
Consommation d’énergie dans les bâtiments
Les bâtiments sont responsables d’environ 40% de la consommation énergétique en Europe (chauffage, climatisation, eau chaude, éclairage, etc.) (1). En France, c’est le secteur économique le plus consommateur en énergie (réparti pour 2/3 dans le secteur résidentiel et 1/3 dans le secteur tertiaire) ; il représente près d’une tonne d'équivalent pétrole par personne et par an et il est à l’origine d’au moins 21% des émissions nationales de CO2. (2)
Cette consommation est en forte croissance. En France, elle a augmenté de 30 % sur les 30 dernières années en raison de l'augmentation du nombre de logements, de la surface moyenne occupée, d'un confort accru et du développement des usages de l'électricité.
La directive sur la performance énergétique des bâtiments
Le secteur du bâtiment est régi par un environnement réglementaire important. En Europe, une directive sur la performance énergétique des bâtiments fixe pour les Etats membres des exigences minimales en matière de performance énergétique pour les bâtiments neufs et existants.
Sa transposition par la France s’est traduite par une nouvelle réglementation thermique des bâtiments neufs (RT2005) avec comme objectif principal une amélioration de la performance énergétique des bâtiments neufs d'au moins 15% par rapport à la RT2000, ce qui correspond à une consommation de chauffage d’environ 85 kWh/m2/an. Cette réglementation impose une limite de consommation énergétique de référence à ne pas dépasser pour tous les projets de construction à compter du 1er septembre 2006.
Pour l’ancien, la rénovation bénéficie d'une réglementation thermique spécifique, applicable aux bâtiments de plus de 1.000 m2 de surface et faisant l'objet de travaux de réhabilitation importants.
Objectifs d’efficacité énergétique
Le secteur du bâtiment se prête pourtant à d’importantes économies d’énergie. Selon le PNUE, plus d’un cinquième de la consommation d’énergie, et plus de 45 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an pourraient être évitées d’ici 2010 en Europe. (3) [Débat]
A plus long terme, il pourrait représenter de plus grandes économies encore et prendre une part conséquente aux réductions des émissions de gaz à effet de serre. (La France s’est engagée à les réduire par 4 à l’horizon 2050 – c’est le « facteur 4 »). (4)
En effet, les performances énergétiques des bâtiments peuvent d’ores et déjà être considérablement améliorées et l’énergie utilisée peut provenir de sources renouvelables. Ainsi, la pose de vitrage isolant permet d'économiser 7 % de l'énergie de chauffage, une chaudière efficace 15 %, l'isolation des murs de 10 à 15 %, l’isolation de la toiture, de 10 à 20 %, et l'installation d'un chauffe-eau solaire individuel ou d'une pompe à chaleur jusqu'à 70 % de la consommation d'énergie liée à la production d'eau chaude. (5) Des appareils électroménagers efficaces (réfrigérateurs et machines à laver de classe A ou B) consomment jusqu'à deux fois moins d'énergie. [Débat]
Les choix urbanistiques ont également une incidence importante en termes de consommation d’énergie (plan de déplacement, mais aussi accès à des énergies renouvelables, écoconception,…). [Voir Eco-villes et éco-quartiers]
Bâtiments à haute qualité environnementale
Il existe une grande variété de techniques et de méthodes pour réduire la consommation énergétique d’un bâtiment. D’où un grand nombre de labels. La démarche HQE, pour « haute qualité environnementale », vise à fournir une démarche cohérente et globale qui s’inscrit dans une logique de développement durable. Elle prend en compte la conception, la construction, le fonctionnement et la déconstruction du bâtiment. (6)
Maison passive et maison positive
Une conception adaptée, avec des matériaux, une isolation et une ventilation optimisés permet une consommation d’énergie très basse. On parle alors de maison passive, par référence à la norme allemande « Passivhaus ». (7) La Suisse a créé un label équivalent : « Minergie ». (8) Cette norme correspond à un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m2/an et à une consommation d’énergie totale (chauffage, eau chaude, électricité…) de 42 kWh/m2/an au maximum. (9) A titre de comparaison, la consommation moyenne dans le bâtiment est proche de 400 kWh/m2/an !
Certaines constructions peuvent même produire d’avantage d’énergie qu’elles n’en consomment : on parle alors de « maisons positives ». (10) Celles-ci requièrent la mise en place de panneaux photovoltaïques sur le toit, d’un éclairage favorisant l'apport de lumière naturelle, de la gestion des eaux pluviales, …
Une évolution lente
En Europe, un peu plus de 5000 maisons passives ont été construites. Différents projets pilotes existent ici et là mais restent d’ampleur modeste. A titre d’exemple, le programme européen CEPHEUS (Cost efficient passive houses as European standards) a abouti à la construction de 250 bâtiments dans cinq pays européens, dont la France, à travers la résidence Salvatierra à Rennes où 43 logements ont vu le jour en 2002. (11) A titre de comparaison, environ 350 000 logements sont construits chaque année en France.
Il ne s’agit pas que d’une question de prix, car, en Allemagne, le prix d’une maison passive est identique à celui d’une maison standard. En France, il n’est supérieur que de 5 à 10% à celui d’une maison classique et ce surcoût est amorti rapidement. (12) Il existe par ailleurs de nombreuses possibilités d’aide financière. En France, l’Agence nationale pour l’habitat offre des primes, l’Etat des allègements d’impôts et la Caisse d’Allocations Familiales des prêts. (13)
Il semblerait que le manque d'information sur les moyens de réaliser ces économies et sur les incitations financières, mais aussi la rigidité du secteur de la construction empêchent une évolution plus rapide.
| http://confituremagazine.maison.com |
il faudrait déjà éduquer le jugement des commissions d'urbanisme de certains villages ! Pour compléter ce que dit Pepe de Bienvenida (l'incitation ne suffira pas), non seulement la règlementation constitue un obstacle aux initiatives architecturales allant dans le sens de la maîtrise des énergies, mais en plus, il y a le mur infranchissable de certaines commissions d'urbanisme constituées uniquement de personnes ne connaissant absolument rien ni à la construction, ni aux économies d'énergie, ni à l'architecture ! Je me demande quand est-ce qu'on exigera un minimum de formation, en France, pour des gens dont la plus grande facilité est d'abuser de leur pouvoir... |
| Isa |
Obésité énergétique Quelle quantité d'énergie faudrait t-il éconnomiser pour que la balance affiche : effets de serre 0 ? Quelle quantité d'énergie un être humain a besoin pour subvenir a ses besoins calorifiques de base + son bien être 'garantie par le minimum des droits de l'homme'? Ou se trouvent les fabricants d'énergie vitale, indispensable, de confort ... ces sociétés qui vivent de loin ou de près de finance destructrice face à notre urgence planétaire ? Pourquoi faire naitre plein de lois et pas une qui interdise qu'on dépense plus d'énergie autorisée à la survie de notre espèce ? Est-il déjà trod tard ? Les gouvernements et créateurs n'ont t-ils pas assez d'idée ? Imposer oui ? imposer quoi ? Ce que vous avez consommer en énergie? (bilan fructueux..) Si ne pas avoir de travail ou être bénéficiaire par l'état d'un quelconque statut qui vous indemnise, impliquerait que ces gouvernementss redevables le soient vraiment parce que vous aussi être redevables de quelques petites heures de travail bénévole (actions rapides)...? Si soigner était un devoir sans discussion ? (inégalité supprimée ...) Si comme vous, comme moi, citoyen heureux avec un job', vous n'attendiez finalement (vraiment) que ces règles et lois arrivent (résultat immédiat...)? Parce qu'à force de donner des idées intelligentes dans tous les domaines (construction, environnement, consommation,..) je m'y perds, comme perd le véritable sens que celui d'en faire une affaire de tous!! Affaire Obligatoire ! Un peu comme les radars, les impots, les prix chers et les bas salaires, les sdf, les handicapés, les réfugiés, l'expérimentation et la recherche. Alors, ou sont les idées et les gens qui peuvent les ordonner, les citoyens qui peuvent mettre en avant un nouveau système ??? Si il y a bien une seule grève que je participerai, c'est celle d'être dans la rue jusqu'a ce que ce nouveau monde, ces nouvelles règles voient le jour ! Persuadée que meme la banque virtuelle de la bourse suivrait le pari le plus fou de miser sur un commerce de transaction au profit du 'recyclage' intelligent. |
| Pepe de Bienvenida |
Maison passive: oui mais... En matière de consommation énergétique, on a constaté que pour le même type de logement, les résultats peuvent varier d'un facteur 4 suivant le comportement des habitants. Autant dire que la première mesure est d'ordre individuel, et qu'aucun matériau, aucun type de construction ne pourra compenser des habitudes dispendieuses. Ce qui signifie aussi que tout un chacun, en révisant sa notion du confort, peut sans dépense supplémentaire faire un geste. Celà n'est pas assez entendu, et l'Education nationale paut-elle s'estimer satisfaite de son effort dans ce domaine? |
| Pepe de Bienvenida |
L'incitation ne suffira pas Les mesures d'incitation n'ont jusqu'à présent existé que pour encourager la consommation. Aucune raison d'entrevoir un changement. En matière de construction, les initiatives HQE demeurent plus que périphériques. C'est pourquoi étant donné l'urgence réelle, il est nécessaire de la part des gouvernants de passer à des mesures coercitives. En appeler à l'esprit citoyen mobilisera 1% des individus, des mesures fiscales à peine 10%. Insuffisant, d'autant plus que, au-delà des annonces de nos politiques, la réglementation bloque souvent, à l'inverse d'autres pays, des expérimentations en matière d'urbanisme/construction. Ceci restera vrai tant que la règle prendra le pas sur l'esprit. |
Articles
Bonnes pratiques
Emission de GES
Ratio d'énergies renouvelables
La consommation d´électricité
Fourniture totale d´énergie primaire
(1) Commission européenne, Energy efficiency
(3) Programme des Nations unies pour l’environnement, rapport « Bâtiments et Changement Climatique : Etat des lieux, Enjeux et Opportunités »
(4) DGEMP – Observatoire de l’énergie, Les travaux du groupe de travail sur la division par 4 des émissions de GES de la France à l’horizon 2050, dit « facteur 4 »
(5) ADEME Bâtiments
(6) Association HQE
(8) Minergie
(9) PassivHaus
(10) Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB)
(11) Chiffres clé du Bâtiment, Ademe.
(12) La Maison passive