Jacques Attali

Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique ; de l'Ecole des Mines ; de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration. Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali est aujourd’hui président de A&A, société internationale de conseils (www.aeta.net), spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), organisation internationale à but non lucratif, rassemblant des institutions de microfinance dans le monde. J. Attali a fondé en 1980 Action Contre la Faim et a lancé, en 1989, un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Il est l'auteur de quarante livres diffusés à plus six millions d'exemplaires dans le monde. En janvier 2008, Jacques Attali, président de la commission sur "la libération de la croissance", a remis au président de la République un rapport, qui comporte 314 propositions, lesquelles ont soulevé de nombreux débats et critiques au sein de l’opinion publique.
www.attali.com

L’eau n’est pas une marchandise, c’est le bien commun de l’Humanité et du Vivant
[France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand, 10/03/2012]

L’eau n’est pas une marchandise, c’est le bien commun de l’Humanité et du Vivant Créée en 1986 par Danielle Mitterrand afin de construire un monde plus juste et plus solidaire dans lequel chacun puisse exercer sa liberté dans le respect de l’autre, la Fondation France Libertés a... Suite
Rebâtir le réseau d’irrigation de l’Afghanistan
[FAO, 14/02/2012]

Rebâtir le réseau d’irrigation de l’Afghanistan L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
L’énergie solaire hors réseau : et la lumière fut pour les pauvres de la planète
[Carl Pope, 04/01/2011]

L’énergie solaire hors réseau : et la lumière fut pour les pauvres de la planète Carl Pope est l'ancien directeur du Sierra Club, l'une des plus anciennes associations écologistes des Etats-Unis. Il a notamment oeuvré en faveur d'une meilleure qualité de l'air aux Etats-Unis. ... Suite
Aujourd’hui, l’énergie serait intégrée dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement
[Hervé Gouyet, 26/01/2011]

Aujourd’hui, l’énergie serait intégrée dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement Hervé Gouyet est président d’Electriciens sans frontières. Depuis 1986, cette association humanitaire intervient pour fournir de l’électricité à ceux qui n’en ont pas dans les pays en voie de... Suite
Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement
[Manana Kochladze, 23/12/2011]

Mettre au vert la Banque Européenne d’Investissement Manana Kochladze est ingénieure au CEE Bankwatch Network, une ONG qui contrôle les institutions financières internationales actives en Europe centrale et de l’est. Elle a reçu le prix Goldman pour... Suite
Remettre les paysans au cœur du monde

[Yann Arthus-Bertrand, 30/11/2011]

Remettre les paysans au cœur du monde
 Yann Arthus-Bertrand est photographe, cinéaste, et écologiste. Il s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. En 1991, il fonde Altitude, première agence de photographie... Suite
La solution de l’éducation
[Mahmoud Mohieldin, 03/11/2011]

La solution de l’éducation Mahmoud Mohieldin est directeur exécutif au World Bank Group, et ancien ministre égyptien de l’investissement. Suite
La Microfinance : Un Catalyseur ?
[Tarun Khanna, 04/10/2011]

La Microfinance : Un Catalyseur ? Tarun Khanna est directeur de l’École pour l’Initiative Asie du Sud à l’Université de Harvard, professeur à l’École de Commerce de Harvard, et membre du conseil d’administration de SKS Microfinance.... Suite
Un pays d’hommes
[Rakesh Mani, 16/08/2011]

Un pays d’hommes Rakesh Mani, ancien banquier d’investissement, est membre du programme d’enseignement Teach for India. Suite
Les tropiques du cancer ?
[Henry I. Miller, 03/08/2011]

Les tropiques du cancer ? Henry I. Miller est intervenant en Sciences Politiques et en Politique publique auprès de l’Institution Hoover de l’Université de Stanford, et a travaillé pour l’Institut National de Santé américain... Suite
Famine et espoir dans la corne de l’Afrique
[Jeffrey David Sachs, 31/07/2011]

Famine et espoir dans la corne de l’Afrique Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite
Le grand bazar des organes
[Susanne Lundin, 22/06/2011]

Le grand bazar des organes Susanne Lundin est professeure en ethnologie à l’Université de Lund en Suède. Suite
La peste bovine éradiquée, et maintenant?
[FAO, 28/06/2011]

La peste bovine éradiquée, et maintenant? L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
Un remède français pour la malédiction des ressources
[George Soros, 15/06/2011]

Un remède français pour la malédiction des ressources George Soros, milliardaire et philanthrope, dirige le Fond de gestion Soros et l’Institut Open Society. Photo : © AFP PHOTO / ERIC PIERMONT Suite
Eradiquer la maladie du sommeil une fois pour toute
[Priya Shetty, 24/03/2011]

Eradiquer la maladie du sommeil une fois pour toute La journaliste Priya Shetty est spécialiste des questions du monde en développement, notamment la santé, les changements climatiques et les droits de l'Homme. Elle tient un blog, Science Safari, sur... Suite
Un toit, un réservoir et de la pluie
[Sci-dev.net, 15/09/2010]

Un toit, un réservoir et de la pluie Le réseau Science et Développement est une organisation à but non lucratif reconnue œuvre de bienfaisance à but éducatif au Royaume-Uni . Sa mission est d’aider les acteurs économiques des pays en... Suite
La poursuite officielle du bonheur
[Derek Bok, 04/01/2011]

La poursuite officielle du bonheur Juriste de formation, Derek Bok a d'abord enseigné le droit à l'Université d'Harvard avant d'être élu président de l’université de 1971 à 1991 puis de 2006 à 2007. Il a écrit plusieurs livres, dont... Suite
Plaidoyer pour la médecine traditionnelle
[Le Réseau Sciences et Développement, 30/06/2010]

Plaidoyer pour la médecine traditionnelle Le Réseau Sciences et Développement, aussi appelé SciDev.Net, existe depuis le début des années 2000. Au travers d'un site Internet gratuit, son objectif est d'offrir un forum d'échange sur la... Suite
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[FAO, 28/09/2010]

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Violations des droits de l’homme à bord des bateaux de pêche illégaux Environmental Justice Foundation est une ONG britannique fondée en 2000. Elle milite pour une plus grande justice écologiste car de l'état de l'environnement dépend la vie de millions de personnes.... Suite
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En finir avec le mariage des enfants Ancien président américain, Jimmy Carter est désormais à la tête d'une fondation qui participe à l'aide au développement en Afrique et à la lutte contre les maladies négligées. Suite
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Protéger la forêt gabonaise, c'est servir le pays tout entier Marc Ona Essangui est né au Gabon. Atteint d’une poliomyélite depuis son enfance, il se déplace en fauteuil roulant, un handicap qui l’a contraint à renoncer à devenir avocat car les locaux de la... Suite
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Coupe du monde de foot : carton rouge écologique ? A l’origine maître d’armes, Nathalie Durand enseigne l’escrime pour les valides et les handisports. Diplômée en management international du sport, elle mène depuis 1996 des études et des actions... Suite
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Chine : alors que le nombre de victimes de la pollution augmente, contestataires et médias réagissent
[Fred Pearce, 18/03/2010]

Chine : alors que le nombre de victimes de la pollution augmente, contestataires et médias réagissent Consultant en environnement et développement, Fred Pearce est journaliste au New Scientist, au Boston Globe, à The Independent et à The Ecologist. Il a contribué à la rédaction de rapports du WWF, de... Suite
Microfinance et Catastrophes Naturelles
[Jacques Attali, 24/03/2010]

Microfinance et Catastrophes Naturelles Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique ; de l'Ecole des Mines ; de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.... Suite
Dette écologique en Afrique
[Andrew Simms, 12/12/2009]

Dette écologique en Afrique Le directeur du New Economic Foundation (NEF) dirige le programme du Changement Climatique au Centre for Global Interdependence. Il a travaillé pour plusieurs organismes de Développement et... Suite
L’essor des citadins-paysans d'Afrique
[Juliet Torome, 10/10/2009]

L’essor des citadins-paysans d'Afrique Juliet Torome est auteur de livres et réalisatrice de documentaires. Elle a été la première récipiendaire du prix annuel Flaherty pour le meilleur documentaire, attribué par le magazine Ciné-source. ... Suite
Repenser le système d’aides au développement agricole
[Jeffrey David Sachs, 14/07/2009]

Repenser le système d’aides au développement agricole Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite
La course au pétrole tue en amazonie péruvienne
[Survival, 08/06/2009]

La course au pétrole tue en amazonie péruvienne Survival est une organisation mondiale soutenant les peuples indigènes. Elle fut fondée en 1969 à la suite d'un article de Norman Lewis, dans le journal britannique Sunday Times dénonçant les... Suite
Les acquisitions de terres en Afrique posent des risques pour les ruraux pauvres
[FAO, 25/05/2009]

Les acquisitions de terres en Afrique posent des risques pour les ruraux pauvres L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organisation of the United Nations) a été créée en 1945 , son siège est à Rome depuis 1951. Elle... Suite
Une moisson de suicides
[Vandana Shiva, 04/04/2009]

Une moisson de suicides Médecin, écologiste et militante féministe indienne, elle a fondé “Navdanya,” une association qui protège la biodiversité et les droits des fermiers. Elle dirige également le Research Foundation for... Suite
Profiteurs du climat : les pays émergents doivent agir
[Fred Pearce, The guardian, 29/01/2009]

Profiteurs du climat : les pays émergents doivent agir Consultant en environnement et développement, Fred Pearce est journaliste au New Scientist, au Boston Globe, à The Independent et à The Ecologist. Il a contribué à la rédaction de rapports du WWF, de... Suite
Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse
[Jean Gadrey, 02/04/2009]

Une « bonne planète » a besoin de nouveaux indicateurs de richesse Professeur émérite d'économie à l'Université de Lille 1, il est membre du CNIS (Conseil National de l'Information Statistique) et de la Commission Stiglitz, chargée de proposer de nouveaux... Suite
Une conservation à visage humain
[Jean-Michel Severino, 01/01/2008]

Une conservation à visage humain Jean-Michel Severino est, depuis 2001, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD). Diplômé de l’École Nationale d’Administration et de l’Institut d’Études Politiques de Paris,... Suite
Eradiquer la pauvreté, stabiliser la population
[Lester Brown, 06/06/2006]

Eradiquer la pauvreté, stabiliser la population Analyste environnemental de reconnaissance mondiale, il a écrit une vingtaine d’ouvrages, traduits dans environ 40 langues qui traitent de sujets d’économie et d’environnement global. Il est le... Suite
Objectifs du millénaire : passer le cap de 2015
[Jean-Michel Severino, 13/10/2007]

Objectifs du millénaire : passer le cap de 2015 Jean-Michel Severino est, depuis 2001, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD). Diplômé de l’École Nationale d’Administration et de l’Institut d’Études Politiques de Paris,... Suite
Les vieux habits ne font pas les nouveaux moines
[Vandana Shiva, 01/07/2005]

Les vieux habits ne font pas les nouveaux moines Médecin, écologiste et militante féministe indienne, elle a fondé “Navdanya,” une association qui protège la biodiversité et les droits des fermiers. Elle dirige également le Research Foundation for... Suite
La fin de la pauvreté
[Jeffrey David Sachs, 06/11/2006]

La fin de la pauvreté Jeffrey David Sachs est un éminent économiste américain. Il est Directeur de l'Earth Institute, professeur de développement durable, et professeur de politique et de gestion de la santé à... Suite

Microfinance et Catastrophes Naturelles

24/03/2010 12:30 pm

Les catastrophes naturelles survenues ce début d’année nous rappellent qu’au-delà de la crise économique mondiale et des nombreux débats sur la viabilité de notre infrastructure financière, nous restons toujours à la merci de la nature. Un tremblement de terre meurtrier à Haïti, un autre au Chili et une tempête secouant l’ouest de l’Europe sont autant de défis que notre maîtrise technologique ne nous permet pas encore de relever. Nous devons alors nous interroger sur notre aptitude à réagir face à ces catastrophes. Nos modes d’interventions sont-ils adéquats, et permettent-ils réellement d’asseoir les fondations d’un pays ou d’une région à reconstruire ?

Une catastrophe naturelle appelle une réaction immédiate conjointe des pouvoirs publics et de la communauté internationale. Les bâtiments s’effondrent, les moyens de communication sont coupés, les infrastructures sont inutilisables ; il est donc essentiel de secourir et de reconstruire. L’aide humanitaire se met alors en branle et, à grands renforts d’images chocs relayées par les médias, mobilise les Etats et populations pour venir en aide aux sinistrés. Si cette aide est essentielle, elle reste « court termiste » et ne répond pas aux enjeux d’une reconstruction durable. Pour y pallier, elle a besoin d’outils complémentaires qui peuvent impliquer les populations locales dans leur propre renaissance. La microfinance est l’un de ces outils.

La microfinance est un instrument évolutif qui sait s’adapter au contexte pour répondre au mieux aux besoins des microentrepreneurs. Depuis la création du microcrédit et les premiers prêts accordés par Muhammad Yunus il y 30 ans à des femmes du Bangladesh, la microfinance s’est largement développée et englobe désormais de nombreux produits. La microassurance en est un exemple probant, puisqu’au-delà du traditionnel prêt à court terme d’une petite somme d’argent, elle sécurise les revenus des familles pauvres et leur octroie des garanties pour faire face aux catastrophes ou aux décès. La microfinance dispose aussi d’un réseau, plus ou moins structuré selon les pays, d’organisations locales ayant une bonne connaissance de leur région et des communautés. En s’appuyant sur ces atouts, les acteurs de la microfinance peuvent participer à la reconstruction post-catastrophe et se lancer dans l’assistance durable.

Deux options s’offrent alors aux acteurs de la microfinance qui souhaitent se lancer dans l’assistance durable. Tout d’abord, les institutions de microfinance (IMF) peuvent adopter des mesures de prévention comme un fonds d’urgence, ou structurer leur réseau afin d’anticiper les risques de propagation de la crise aux autres IMF. Ensuite, elles ont à leur disposition des moyens d’intervention pour décharger les sinistrés : rééchelonner des prêts, réviser les termes des contrats, voire, dans des cas extrêmes, accorder des prêts d’urgence. L’action des IMF doit être rapide mais ne doit pas mettre en danger leur viabilité financière. Les IMF, par leur ancrage local, peuvent suivre au plus près le rétablissement des populations.

Le Bangladesh, bénéficiaire de l’action de la microfinance après les terribles inondations de 1998, donne un parfait exemple de l’association vertueuse entre l’aide humanitaire d’urgence, et l’action pérenne de la microfinance. L’accès des microentrepreneurs aux services financiers a été déterminant dans le redressement de l’économie ; l’épargne les a sauvés de la ruine et le microcrédit a permis la relance progressive de l’activité.

La microfinance n’est toutefois pas une solution miracle, car elle possède aussi ses propres limites. Le manque de liquidités en cas de crise par exemple, bloque complètement les IMF et ne peut être résolu que par une aide d’urgence de la part de donateurs internationaux. De plus, il convient de rester vigilant et d’accompagner les IMF locales pour limiter les risques de dérives car certaines institutions pourraient abuser de la fragilité des victimes. Ces catastrophes naturelles en chaîne ouvrent néanmoins le débat sur la création de nouveaux outils d’assistance, et plus largement sur les questions de développement des pays du Sud ; la microfinance est alors une piste de réflexion des plus prometteuses, et mérite les espoirs que l’on a placé en elle.

[

Microfinance et Catastrophes Naturelles
par Jacques Attali, Président de PlaNet Finance

Texte courtoisie de l'auteur

]
Vos commentaires
Jean-Pierre CANOT Les limites de la microfinance, l'exemple de l'agriculture.

La microfinance tend à devenir la panacée à l’ensemble des problèmes de développement, notamment agricole, au point que tous les projets se rapportant à ce dernier ne s’articulent qu’autour du pivot central « crédit » à condition que celui–ci corresponde aux principes de la microfinance. [...] On ne parle plus désormais en matière de développement agricole dans les pays émergents que de microprojets financés par la microfinance dérivée directement de l’initiative de Mohamad Yunus. La crise actuelle où le système bancaire tend à limiter les crédits, est l’occasion pour certains de considérer que le microcrédit est une des solutions, sinon la solution, à cette crise. Dans la recherche de solutions de financement pour les plus démunis que le système bancaire traditionnel maintient à l’écart de ses interventions, on oublie systématiquement le modèle coopératif qui il y a plus de cent ans apportait la réponse à l’agriculture française notamment. Muhammad Yunus et la Grameen Bank du Bengladesh n’ont pourtant quoi qu’on en dise rien inventé du tout, ce qui n’enlève d’ailleurs rien à leur mérite. La Grammeen Bank, et tous les modèles de microfinance qui en découlent, ne sont que la première étape du modèle coopératif inventé par les Babyloniens. Après l’expérience des pionniers de Rochdale ou des producteurs de micocoulier dans le Gard en France, le système a été il y a cent ans à la base des modèles européens de la coopération agricole, notamment le Crédit Agricole français, que l’on oublie systématiquement dans les programmes de développement au profit du seul modèle de Muhammad YUNUS, prix Nobel de la Paix, porté désormais aux nues. Le problème est que malgré tous ses mérites, le modèle mis en œuvre dans cette seule première étape, ne marche pas – à l’échelle de l’économie globale – et ne marchera jamais, pas plus d’ailleurs que les modèles coopératifs européens pris dans leur forme actuelle et que nous nous acharnons à développer en vain depuis les indépendances. Il faut pour mobiliser le maximum de ressource bancaire vers le secteur agricole sous forme de prêts, bancariser les populations rurales de façon à ce que tous les flux financiers résultant de leur activité – essentielle dans les pays en développement, il s’agit du secteur primaire – restent dans ce secteur et ne s’évadent pas vers la banque commerciale. Celle–ci dans la meilleure des hypothèses fera semblant d’aider l’agriculture en avançant des fonds aux organismes de microfinance qu’elle crée la plupart du temps sous forme de filiales. [...] Jean-Pierre Canot, Extraits de « Apprends-nous plutôt à pêcher ! » : http://lafrancetoutfoutlecamp.blogspot.com/ http://ah-la-microfinance.blogspot.com/ http://reviensilssontdevenusfous.blogspot.com/