Jacques Attali

Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique ; de l'Ecole des Mines ; de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration. Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali est aujourd’hui président de A&A, société internationale de conseils (www.aeta.net), spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), organisation internationale à but non lucratif, rassemblant des institutions de microfinance dans le monde. J. Attali a fondé en 1980 Action Contre la Faim et a lancé, en 1989, un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Il est l'auteur de quarante livres diffusés à plus six millions d'exemplaires dans le monde. En janvier 2008, Jacques Attali, président de la commission sur "la libération de la croissance", a remis au président de la République un rapport, qui comporte 314 propositions, lesquelles ont soulevé de nombreux débats et critiques au sein de l’opinion publique.
www.attali.com

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement
[Manana Kochladze, 23/12/2011]

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement Manana Kochladze est ingénieure au CEE Bankwatch Network, une ONG qui contrôle les institutions financières internationales actives en Europe centrale et de l’est. Elle a reçu le prix Goldman pour... Suite
La Microfinance : Un Catalyseur ?
[Tarun Khanna, 04/10/2011]

La Microfinance : Un Catalyseur ? Tarun Khanna est directeur de l’École pour l’Initiative Asie du Sud à l’Université de Harvard, professeur à l’École de Commerce de Harvard, et membre du conseil d’administration de SKS Microfinance.... Suite
Un remède français pour la malédiction des ressources
[George Soros, 15/06/2011]

Un remède français pour la malédiction des ressources George Soros, milliardaire et philanthrope, dirige le Fond de gestion Soros et l’Institut Open Society. Photo : © AFP PHOTO / ERIC PIERMONT Suite
Ces entrepreneurs qui changent le monde
[Bill Drayton, 09/02/2011]

Ces entrepreneurs qui changent le monde Bill Drayton est président-fondateur d’Ashoka, le plus grand réseau d’entrepreneurs sociaux dans le monde. Après avoir étudié à Yale et Harvard, il a été consultant chez McKinsey, professeur à la... Suite
Les défis de la société civile pour 2011
[William Bourdon, 05/01/2010]

Les défis de la société civile pour 2011 William Bourdon exerce la profession d'avocat. Sa spécialité : la défense des droits de l'homme. Il a créé en 2001 l'association SHERPA qui défend les victimes de crimes commis par des opérateurs... Suite
Microfinance et Catastrophes Naturelles
[Jacques Attali, 24/03/2010]

Microfinance et Catastrophes Naturelles Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique ; de l'Ecole des Mines ; de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.... Suite
Le double jeu des Etats insulaires
[Khadija Sharife, 27/02/2010]

Le double jeu des Etats insulaires Originaire d’Afrique du Sud, Khadija Sharife est à la fois journaliste, militante et chercheuse. Elle s’intéresse notamment aux questions financières liées à l’aide au développement. Elle participe... Suite
Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ?
[Daniel Goleman, 15/09/2009]

Walmart et la grande distribution vers la transparence écologique ? Daniel Goleman est un psychologue américain né en 1946, Diplômé de Harvard en psychologie clinique et développement personnel, il a publié en 2009 aux Etats-Unis Ecological Intelligence: How Knowing... Suite
La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie
[George Monbiot, The guardian, 10/08/2009]

La lutte contre les grandes surfaces est un combat pour la démocratie Célèbre journaliste d’investigation et éditorialiste au quotidien anglais The Guardian. George Monbiot est conseiller auprès de la BBC Wildlife magazine. Il est également l'auteur de best sellers... Suite
Environnement et entreprises, en finir avec les discours
[Dominique Bourg, 06/06/2006]

Environnement et entreprises, en finir avec les discours Dominique Bourg dirige le Centre de Recherche et d’étude interdisciplinaire sur le Développement Durable. Il enseignement à l’université de Troyes et à Sciences-Po Paris. Il fait partie du Conseil... Suite
L’Investissement socialement responsable
[Paul Hawken, 10/10/2004]

L’Investissement socialement responsable Célèbre écologiste, Paul Hawken est à la fois auteur, entrepreneur, consultant auprès des gouvernements et militant. Il cherche à transformer les relations entre le commerce et l’écologie. À l’âge de... Suite
Rapport 2005 sur les tendances de l’Investissement socialement responsable aux États-Unis
[Social Investment Forum, 01/01/2006]

Rapport 2005 sur les tendances de l’Investissement socialement responsable aux États-Unis Le Social Investment Forum (SIF) est une association qui se consacre au développement de l'investissement socialement responsable (ISR). Elle encourage l'investissement qui ne tient pas seulement... Suite

Microfinance et Catastrophes Naturelles

24/03/2010 12:30 pm

Les catastrophes naturelles survenues ce début d’année nous rappellent qu’au-delà de la crise économique mondiale et des nombreux débats sur la viabilité de notre infrastructure financière, nous restons toujours à la merci de la nature. Un tremblement de terre meurtrier à Haïti, un autre au Chili et une tempête secouant l’ouest de l’Europe sont autant de défis que notre maîtrise technologique ne nous permet pas encore de relever. Nous devons alors nous interroger sur notre aptitude à réagir face à ces catastrophes. Nos modes d’interventions sont-ils adéquats, et permettent-ils réellement d’asseoir les fondations d’un pays ou d’une région à reconstruire ?

Une catastrophe naturelle appelle une réaction immédiate conjointe des pouvoirs publics et de la communauté internationale. Les bâtiments s’effondrent, les moyens de communication sont coupés, les infrastructures sont inutilisables ; il est donc essentiel de secourir et de reconstruire. L’aide humanitaire se met alors en branle et, à grands renforts d’images chocs relayées par les médias, mobilise les Etats et populations pour venir en aide aux sinistrés. Si cette aide est essentielle, elle reste « court termiste » et ne répond pas aux enjeux d’une reconstruction durable. Pour y pallier, elle a besoin d’outils complémentaires qui peuvent impliquer les populations locales dans leur propre renaissance. La microfinance est l’un de ces outils.

La microfinance est un instrument évolutif qui sait s’adapter au contexte pour répondre au mieux aux besoins des microentrepreneurs. Depuis la création du microcrédit et les premiers prêts accordés par Muhammad Yunus il y 30 ans à des femmes du Bangladesh, la microfinance s’est largement développée et englobe désormais de nombreux produits. La microassurance en est un exemple probant, puisqu’au-delà du traditionnel prêt à court terme d’une petite somme d’argent, elle sécurise les revenus des familles pauvres et leur octroie des garanties pour faire face aux catastrophes ou aux décès. La microfinance dispose aussi d’un réseau, plus ou moins structuré selon les pays, d’organisations locales ayant une bonne connaissance de leur région et des communautés. En s’appuyant sur ces atouts, les acteurs de la microfinance peuvent participer à la reconstruction post-catastrophe et se lancer dans l’assistance durable.

Deux options s’offrent alors aux acteurs de la microfinance qui souhaitent se lancer dans l’assistance durable. Tout d’abord, les institutions de microfinance (IMF) peuvent adopter des mesures de prévention comme un fonds d’urgence, ou structurer leur réseau afin d’anticiper les risques de propagation de la crise aux autres IMF. Ensuite, elles ont à leur disposition des moyens d’intervention pour décharger les sinistrés : rééchelonner des prêts, réviser les termes des contrats, voire, dans des cas extrêmes, accorder des prêts d’urgence. L’action des IMF doit être rapide mais ne doit pas mettre en danger leur viabilité financière. Les IMF, par leur ancrage local, peuvent suivre au plus près le rétablissement des populations.

Le Bangladesh, bénéficiaire de l’action de la microfinance après les terribles inondations de 1998, donne un parfait exemple de l’association vertueuse entre l’aide humanitaire d’urgence, et l’action pérenne de la microfinance. L’accès des microentrepreneurs aux services financiers a été déterminant dans le redressement de l’économie ; l’épargne les a sauvés de la ruine et le microcrédit a permis la relance progressive de l’activité.

La microfinance n’est toutefois pas une solution miracle, car elle possède aussi ses propres limites. Le manque de liquidités en cas de crise par exemple, bloque complètement les IMF et ne peut être résolu que par une aide d’urgence de la part de donateurs internationaux. De plus, il convient de rester vigilant et d’accompagner les IMF locales pour limiter les risques de dérives car certaines institutions pourraient abuser de la fragilité des victimes. Ces catastrophes naturelles en chaîne ouvrent néanmoins le débat sur la création de nouveaux outils d’assistance, et plus largement sur les questions de développement des pays du Sud ; la microfinance est alors une piste de réflexion des plus prometteuses, et mérite les espoirs que l’on a placé en elle.

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Microfinance et Catastrophes Naturelles
par Jacques Attali, Président de PlaNet Finance

Texte courtoisie de l'auteur

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Vos commentaires
Jean-Pierre CANOT Les limites de la microfinance, l'exemple de l'agriculture.

La microfinance tend à devenir la panacée à l’ensemble des problèmes de développement, notamment agricole, au point que tous les projets se rapportant à ce dernier ne s’articulent qu’autour du pivot central « crédit » à condition que celui–ci corresponde aux principes de la microfinance. [...] On ne parle plus désormais en matière de développement agricole dans les pays émergents que de microprojets financés par la microfinance dérivée directement de l’initiative de Mohamad Yunus. La crise actuelle où le système bancaire tend à limiter les crédits, est l’occasion pour certains de considérer que le microcrédit est une des solutions, sinon la solution, à cette crise. Dans la recherche de solutions de financement pour les plus démunis que le système bancaire traditionnel maintient à l’écart de ses interventions, on oublie systématiquement le modèle coopératif qui il y a plus de cent ans apportait la réponse à l’agriculture française notamment. Muhammad Yunus et la Grameen Bank du Bengladesh n’ont pourtant quoi qu’on en dise rien inventé du tout, ce qui n’enlève d’ailleurs rien à leur mérite. La Grammeen Bank, et tous les modèles de microfinance qui en découlent, ne sont que la première étape du modèle coopératif inventé par les Babyloniens. Après l’expérience des pionniers de Rochdale ou des producteurs de micocoulier dans le Gard en France, le système a été il y a cent ans à la base des modèles européens de la coopération agricole, notamment le Crédit Agricole français, que l’on oublie systématiquement dans les programmes de développement au profit du seul modèle de Muhammad YUNUS, prix Nobel de la Paix, porté désormais aux nues. Le problème est que malgré tous ses mérites, le modèle mis en œuvre dans cette seule première étape, ne marche pas – à l’échelle de l’économie globale – et ne marchera jamais, pas plus d’ailleurs que les modèles coopératifs européens pris dans leur forme actuelle et que nous nous acharnons à développer en vain depuis les indépendances. Il faut pour mobiliser le maximum de ressource bancaire vers le secteur agricole sous forme de prêts, bancariser les populations rurales de façon à ce que tous les flux financiers résultant de leur activité – essentielle dans les pays en développement, il s’agit du secteur primaire – restent dans ce secteur et ne s’évadent pas vers la banque commerciale. Celle–ci dans la meilleure des hypothèses fera semblant d’aider l’agriculture en avançant des fonds aux organismes de microfinance qu’elle crée la plupart du temps sous forme de filiales. [...] Jean-Pierre Canot, Extraits de « Apprends-nous plutôt à pêcher ! » : http://lafrancetoutfoutlecamp.blogspot.com/ http://ah-la-microfinance.blogspot.com/ http://reviensilssontdevenusfous.blogspot.com/