PARIS (AFP) - Le Muséum national d'histoire naturelle a mis en ligne jeudi une nouvelle version de l'Inventaire national du patrimoine naturel qui inclut pour la première fois des espèces animales et végétales aujourd'hui disparues de France.
"Cette base de données bioarchéologiques est un complément majeur de la vision actuelle de la biodiversité", souligne le Muséum dans un communiqué.
Les Inventaires archéozoologiques et archéobotaniques de France, démarrés en 2004, se sont intéressés à plus de 4.000 sites archéologiques occupés par l'homme.
"Environ 85% des plus de 3.200 données bibliographiques utilisées appartiennent à la littérature grise (mémoires, rapports de fouilles...) qui n'ont jamais publiés", a souligné lors d'une présentation à la presse, Cécile Callou, la responsable du projet.
La base, élaborée en partenariat avec le CNRS, a été intégrée dans l'inventaire en ligne des espèces actuelles du Muséum (http://inpn.mnhn.fr), qui a été refondu et présente désormais des synthèses sur la présence d'une plante ou d'un animal sur le territoire français, ainsi que des cartes nationales et départementales.
Le loup, sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) des espèces menacées, apparaît ainsi avec la mention "données antérieures uniquement" pour la période contemporaine, qui démarre en 1830.
Mais un clic permet de voir où sa présence est attestée en France à différentes époques, depuis le Paléolithique moyen (-300.000 à -30.000 ans) en passant par l'antiquité et le moyen-âge jusqu'aux temps modernes.
Les archéobiologistes travaillent parfois dans l'urgence dans le cadre des fouilles de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), autorisées avant l'ouverture des chantiers de bâtiments ou de travaux publics.
Aussi l'absence d'un animal ou d'une plante de l'inventaire ne signifie pas nécessairement qu'elle n'a jamais été présente en France.
"L'absence de points sur la carte peut signaler une absence d'études comme une absence de données", précise Mme Callou.
Le site n'a pas d'équivalent à l'étranger. "Pour une fois, on est vraiment moteur", se réjouit l'archéozoologue.
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