e président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Copenhague, le 17 décembre 2009 © AFP Attila Kisbenedek


Adrénaline, caféine et déceptions: l'épuisant marathon de Copenhague
18/12/2009 10:26 am

COPENHAGUE (AFP) - A l'issue de dix jours de tractations aussi frustrantes qu'épuisantes à la conférence climat de l'ONU à Copenhague, les négociateurs sont dans un état de fatigue extrême et de tension palpable au moment de laisser la main aux grands dirigeants de la planète.

Assis prostré sur une chaise devant quelques brochures éparses expliquant comment la montée des océans submergerait son île du Pacifique, le Premier ministre de Tuvalu résumait à lui seul jeudi l'état général d'épuisement des participants que seules quelques poussées d'adrénaline et de fortes doses de caféine parviennent à masquer.

"Je suis maussade", soupirait l'honorable Apisai Ielemia, les épaules tombantes, seul sans le moindre assistant pour l'aider à tirer l'alarme sur les plages de sable blanc disparues de son enfance. Et sans personne pour l'écouter.

En vue de la venue de plus de 130 chefs d'Etat ou de gouvernement mondiaux, les organisateurs de la conférence géante ont fait place nette jeudi pour déployer le tapis rouge, mettant promptement dehors des bataillons entiers de militants d'ONG soudainement jugés indésirables au moment du sprint final.

Jusque-là, le Bella Center qui abrite la conférence destinée à parvenir à l'accord international probablement le plus ardu jamais envisagé, a battu pendant dix jours au rythme d'une fourmilière, entre va-et-vient incessants, files d'attentes interminables, sonneries de téléphone et surpopulation évidente.

Au total, environ 46.000 personnes étaient enregistrées pour la conférence réunissant 193 nations, alors que les halls du Bella Center ne peuvent en accueillir que 15.000, un décalage qui a entraîné un chaos à l'entrée du centre assez symbolique de l'impasse des négociations à l'intérieur.

Militants d'ONG aux causes environnementales diverses et variées ont laissé la place à de nouveaux bataillons de hauts conseillers et de gardes du corps aux visages carrés avec une inévitable oreillette - voire deux - vissée sur le crâne, accompagnant les chefs d'Etat.

Jeudi, à la veille du plus grand sommet climatique de l'Histoire, des dizaines de dirigeants faisaient grimper l'excitation en arpentant les couloirs de la conférence: le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'Israélien Shimon Peres, le Français Nicolas Sarkozy ou le Brésilien Lula, entre autres.

La démesure du sommet a aussi attiré des journalistes de renom. "Je n'ai jamais rien vu de tel", lâche Thomas Friedman, célèbre auteur et éditorialiste du New York Times, en entrant dans la salle de presse grande comme un terrain de football, où travaillent 3.500 journalistes accrédités.

Nerfs à vif et cernes sous les yeux, même chez les vieux briscards, sont autant de preuves de l'impact de presque deux semaines de trop peu de sommeil et de trop de nouvelles.

Vendredi, qui s'annonce comme la journée de toutes les tensions, n'arrangera pas les choses: aux négociations nocturnes viendront s'ajouter de nouvelles restrictions de mouvements pour des raisons de sécurité, tandis que les milliers de membres d'ONG poussés dehors préparent des coups d'éclat en ville et à l'extérieur du Bella Center.

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Vos commentaires
Simplet Etonnant. Ou pas.

C'est si étonnant, sans l'être. Américains et chinois n'ont pu s'empêcher de faire de la politique sur un sujet métapolitique. Nous avions l'impression de voir deux clergés, celui de l'avoir pour être face à celui de la négation de l'être, affirmer la supériorité de leurs doctrines respectives, pour traiter d'un problème scientifique de survie. Les USA ne savent plus faire autre chose que du dollar, et la Chine du séparatisme. Les deux ont celà en commun: ils pensent pouvoir encore avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne veulent pas changer de mode de vie. Est-ce étonnant ce complet désintérêt pour les 80% d'humains les plus pauvres, qui vont prendre de plein fouet les effets du rechauffement? Non. En 70 ans de paix, nous avons affamé 80% de la planète et détruit l'ecosystème. Notre mode de vie repose là dessus. Pensiez-vous que l'incapacité que nous avons à faire autre chose que du court terme, tant nous sommes gangrénés par le modèle financier, permettrait un accord mondial ne serait-ce qu'à moyen terme? Pensiez vous que le pouvoir central chinois, verrue à la face de l'humanité, allait accepter d'être controlé sur ses objectifs de réduction de CO2, alors que son essence est d'aller jusqu'à contrôler la manière de penser de ses sujets? Je suis triste ce matin, Copenhague n'a apporté qu'une confirmation: Agir est plus que jamais urgent mais les Etats n'agirons jamais. Ils réagiront, quand les effets mettront en danger leurs intérêts. Action signifie possibilité, réaction est synonyme de défaite sur le problème qui nous préoccupe. Mais ils sont incapables d'autre chose. Des épiciers dirigent la planète, les philosophes ont été depuis longtemps chassés de la cité... Sur mes courbes la perspective est la suivante: non seulement beaucoup de souffrances liées aux catastrophes à venir pour tous les êtres vivants, mais aussi des conflits mondiaux majeurs qui éclateront. Conflits de survie parce que des terres vont devenir invivables, conflits pour l'eau, conflits intérieurs contre les classes dirigeantes qui nous auront mené là, conflits ouest-est parce que chine et usa n'en resteront pas là, conflits nord-sud parce que l'Afrique ne mourra pas silencieusement. Quand on vient parler de paix, on n'emporte pas ses armes et je n'ai vu que des chefs armés à Copenhague. Des humains qui ne savent pas utiliser leur intellect à autre chose qu'à reproduire verbalement le jet d'urine du lion qui marque son territoire dans la savane. May all beings be happy.