Rachid Amirou

Rachid Amirou est chercheur au CNRS, sociologue du tourisme et du patrimoine culturel et Professeur des universités à Perpignan (France). Il est également Docteur en lettres et sciences humaines et diplômé de Science Politiques. Il est également responsable du département tourisme du groupe ESC (École Supérieure de Commerce) de Troyes (France), responsable de la revue électronique ReTour et membre du Conseil National du Tourisme de Paris, organisme consultatif sur tous les textes juridiques liés au tourisme. Auteur de nombreux ouvrages, Rachid Amirou s'interroge sur la légitimité morale des voyages responsables et réfléchit à nos façons de voyager.

Arnaud Montebourg mine le Parc Amazonien de Guyane
[France Nature Environnement, 21/12/2012]

Arnaud Montebourg mine le Parc Amazonien de Guyane La fédération France Nature Environnement rassemble près de 3000 associations locales ou thématiques de protection de l'environnement en France. La FNE a été créée en 1968. Suite
Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes
[PNUE, 21/01/2011]

Les chauves-souris : de précieuses alliées de la nature et des Hommes Créé en 1972, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE ou UNEP en anglais) est la plus haute autorité environnementale au sein du système des Nations Unies. Le Programme joue le rôle... Suite
Écotourisme : où est le problème ?
[Rosaleen Duffy, 16/08/2010]

Écotourisme : où est le problème ? Rosaleen Duffy est professeur de politique internationale à l’université de Manchester. Elle a écrit Nature Crime : How We’re Getting Conservation Wrong (Yale University Press). Suite
Quand les navires-poubelle arrivent en fin de vie
[New Scientist, 23/07/2006]

 Quand les navires-poubelle arrivent en fin de vie New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il publie des articles sur les événements récents et les... Suite
La planète malade du tourisme
[L'Express, 26/07/2007]

La planète malade du tourisme L'Express est un magazine hebdomadaire français appartenant au Groupe Express-Expansion. Le premier numéro de L'Express est paru en 1953 comme supplément hebdomadaire du journal Les Échos. Ce journal... Suite
Au Brésil, un exemple de développement touristique éco-responsable
[Farid Baddache, Novethic, 24/03/2004]

Au Brésil, un exemple de développement touristique éco-responsable Farid Baddache dirige le pôle conseil « Développement durable et responsabilité sociétale des organisations » du cabinet ATEFO. Il est diplomé de l’ESSEC ainsi que de l’École des hautes études en... Suite
Les charlatans du tourisme vert
[Anne Vigna, 01/07/2006]

Les charlatans du tourisme vert Anne Vigna est une journaliste reconnue, spécialisée en environnement, diplômée du CUEJ (centre Universitaire d’Enseignement du journalisme de Strasbourg) et détentrice d’une licence d’histoire de... Suite
Première couche de vernis vert pour le tourisme
[Rachid Amirou, 28/07/2007]

Première couche de vernis vert pour le tourisme Rachid Amirou est chercheur au CNRS, sociologue du tourisme et du patrimoine culturel et Professeur des universités à Perpignan (France). Il est également Docteur en lettres et sciences humaines et... Suite
La croissance considérable de l’écotourisme inquiète les biologistes
[New Scientist, 04/03/2004]

La croissance considérable de l’écotourisme inquiète les biologistes New Scientist est un magazine scientifique international hebdomadaire qui s'intéresse aux développements de la science et de la technologie. Il publie des articles sur les événements récents et les... Suite

Première couche de vernis vert pour le tourisme

08/09/2008 9:58 am

Le tourisme est-il en train d'opérer une mutation vers des pratiques plus responsables et durables ? Je m'interroge beaucoup sur la légitimité morale de ce concept. Il me semble que l'approche « durable » est une approche moraliste. Il existe un imaginaire de la durabilité, souvent exploité par les entreprises d'ailleurs : on va aller protéger des choses intéressantes... Et qu'est-ce qui est intéressant, selon nos critères ? L'authentique, par opposition au factice que nous vivons, par exemple, en Europe. On veut protéger le décor, maintenir les populations locales telles qu'elles sont... Plus c'est ancien, plus c'est authentique, pense-t-on souvent à tort. À tort, parce qu'il arrive que l'on fabrique de l'ancien et de l'authentique pour faire « comme avant ». Or, il y a une pauvreté derrière tout ça, perçue comme authentique. Une qualité humaine, relationnelle, chez des populations locales souvent démunies.
Finalement, tout cela est très paradoxal: le développement durable peut être un frein durable au développement des populations et des territoires. Comme si ces populations étaient assignées à résidence identitaire. Dans notre imaginaire, elles sont censées ne pas changer.

Le tourisme n'est-il pas, par définition, néfaste pour l'environnement ? En développant le tourisme, on modifie l'environnement; et en touchant à l'environnement, on perturbe la matière première du tourisme. Mais il faut se méfier de l'idée selon laquelle tout mouvement peut nuire à une situation stable. Un mouvement est considéré comme néfaste s'il déstabilise quelque chose. Par exemple, la Tunisie, depuis les Romains, a toujours vu des gens venir, conquérants ou touristes. Les populations locales demandent du changement… Le mouvement fait partie du tourisme, mais aussi des sociétés réceptrices du tourisme. Par ailleurs, en ce qui concerne le mode de déplacement, tous les vols en avion ne sont pas forcément à visée touristique. Le système touristique actuel n'est pas le seul en cause pour ce qui concerne les gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère.

Comment le tourisme a-t-il évolué au fil des années ? Désormais, on ne va plus uniquement sur une zone touristique pour se divertir. Les touristes sont de plus en plus en quête de sens au cours de leur expérience. Une sorte de culpabilité apparaît : on sait qu'il faut protéger les populations, les lieux, les ressources. Mais, pour autant, cela ne suffit pas à modifier les comportements.

Pourquoi est-ce si dur de changer ses comportements ? Une part d'irrationnel accompagne toujours nos comportements en voyage. Les vacances sont encore perçues comme une récréation, II faut en avoir pour son argent. La classe est terminée, les gens ont travaillé toute l'année, ils méritent l'absence de contraintes. Mais cela change doucement J'ai récemment participé à une opération, « L'école des vacances », avec Aéroports de Paris. On a repéré un glissement éthique. Désormais, 60 % des gens déclarent vouloir apprendre pendant leurs vacances. Dans le tourisme durable, la pédagogie manque cruellement. Protéger la nature est complexe, cela s'apprend. Vous pouvez contempler un site sublime, contaminé ou pollué, sans le savoir. Mais pour nous apprendre les choses en matière d'environnement, on utilise souvent des arguments tragiques, qui jouent sur nos peurs. Cela nuit à l'imaginaire. Le tourisme durable manque un peu de légèreté, de futilité. Le tragique ne fait pas bouger les choses.

Le vernis vert non plus... C'est vrai que l'on se donne trop facilement bonne conscience en mettant des sacs biodégradables dans les supermarchés. Et en pensant faire du développement durable. Dans plusieurs colloques, j'ai rencontré des personnes qui pensaient parler de la même chose, à savoir de développement durable, mais qui avaient des conceptions totalement opposées. Notamment des opérateurs de tourisme dans certains pays d'Afrique. Mais, d'une manière générale, j'ai la sensation que ce « développement durable » complique l'accès à la modernité souhaitée par les populations locales.

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Rachid AMIROU
Propos recueillis par LAURE NOUALHAT
Libération, 28-29 juillet 2007
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