

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